Il manque 20 médecins urgentistes au CHU de Toulouse. Pour faire face et alors que la fréquentation ne faiblit pas, un dispositif de tri des patients à l’entrée des urgences a été mis en place au mois de novembre. Chaque jour, près de 10 % des patients sont réorientés vers des structures hors de l’hôpital pour ne garder que les cas les plus graves. Cette organisation est amenée à durer.
L’hôpital aussi cherche des médecins, même quand il est un grand centre universitaire dans la troisième ville de France. Confrontées à un manque de médecins urgentistes, les urgences adultes du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse ont mis en place une nouvelle organisation au mois de novembre dernier.
Depuis, seuls les patients dont l’état nécessite une prise en charge urgente ou une utilisation des plateaux techniques de l’hôpital restent à Purpan ou Rangueil. Les autres sont réorientés vers des médecins de ville ou des structures adaptées (centre de soins non programmés, maison de santé par exemple).
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Ce dispositif, imaginé pour répondre à une problématique de ressources médicales, pourrait devenir durable. La Pr Sandrine Charpentier, cheffe du pôle urgences du CHU de Toulouse, l’avait laissé entendre dès le mois de novembre. La faute à un volume de patients qui ne faiblit pas dans la troisième ville de France (sur 600 passages en moyenne, plus de 150 patients se rendent directement aux urgences chaque jour) et au temps, incompressible, de formation des médecins.
“Désengorger les services d’urgences”
“Notre dispositif est toujours en place et il a pour but de désengorger les services d’urgences. Nous utilisons les filières existantes pour les patients les plus vulnérables ou qui n’ont pas besoin du plateau technique. Nous n’avons rien inventé et, surtout, nous n’avons pas fermé nos services, nous accueillons tous les patients. Mais, même quand nous aurons suffisamment recruté, le dispositif de réorientation restera en place, on ne va pas rouvrir la vanne d’entrée aux urgences”, explique la Pr Sandrine Charpentier.
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Ainsi, sur les deux sites de Purpan et Rangueil, près de 60 à 80 patients sont réorientés chaque jour, soit vers leur médecin généraliste, soit vers une maison médicale de garde, soit vers un centre de soins non programmés. “Cette réorientation est proposée parce que c’est logique de mettre le bon patient au bon endroit, dans la bonne filière”, complète l’urgentiste.

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Encore 20 médecins urgentistes à recruter
Pour autant, l’activité n’est pas devenue moins intense. En plus des épidémies hivernales, les urgences ont aussi encaissé presque deux semaines de grève des médecins libéraux au début du mois de janvier. “Les patients qui requièrent des soins urgents sont toujours là, leur nombre n’a pas diminué (228 885 passages aux urgences adultes en 2024, + 4 % par rapport à 2023). Et pour cette même activité, chaque jour, il nous manque un médecin sur chaque site, ça se ressent. Notre objectif est, bien sûr, de poursuivre notre politique de recrutement. Deux médecins vont nous rejoindre d’ici le mois de septembre sur la filière ambulatoire pour les patients qu’on ne peut pas réorienter (traumatologie, patients vulnérables). Mais ça ne suffira pas, il nous faut vraiment recruter des urgentistes. On espère que certains internes, qui terminent leur formation en novembre, resteront avec nous ou nous rejoindront”, poursuit la Pr Sandrine Charpentier. Selon elle, le service a besoin aujourd’hui de 20 médecins urgentistes supplémentaires.

