April 8, 2026

Prix du pétrole, vols annulés, risque de rationnement : l’inquiétude monte dans le secteur de l’aéronautique

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L’explosion des prix du pétrole place les compagnies aériennes sous forte pression. Avec un kérosène passé de 750 à 1 900 dollars la tonne depuis le début du conflit au Moyen-Orient, certains transporteurs ont déjà commencé à supprimer des vols pour limiter leurs pertes. Le secteur redoute désormais des annulations plus massives, voire des perturbations liées à d’éventuels problèmes d’approvisionnement.

La flambée des cours du baril de pétrole a également fortement affecté les compagnies aériennes. Le prix du kérosène, le carburant utilisé dans les avions, a explosé depuis le début de la guerre en Iran.

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“Si le prix de la tonne de kérosène était de 750 dollars avant la crise, il est à présent de 1 900 dollars”, souligne Pascal de Izaguirre, PDG de la compagnie Corsair et président de la Fédération Nationale de l’Aviation et de ses Métiers (FNAM). “Si le prix du carburant représentait 25 % des coûts totaux pour les compagnies, la part du kérosène est maintenant de 45 %”, précise-t-il.

Des annulations pour limiter les pertes

Une “hémorragie” qui a poussé des compagnies aériennes à annuler des vols pour éviter d’accumuler de trop grandes pertes. Certaines ont choisi d’en supprimer sporadiquement sur leurs vols peu fréquentés pour regrouper les passagers dans un seul avion. D’autres ont procédé à des annulations beaucoup plus massives. C’est par exemple le cas d’Air New Zealand, Scandinavian Airlines ou encore, dans une moindre mesure, Volotea.

Cette dernière a annulé ou modifié plusieurs dizaines de vols au départ de la France vers d’autres pays européens depuis fin mars. Dans un communiqué, l’entreprise eprise espagnole a défendu cette politique par “des raisons opérationnelles liées à l’instabilité géopolitique résultant du conflit au Moyen-Orient” et à cause de “la hausse très importante du prix du carburant à court terme”. “Ces ajustements sont nécessaires pour garantir la stabilité opérationnelle et continuer à offrir un service solide, tout en minimisant l’impact tant que durera le conflit”, affirme la compagnie low-cost.

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Des explications qui n’ont pas convaincu les clients concernés. “Je suis tellement triste et en colère. Vol annulé le 23 avril départ Beauvais-Bastia”, écrit l’un d’entre eux sur les réseaux sociaux. “Vol annulé pour des problèmes géopolitiques alors que c’est un Lille-Calvi… inadmissible !!”, ajoute un autre. Volotea propose à ses clients de modifier les vols sans frais supplémentaires ou d’obtenir un remboursement complet du titre de transport. Si elles annulent ou modifient le vol plus de quatorze jours avant la date, le cadre légal n’oblige pas les compagnies à indemniser le client.

La menace des annulations “contraintes”

Mais faut-il craindre une multiplication des suppressions de vols qui toucherait tout le secteur ? Pascal de Izaguirre rappelle que “si la crise perdure, ça va poser vraiment des problèmes de fond aux compagnies aériennes”. Le manque de “visibilité sur les perspectives à terme de disponibilité” du carburant pourrait provoquer “des annulations contraintes parce qu’il y aurait du rationnement”, avertit-il.

Le président de la FNAM observe que même si “les compagnies aériennes ont décidé d’augmenter les prix. Cette hausse de prix est très loin de compenser la hausse des cours du pétrole”. “À ce niveau de prix du pétrole, vous ne pouvez pas voler en gagnant de l’argent”. D’autant plus que “des interrogations sur la robustesse de la demande” existent déjà pour les prochains mois, conclut-il.

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