April 5, 2026

"Ce ne sont pas que des jouets" : comment le premier parc à drones du département compte faciliter l’accès à ce loisir

l’essentiel
Le drone s’impose à Pradines comme un outil d’apprentissage et d’innovation. Entre inspection de bâtiments, modélisation 3D et drone soccer, l’association Zéphyr-Drone veut démocratiser un loisir exigeant et encadré.

Le soleil brille, le ciel est bleu… Et un léger bruit de moteur se fait entendre. Quand il vole près du sol, il souffle l’herbe et les fleurs. Ce samedi, comme chaque semaine, les drones sont de sortie à Pradines. Mais ce samedi, Nicolas Dubrun, qui a ouvert le premier parc à drones du département en 2023 à Pradines (près de Cap Nature), proposait une journée découverte. “En loisir, les gens utilisent le drone pour les photos et vidéos. Mais il y a tellement plus de choses à faire. On veut montrer aux gens ce que c’est et toutes les utilisations”, sourit le passionné.

Nicolas Dubrun montre le vol d’un drone.
Nicolas Dubrun montre le vol d’un drone.
DDM Aouregan Texier

Ce dernier s’est lancé dans l’aventure des drones il y a sept ans. “À la base, j’ai fait une école de dessinateur en bâtiment, puis j’ai travaillé sur les chantiers routiers pendant 17 ans. Un an avant que j’arrête, j’ai acheté un drone. C’était du loisir. Je l’emmenais sur les chantiers ! Et puis, j’ai eu envie de continuer”, glisse le Lotois. Avec son expérience dans le bâtiment, il peut donc faire de l’inspection drone. “Être télépilote, ce n’est pas vraiment un métier. Le drone est un outil, il faut avoir de l’expertise derrière.” Depuis le début de son activité, il a dû dépenser 200 000 euros. “Je fais donc de l’inspection des bâtiments, mais aussi des panneaux photovoltaïques. Je me déplace partout en France. Je fais aussi de la 3D et de la modélisation”, sourit Nicolas. Récemment, il vient de faire le village de Conques. Mais il aimerait se lancer dans le pont Valentré ou la cathédrale de Cahors.

“Les drones, ce ne sont pas que des jouets”

Et grâce à son association Zéphyr-Drone, il partage sa passion au plus grand nombre. Il en a même fait des rencontres. Comme David Leroy, photographe et vidéaste professionnel qui a créé son entreprise “Eyes Focus”. “Je suis à mon compte. Le drone, c’est environ 20 % de ma captation à tout casser”, affirme le Lotois, qui a très rapidement rejoint l’association portée par Nicolas Dubrun. Professionnellement, tous deux échangent également des compétences.

Nicolas Dubrun et David Leroy ont animé une journée de découverte des drones au parc à Pradines.
Nicolas Dubrun et David Leroy ont animé une journée de découverte des drones au parc à Pradines.
DDM Aouregan Texier

Ensemble, ils initient les jeunes (et les moins jeunes) qui veulent se lancer dans le drone. À travers des journées d’initiation, comme ce samedi, ou diverses animations. Récemment, le duo s’est rendu au collège Saint-Étienne pour partager leurs connaissances sur le drone avec les étudiants en bac pro photo. Et le plus important : la réglementation. “Il ne faut pas oublier que c’est de l’aéronautique. Ce ne sont pas que des jouets. Certains ont commencé par des drones et aujourd’hui, ils sont pilotes d’avion !”, s’amuse Nicolas Dubrun. La réglementation autour des drones a changé le 1er janvier 2026 – elle est désormais européenne, même si chaque pays a des spécificités. “On a des jeunes qui viennent d’acheter leur matériel, qui ne savent pas voler mais surtout qui ne savent pas où ils ont le droit de voler”, livre le passionné. Il pointe un exemple : interdiction de voler à Rocamadour ou Saint-Cirq-Lapopie. “Avant, ils pouvaient avoir jusqu’à trois drones par semaine. C’est compliqué.” Et ne pas respecter le plan de vol, c’est un délit qui peut coûter cher. Très cher.

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Et Nicolas Dubrun tient à rappeler : “Il ne faut pas oublier que c’est dangereux. Une petite machine comme ça peut aller à plus de 90 km/h. Lancé à pleine vitesse, s’il percute quelqu’un, ça peut faire très, très mal. C’est pour cela qu’il y a de nombreuses règles de sécurité.” Mais aussi des règles sur l’environnement. Comme l’interdiction de voler près des falaises lorsque certaines espèces d’oiseaux sont en pleine nidification. Il faut avoir tout cela en tête pour voler. L’association Zéphyr-Drone est là pour ça. “Nos initiations sont vraiment faites pour les loisirs. On parle de tout ça, on leur apprend à se familiariser avec les machines. C’est une bonne idée, surtout avant d’acheter du matériel qui a un prix. On veut permettre aux gens d’apprendre à voler, de savoir ce qu’on peut faire avec un drone, et le tout en sécurité.” Bientôt, Nicolas Dubrun espère également pouvoir faire passer les différents brevets.

Une partie de drone soccer ?

L’association propose également du drone soccer : des parties de foot où ce sont les machines qui s’affrontent. Un sport inspiré du Quidditch de la saga “Harry Potter”, que le Lotois propose désormais en team building. Cela se joue en équipe de trois pilotes. Un seul joueur, le “Stricker” dont le drone est équipé d’un petit fanion, peut marquer dans le but adverse. Les autres drones défendent ou aident le buteur. Le matche se déroule en trois sets de trois minutes. Un divertissement qui gagne de plus en plus de terrain en France, et dans le Lot.

Le parc est ouvert tous les samedis (selon la météo), avec réservation obligatoire. Session découverte 1 heure : 15 €/pers. Session découverte 2 heures : 30 €/pers. Initiation basique drone loisirs (3 heures de cours) : 75 €/pers. Initiation drone de loisirs (en vue d’acheter un drone, 4 à 5 heures de cours) : 220 €/pers. Informations : contact@zephyr-drone.fr – 07 50 67 85 01.

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