Du silence d’une “saison blanche” à la clameur des phases finales, le VVAL’XV renaît de ses cendres. Ce dimanche après-midi, les “Châtelains” ne jouent pas qu’un match à élimination directe en Régionale 3 : ils écrivent l’histoire d’un club gersois guidé par une passion capable de déplacer des montagnes.
La renaissance du VVAL’XV, réveillé d’un sommeil profond long d’une année, tenait déjà du conte de fées à l’aube de la saison passée. Le parallèle s’impose pour un club évoluant dans le parc d’un château achevé au milieu du XVIIIe siècle. Parenthèse refermée. Personne n’imaginait en revanche une issue aussi heureuse, pour la deuxième année de compétition de cette jeune équipe, formée à l’origine par une bande de copains désireux de redonner vie à ce club de clocher niché au cœur de la Gascogne.

Mais la vérité du terrain réserve parfois des surprises : ce dimanche à 15 heures, les “Châtelains” – un surnom qui coule de source – disputeront en effet les huitièmes de finale du championnat d’Occitanie de Promotion Régionale 3 face aux Tarn-et-Garonnais de L’Honor-de-Cos. Un destin inespéré pour le bureau du club, au fort accent féminin.
Quelques mois en arrière encore, les défaites faisaient partie du paysage idyllique du château de L’Isle-de-Noé. La demi-finale de la Coupe d’Occitanie avait permis aux “vert et bleu” d’entrevoir des jours meilleurs au printemps 2025, et de goûter au parfum de phases finales. Pourtant, après un été marqué par “un recrutement assez difficile” et un début d’exercice inquiétant – illustré par une valise de 50 points ramenée de Laloubère -, le club se préparait à une nouvelle saison de galère. “Je ne vous cache pas qu’on pensait repartir sur le même scénario que l’an dernier”, confie Annie Bourdallé, coprésidente du VVAL’XV.
Dix succès en seize journées
Mais les mouches ont fini par changer d’âne : “La confiance est arrivée, la mayonnaise a pris entre les joueurs et les entraîneurs”, explique la dirigeante. L’ambiance régnant dans le vestiaire et l’exigence du staff adaptée au niveau “ont permis de fédérer et d’amener l’équipe à croire en elle”. Puis, en deuxième partie de saison, “on a même gagné contre des équipes face auxquelles personne n’aurait parié sur nous. La victoire appelle la confiance, la confiance appelle la victoire.” Dix succès en seize matchs plus tard, le rêve d’accrocher les phases finales devient réalité.

Comme dans les plus beaux romans sportifs, la magie a opéré. Début mars, loin des doutes de l’automne, le VVAL’XV termine la saison régulière sur la 3e marche du podium, synonyme de qualification pour le championnat d’Occitanie. Un véritable coup de force pour ce club décrit comme l’un des plus petits de l’Hexagone, tant par ses moyens humains (37 licences “actives” à XV) que financiers. “Une première pour le club à ce niveau-là, se félicite Annie Bourdallé. Cela démontre qu’on peut exister dans le paysage rugbystique gersois et même occitan.”
“On les motive à tout donner”
Malgré une élimination dès les barrages face à Valence-d’Albigeois, les “Châtelains” ont obtenu un sursis. Reversées en Promotion, les troupes de Patrice Vénica et Anthony Cano voient cette nouvelle aventure dans le tableau “B” comme une aubaine rare. “Si on gagne, on part en quarts et on se qualifie pour le championnat de France, ça fait rêver ! Il y a très peu de joueurs ici qui ont fait ne serait-ce qu’un seul tour (sur la scène nationale, NDLR)”, partage Annie Bourdallé.

En ce week-end pascal, le VVAL’XV est à 80 minutes d’écrire l’une des plus belles pages de son histoire. À l’ombre du “Vieux-Chêne”, à Montestruc, ils seront assurément des dizaines derrière la main courante à pousser avec les “vert et bleu” dans chaque mêlée et à plonger tête la première dans les rucks pour arracher la victoire. “On les motive à tout donner, parce que les phases finales ont quand même une saveur particulière”, savoure Annie Bourdallé.
La pression, elle, est dans le camp adverse. Car l’enjeu ne doit pas faire oublier l’essentiel : la saison du VVAL’XV est d’ores et déjà une réussite totale. “On a toujours cru que tout était possible.” Un mantra qui, peu importe le score final, aura déjà ramené les sourires au cœur du château.

