Un trafic de main-d’œuvre illégale dans salons de coiffure a été démantelé dans cinq départements d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine. Plus de 185 000 euros en liquide ont été saisis et deux suspects placés en détention provisoire par un juge d’instruction de Foix (Ariège).
C’est un coup d’arrêt majeur porté à une organisation criminelle d’envergure régionale. Le 30 mars 2026, les policiers de l’antenne toulousaine de l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (OLTIM) ont déclenché une vaste opération de police judiciaire, a indiqué Olivier Mouysset, le procureur de la République de Foix.
Sous l’autorité d’une commission rogatoire du juge d’instruction de Foix, les enquêteurs ont mis fin aux activités d’un réseau qui sévissait depuis de longs mois dans cinq départements de l’Occitanie. L’Ariège, l’Aude, la Haute-Garonne, le Lot-et-Garonne et le Tarn étaient concernés par cette opération.
Une fraude d’ampleur dans des salons de coiffure
L’affaire a débuté par des contrôles ciblés dans plusieurs salons de coiffure, pilotés par les Comités opérationnels départementaux antifraude (CODAF). Ces structures, co-présidées par les autorités préfectorales et judiciaires locales, ont mis au jour les prémices d’une filière structurée.
L’enquête, qui a duré de longs mois, a permis de confirmer l’existence d’une organisation criminelle complexe. Les chefs d’accusation sont lourds, notamment “l’aide à l’entrée, à la circulation et au séjour irrégulier d’étrangers en France en bande organisée, l’emploi en bande organisée d’étrangers non munis d’une autorisation de travail, et l’exécution en bande organisée d’un travail dissimulé”.
À lire aussi :
Un étudiant en médecine et un “drôle d’épicier” interceptés par les douanes avec 4 500 paquets de cigarettes de contrebande
La phase d’interpellation a nécessité d’importants moyens logistiques et humains. Seize enquêteurs et deux brigades cynophiles ont été mobilisés : “Il a en effet été nécessaire de procéder aux arrestations des personnes concernées, à la sécurisation des lieux et à des perquisitions concomitantes en différents lieux”, indique le représentant du ministère public.
Les résultats de ces fouilles témoignent de l’importance du trafic. Les forces de l’ordre ont mis la main sur une fortune en liquide : 185 420 euros en espèces, dissimulés dans un coffre et une valise, 10 100 euros cachés sous un lit, 5 090 euros retrouvés dans un coffre et des vêtements… En complément de cet argent liquide, la justice a procédé à la saisie pénale de 81 475 euros qui se trouvaient sur deux comptes bancaires. La justice a aussi procédé à la confiscation de matériel multimédia de luxe, comprenant notamment deux iPhone 16 Pro Max, un iMac et un Samsung S21.
Deux mises en examen
À l’issue des auditions menées par les officiers de police judiciaire de l’OLTIM 31, deux individus ont été déférés au palais de justice de Foix. Présentés devant le magistrat instructeur, ils ont été mis en examen. Un juge des libertés et de la détention a décidé de placer ces deux suspects en détention provisoire.
Si cette vague d’interpellations marque un jalon décisif dans l’affaire, “l’instruction préparatoire poursuit désormais son cours”, conclut Olivier Mouysset.

