Les Halles de la Cartoucherie se sont invitées dans la campagne des municipales. Le redressement judiciaire de Cosmopolis a ravivé le débat sur la gestion publique ou privée du site, entre prudence du maire sortant et volontarisme de la gauche.
La nouvelle est tombée à quelques semaines du scrutin : Cosmopolis, la société pilote des Halles de la Cartoucherie, est en redressement judiciaire. En pleine période électorale, les prétendants au Capitole se sont naturellement saisis de l’affaire.

L’édile sortant, Jean-Luc Moudenc, s’est empressé d’aller à la rencontre des professionnels du site, se voulant rassurant. Le 25 février dernier, il prenait place à leurs côtés, sur l’une des longues tables en bois du site, accompagné de son adjoint Jean-Jacques Bolzan. “L’activité des commerçants, qui représente plus de 80 % du chiffre d’affaires des Halles, se porte bien. Ils sont inquiets d’un amalgame dans l’esprit des gens, entre le modèle économique et leur commerce.”
Pour autant, il ne s’est pas prononcé sur une intervention de la collectivité pour redresser la barre. À l’origine, lors de l’appel à projets de 2016 pour la réhabilitation et l’exploitation du site, la mairie avait privilégié une gestion privée. “Les commerçants m’ont demandé trois choses, qui ne sont pas impossibles : faciliter l’événementiel, créer un événement estival sur la place, améliorer la signalétique”, ajoutait-il.
Ce que dit la gauche
À l’opposé, son concurrent adopte une posture radicalement différente. François Piquemal, candidat de l’union de la gauche, considère qu’il est “nécessaire que la puissance publique apporte son soutien pour que les activités sociales et culturelles ne soient pas abandonnées : cantine solidaire, repas à prix libre, programmation culturelle.” Il s’est également engagé “à prendre des mesures fortes” pour soutenir “une initiative collective, qui a prouvé son utilité”.
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Un avis partagé par François Briançon, tête de liste socialiste, qui a finalement rejoint l’alliance avec le candidat LFI, à la suite du premier tour des élections municipales. “Sans le soutien de la mairie, un tel projet ne peut pas s’en sortir durablement. Les porteurs n’ont jamais été réellement écoutés par Jean-Luc Moudenc, déplore-t-il. Une fois encore, le maire considère que des missions de service public peuvent être assumées par le seul secteur privé.”

