April 2, 2026

" On ne va pas se mettre en travers des voies et des camions pour empêcher le chantier", le nouveau maire d’Agen éclaircit sa position sur la LGV Bordeaux-Toulouse

l’essentiel
Laurent Bruneau, nouveau maire d’Agen, tente d’imposer une ligne de compromis, y compris sur un dossier LGV que ses opposants brandissent pour conquérir la présidence de l’Agglo.

Les écrits restent, les paroles ne s’envolent pas toujours. “Je n’ai jamais dit que j’étais contre la LGV”, a lâché récemment dans nos colonnes le nouveau maire d’Agen. L’opposition a fait mine de sursauter en découvrant cette déclaration de Laurent Bruneau. Et elle s’est empressée d’exhumer un tract datant des élections cantonales de mars 2011.

Laurent Bruneau, 33 ans à l’époque, y apparaît aux côtés de l’écologiste Maryse Combres. Ils sont candidats pour le canton d’Agen-Ouest – ils ne seront pas élus. L’équipe d’Agen au cœur, héritière de Jean Dionis, a stabiloté en jaune fluo le “Non à la LGV” sur leur papier de propagande. En plus petit, il est écrit : “Nous refusons le désastre financier, environnemental et humain qu’elle suppose”.

“Nous assumons de ne pas être d’accord sur tout et de trouver des compromis”

Dans le sillon d’élections municipales électriques, la LGV est le chiffon rouge agité par Agen au cœur pour conquérir l’agglomération. Actuel vice-président en charge du développement économique, Olivier Grima est candidat à la présidence de l’intercommunalité. Dans la lignée de Jean Dionis, il annonce avoir l’énergie pour porter jusqu’au bout un projet ferroviaire qui est “une chance pour Agen”.

Le tract de 2011 exhumé par l’opposition
Le tract de 2011 exhumé par l’opposition

Laurent Bruneau lorgne également sur le fauteuil de président. L’élection se tiendra le jeudi 9 avril prochain. Avec le dossier LGV Bordeaux-Toulouse, l’objectif de l’opposition est de décrédibiliser le camp Bruneau qui peut sembler fragile sur ce sujet. En interne, les avis sur cette future ligne à grande vitesse sont partagés. “Nous assumons de ne pas être d’accord sur tout et de trouver des compromis”, s’est déjà expliqué Vivement Agen. Le chemin est étroit.

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Quelle est aujourd’hui la position de Laurent Bruneau sur ce projet qui n’en est plus tout à fait un – le chantier a démarré au nord de Toulouse et au sud de Bordeaux – ? “Dire que je disais non à la LGV en 2011 est un raccourci, indique le maire d’Agen. Je ne me suis jamais caché d’être contre le tracé. J’étais pour la rénovation des lignes existantes. Un arbitrage a été fait depuis. Des décisions ont été prises. J’en prends acte, même si ce n’était pas mon choix. Et maintenant ? On ne va pas se mettre en travers des voies et des camions pour empêcher la LGV”. Ce que résume ainsi un observateur : “Quand bien même le maire d’Agen serait un écolo farouche ne voulant pas de la LGV, il n’a plus les moyens de dire non”.

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“Ne pas avoir une vision hégémonique des projets qui doivent être défendus à l’Agglo”

Laurent Bruneau répète ce qu’il a déjà longuement exprimé publiquement. “L’erreur historique” est, selon lui, l’implantation d’une nouvelle gare à Brax. Il redoute qu’elle n’entraîne un déplacement du flux de voyageurs et, par ricochet, paupérise le centre-ville d’Agen. “Mon travail de maire sera de limiter ces effets-là.” En revanche, il admet qu’une partie de l’Agglo serait économiquement dynamisée par l’arrivée de la LGV programmée en 2032.

S’il est prêt “à se battre pour qu’on ne regarde pas les trains passer”, il note cependant que tout n’est pas réglé. “On fait comme si tout était ficelé, mais, jusqu’à preuve du contraire, ce n’est toujours pas bouclé. La facture, estimée à plusieurs milliards d’euros, continue de monter. Et, avant la présidentielle de 2027, pas grand-chose ne devrait bouger.”

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Il plaide enfin pour une méthode qu’il compte appliquer au dossier LGV. Celle “de ne pas avoir une vision hégémonique des projets qui doivent être défendus à l’Agglo”. “La décision ne revient pas au seul maire d’Agen, mais aux maires et conseillers communautaires de l’Agglo. Ils vont définir ensemble les stratégies et les projets communs”.

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