Une soixantaine d’agriculteurs a condamné les portails du centre des finances publiques de Pamiers à l’aide de lourdes chaînes, ce mardi 31 mars 2026, dans la soirée, à l’appel de la Coordination rurale 09. Ils réclament la mise en place d’un “bouclier tarifaire” contre la hausse du prix du gazole non routier.
Son portable à la main, en attendant l’arrivée de ses collègues au centre des finances publiques, cet agriculteur installé sur les coteaux près de Pamiers, refait ses comptes : “La hausse du prix du gazole non routier, pour une exploitation de taille normale, c’est une perte de 25 000 € dans l’année”, estime-t-il.
“Pour nous, elle tombe au plus mauvais moment : celui des grands travaux dans les champs, au printemps, où les tracteurs vont tourner à plein pour préparer les sols et faire les semis”. Et de rappeler : “En un mois, on est passés de 80 centimes HT par litre à 1,30 à 1,35 centime aujourd’hui. Ça pèse lourd, ces cinquante centimes de plus. Sans parler de l’engrais”.
“Ce que nous voulons, c’est un bouclier tarifaire”

Petit à petit, les agriculteurs se rassemblent aux deux entrées du centre des finances publiques. D’autres avaient rendez-vous, à la même heure, à Foix et Saint-Girons. “Ce que nous voulons, c’est un bouclier tarifaire, fixé à 1 € par litre hors taxe”, lâche le leader de la Coordination Rurale, Sébastien Durand. La protestation s’organise : deux groupes d’agriculteurs enroulent de lourdes chaînes aux deux portails d’entrée. Ce sont les anneaux qui sont soudés, cadenassant les accès.
“Nous n’avons pas soudé les portails”, fait remarquer un participant. Tandis que le poste de soudure libère de larges écharpes d’étincelles, les participants s’attaquent à la confection de banderoles, sur de longues bâches. “L’État taxe, l’agriculture trépasse”, “l’État engraisse, le peuple crève”, “trop de taxes, plus de paysans”: les slogans sont fixés aux grilles du centre des finances.
Puis, la mobilisation s’est regroupée, quelques heures plus tard, à Foix où se sont ouvertes des négociations avec le préfet de l’Ariège, Hervé Brabant.

