Alors que le plafonnement des prix du carburant chez TotalEnergies attire une foule record, les stations du Tarn saturent. Entre pénuries temporaires et longues files d’attente, les automobilistes se pressent aux pompes avant la fin annoncée de la ristourne. Voici tout ce qu’il faut savoir.
Depuis que le géant pétrolier Total a décidé de bloquer ses tarifs à 1,99 euro pour l’essence et 2,09 euros pour le gazole, un vent de panique semble souffler sur les routes tarnaises. Dans un contexte international lourd, marqué par des tensions au Moyen-Orient qui font grimper les cours du brut, l’économie de près de dix euros par plein offerte par TotalEnergies agit comme un aimant.
À Albi, ce lundi, le spectacle était saisissant avenue François-Verdier : des embouteillages se sont formés sur plusieurs dizaines de mètres, tant et si bien que les conducteurs patientaient en moyenne 15 minutes pour accéder au précieux pistolet. Une situation qu’on retrouve dans presque chaque Total du département depuis que ces derniers proposent l’offre la plus attractive financièrement.

30 % de fréquentation supplémentaire
La situation est devenue critique pour certains gérants, dépassés par cet afflux soudain. Benjamin Diaz, directeur de la station Total “Verdier” à Albi, témoigne. “Les cuves ne sont pas assez grandes pour les volumes qui sortent depuis quelques jours. On a environ 30 % de fréquentation supplémentaire, conséquence de quoi, vendredi, quand on a vu qu’on n’allait pas tenir, on a fermé la station tout le week-end”, explique-t-il.
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Pour ce professionnel, le succès de l’opération est à double tranchant. Si la station a rouvert ce lundi, la pression reste constante : “Les gens faisaient la queue derrière le camion-citerne qui nous livrait. On a densifié nos livraisons pour éviter de devoir refermer.”
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Dans la file d’attente, la motivation est purement comptable. “Je viens ici car c’est le moins cher du département, tout simplement”, confie Loïc, un artisan albigeois, en remplissant son réservoir. “Ailleurs, le gazole frôle les 2,30 euros. Sur un gros volume, la différence est énorme.”
Mais cette bouffée d’oxygène pour le portefeuille pourrait être de courte durée. Le plafonnement, initialement prévu jusqu’au 31 mars, arrive à son terme ce mardi soir. Avec un baril de Brent qui flambe à plus de 115 dollars, l’échéance du 1er avril fait craindre une hausse brutale des tarifs, marquant la fin d’une parenthèse budgétaire très convoitée par les Tarnais.

