Le projet d’aménagement de la ZAC Porte des Pyrénées vacille après dix ans de tractations. L’ultimatum du Muretain Agglo est expiré, mais les négociations continuent. Un plan B pourrait redessiner entièrement la zone commerciale.
Les jeux sont-ils faits ? Dix ans après le lancement du projet d’aménagement de la ZAC Porte des Pyrénées sur un site d’environ 13 hectares au sud de Muret, les cartes risquent désormais d’être redistribuées. Depuis plus d’un an, Massaad Matar, le PDG de la société foncière Sodec, négocie le montage financier et juridique de son projet de centre commercial avec ses futures enseignes partenaires, et en particulier avec les représentants de la société Super U. Las de ces atermoiements, le 20 janvier dernier, le conseil communautaire du Muretain Agglo avait fixé un ultimatum de 45 jours (avec un délai maximal de 60 jours) pour que l’aménageur Sodec et Super U concluent enfin leur acte de vente. Ce délai est désormais expiré. Cependant, selon nos informations, les tractations entre les intéressés sont toujours en cours ces jours-ci. La présence du nouvel Intermarché, qui se reconstruit actuellement à deux pas de la future ZAC, aura brouillé les cartes justement, rendant difficiles ces négociations : Super U estimant que, de ce fait, le prix de vente pour lequel il s’était engagé avec la Sodec devait être revu à la baisse…
Le Muretain Agglo, propriétaire des 13 hectares de la ZAC, attend cette vente
L’enjeu est de taille pour le Muretain Agglo. Cette intercommunalité est propriétaire du foncier (13 hectares) et s’impatiente pour finaliser sa vente à la Sodec, soit 12,40 M€. “Notre ultimatum a obligé tout le monde à se positionner. Le promoteur Sodec, les entreprises enseignes partenaires et surtout l’enseigne alimentaire Super U”, rappelle cette semaine André Mandement, président du Muretain Agglo. “Soit ils ont une solution, soit ils n’en ont pas. On a plutôt intérêt à ce qu’ils réussissent à s’entendre, mais pas à n’importe quel prix. Le projet Porte des Pyrénées tel qu’il est aujourd’hui porte sur 22 500 m² de commerces, c’est un projet commercial global de 90 M€ et nous avons l’accord de la Commission nationale d’aménagement commercial (CNAC) pour réaliser ce dernier centre commercial du genre en France, ce serait dommage de le perdre”, ajoute André Mandement.
Un plan B en vue
Le Muretain Agglo a désormais les mains libres pour reprendre le projet à zéro et commercialiser le foncier avec de nouveaux partenaires. “Lorsque nous nous étions engagés en 2016, le prix du m² était de 90 €. Aujourd’hui, nous sommes sur un prix de vente de 110 à 120 € le m². Si je reprends le projet, la vente du foncier n’en sera que meilleure pour le Muretain Agglo, surtout sur ces terrains”, précise André Mandement.
Seule assurance à ce jour, la chaîne de restauration rapide McDonald’s et la cité des jeux virtuels Ludémia, près de la salle Horion avenue des Pyrénées, restent dans la partie si “plan B” il devait y avoir. Quant au reste de la ZAC, ce ne serait plus un centre commercial avec des enseignes de moyenne surface, mais dès lors, place aux entreprises. Un coup de poker ?

