Durant un point presse tenu juste avant de partir à bord de l’Air Force One ce dimanche, le président américain Donald Trump s’est vanté d’avoir déjà provoqué un changement de régime en Iran. Il affirme notamment que, pour la première fois, il échange avec des Iraniens appartenant à un “nouveau régime”. Le régime des mollahs est-il sur le point d’être remplacé ?
Au-delà de réduire à néant le programme nucléaire iranien, Donald Trump a déclenché l’opération “Epic Fury” avec le but de se débarrasser du régime des mollahs. Ce lundi 30 mars, c’est peut-être cet objectif qui a été atteint alors que le conflit armé dure déjà depuis un mois. Avant d’embarquer dans l’avion présidentiel américain, Donald Trump a en effet déclaré ce dimanche 29 mars qu’il avait “affaire à des personnes différentes de celles auxquelles quiconque a eu affaire auparavant” dans le cadre de négociations destinées à mettre un terme au conflit au Moyen-Orient.
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Une affirmation qu’il a réitérée sur son réseau social Truth Social dans un post : “Les États-Unis d’Amérique sont en discussion avec un NOUVEAU, ET PLUS RAISONNABLE, RÉGIME pour mettre fin à nos opérations militaires en Iran.” Ces annonces sont-elles le présage d’un changement au sommet du pouvoir en Iran ?
“The United States of America is in serious discussions with A NEW, AND MORE REASONABLE, REGIME to end our Military Operations in Iran.” – President Donald J. Trump ud83cuddfaud83cuddf8 pic.twitter.com/0MWL2hSNmK
— The White House (@WhiteHouse) March 30, 2026
La fin des Khamenei ?
Plusieurs éléments confortent le président américain. Dès le premier jour de la guerre, le 28 février dernier, c’est le sommet du régime iranien qui avait vacillé avec la mort du guide suprême Ali Khamenei, en poste depuis plus de 36 ans. La frappe américano-israélienne avait notamment visé le quartier général des Khamenei et avait tué de nombreux proches du régime.
Depuis le 8 mars, c’est son fils, Mojtaba Khamenei, qui a pris sa succession après son élection par l’Assemblée des experts. Mais le nouveau leader iranien n’a fait aucune apparition depuis sa désignation officielle. De quoi faire courir de nombreuses rumeurs quant à son état de santé. Un temps considéré comme gravement blessé et défiguré, des soupçons ont avancé l’idée d’une exfiltration pour des soins intensifs en Russie. Les renseignements américains, ainsi que Donald Trump, supposent que sa mort est la raison de son silence. Le président américain a même déclaré ce dimanche : “Personne n’a entendu parler de lui. Il est peut-être vivant, mais il est de toute évidence dans une situation très, très grave”.
Après un mois de guerre, le pouvoir iranien aurait donc été décimé. Les principaux dirigeants du régime seraient morts selon le locataire de la Maison-Blanche. “On le voit déjà, le premier régime (NDLR : celui d’Ali Khamenei) a été décimé, détruit, ils sont tous morts. Le régime suivant (NDLR : celui de Mojtaba Khamenei) est en grande partie mort”, a déclaré Donald Trump. Une situation qui mène de facto à l’existence d’un “nouveau régime” que le président américain présente comme “plus raisonnable”, et capable de mener des négociations qui auraient déjà débuté.
Un “troisième régime” plus raisonnable ?
Donald Trump s’est très peu étendu sur l’identité des personnes qui mènent ce “troisième régime”, comme il l’a baptisé.
Hamid Enayat, politologue spécialiste de l’Iran collaborant avec l’opposition démocratique iranienne (CNRI), n’est pas aussi optimiste que le président américain et ne croit pas en un nouveau groupe de diplomates iraniens négociant avec Donald Trump. Interrogé par La Dépêche, il souligne que depuis l’instauration du régime en 1979, la République islamique d’Iran n’a jamais accepté une seule réforme. Pour lui, “les bombardements et les frappes aériennes ne changeront pas ce régime”. Plusieurs groupes d’opposition tentent de s’opposer au régime mais sont à chaque fois violemment réprimés, explique Hamid Enayat.
Pour l’expert, “les nouveaux négociateurs sont les mêmes personnes qui font partie du régime depuis des années. Si on les qualifie de ‘raisonnables’, c’est parce que le régime est extrêmement affaibli et contraint de faire des concessions pour survivre”.

