La suspension de la réforme des retraites bouleverse les plans de millions d’assurés. Dans toute la France, l’Agirc-Arrco a renforcé son dispositif pour éclairer les personnes nées entre 1964 et 1968 souhaitant préparer sereinement leur départ. Reportage à Toulouse.
Partir à la retraite un peu plus tôt que prévu, c’est ce que promet, à certains, la suspension de la réforme qui entrera en vigueur le 1er septembre prochain. Au total, 4,8 millions de personnes sont, plus ou moins, concernées par ce changement. Reste que pour la majorité d’entre eux, il est difficile d’y voir clair. “On est complètement perdus, c’est très complexe, donc on a vraiment besoin d’aide”, lâche une Toulousaine de 58 ans qui espère quitter le monde du travail d’ici deux ans. Qu’à cela ne tienne, l’Agirc-Arrco a organisé la semaine dernière quelque 25 000 rendez-vous individuels dans toute la France pour clarifier la situation personnelle de quinquagénaires dans le flou.
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Au numéro 30 du boulevard Lazare Carnot à Toulouse, l’agence de la caisse de retraite complémentaire n’a pas désempli entre le 21 et le 27 mars. Ses dix conseillers ont mené au total 500 entretiens, en présentiel et par téléphone, soit trois fois plus que sur une semaine normale. “Ces échanges d’une vingtaine de minutes avec les assurés permettent, avec leur relevé de carrière sous les yeux, de répondre à toutes leurs interrogations”, explique Chloé Marty, conseillère retraite à l’agence Agirc-Arrco de Toulouse.
“En général, les personnes veulent savoir quand est-ce qu’elles vont pouvoir réellement partir, combien elles vont toucher et quelles sont les démarches à effectuer. La suspension de la réforme concerne les générations de 1964 à 1968, mais surtout celle de 1965.” Les natifs du premier trimestre 1965 sont en effet les plus avantagés par cette suspension… Ils vont gagner six mois au niveau de l’âge légal de départ et deux trimestres de cotisations. Ils pourront donc partir à la retraite à 62 ans et 9 mois en ne justifiant “que” de 170 trimestres.

Apporter des réponses claires
Ce jeudi 26 mars, les rendez-vous avec les dix conseillers de l’agence toulousaine de l’Agirc-Arrco s’enchaînent. Dans le hall d’accueil, Stéphane attend son tour. À 57 ans, il est de nouveau à la recherche d’un emploi après avoir été salarié pendant 35 ans. Il se dit que c’est le bon moment pour se renseigner. “Cette suspension de la réforme pose clairement question… On voit toujours par le petit bout de sa lorgnette, et pour moi, en tant que senior, c’est extrêmement compliqué. Donc cet entretien va me permettre de voir jusqu’où il va falloir aller, dans quelles conditions et de quelle manière”, indique-t-il.
Muriel, gérante d’entreprise depuis 25 ans, sort juste de rendez-vous. La femme de 59 ans souhaitait vérifier que son dossier était bien à jour afin d’envisager la suite. “On a fait le point sur mes trimestres, et je vais pouvoir partir en 2030 à taux plein”, se réjouit-elle. Valérie, 58 ans, salariée à l’Établissement français du sang (EFS), est, elle, venue se renseigner pour une retraite progressive. Après son entretien, elle ressort tout sourire. “La conseillère m’a indiqué que j’avais le nombre de trimestres nécessaires et que la suspension de la réforme me faisait gagner un trimestre, donc c’est une très bonne nouvelle pour moi”, résume-t-elle.
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Si cette campagne spéciale d’informations de l’Agirc-Arrco est désormais terminée, la caisse de retraite indique que deux autres rencontres de ce type sont d’ores et déjà prévues aux mois de juin et de novembre. Elle rappelle aussi qu’en dehors de ces périodes, les prétendants à la retraite peuvent également prendre rendez-vous dans l’une de ses agences. Selon François-Xavier Selleret, le directeur général de l’Agirc-Arrco, “plus de neuf personnes sur dix se déclarent satisfaites de leur entretien”. Chaque année, 700 000 personnes demandent leur retraite en France auprès de l’Agirc-Arrco.

