Un immeuble de bureaux et de commerces détruit lors d’opérations militaires, dans un quartier résidentiel de Téhéran, en Iran, le 29 mars 2026. MORTEZA NIKOUBAZL / NURPHOTO VIA AFP
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Iran et Israël se bombardent ce lundi 30 mars, malgré les assurances de Donald Trump sur un « accord » prochain avec le nouveau pouvoir iranien et l’éventualité d’une intervention terrestre américaine.
En dépit de pourparlers indirects entre les Etats-Unis et l’Iran d’après le Pakistan, et la promesse américaine d’une fin prochaine de la guerre, un casque bleu est mort au Liban, encore frappé par Israël. Des infrastructures militaires et énergétiques sont visées des deux côtés.
• L’armée israélienne répond à une attaque de missiles
L’armée israélienne a dit répondre ce lundi à une attaque de missiles venant d’Iran. « Il y a peu, l’armée israélienne a identifié des missiles lancés depuis l’Iran en direction du territoire d’Israël », a-t-elle déclaré sur le réseau Telegram, ajoutant que ses systèmes de défense étaient en action « pour intercepter la menace ». Israël a indiqué, toujours sur Telegram, mener de nouvelles frappes sur des « infrastructures militaires » à Téhéran.
La capitale iranienne a subi des coupures de courant dimanche soir, après des « attaques » contre des installations électriques, selon le ministère iranien de l’Energie. Vendredi, l’armée israélienne avait visé un complexe à eau lourde à Arak (centre de l’Iran), qui « a subi de graves dommages et n’est plus opérationnel », a précisé l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA), avant d’ajouter que « l’installation ne contient aucune matière nucléaire déclarée ».
Israël s’est doté dans la nuit de dimanche à lundi d’un nouveau budget, qui prévoit une augmentation massive des ressources allouées à la défense : près de neuf milliards d’euros supplémentaires, sur un budget total d’environ 40 milliards, soit plus du double qu’en 2023.
• Un casque bleu indonésien de la Finul tué au Liban
L’ONU a annoncé ce lundi qu’un casque bleu indonésien avait été tué par l’explosion d’un projectile d’origine inconnue dans le sud du Liban, où le Premier ministre israélien appelle son armée à étendre la « zone tampon » face au Hezbollah pro-iranien.
« Un casque bleu a été tragiquement tué hier [dimanche] soir lorsqu’un projectile a explosé sur une position de la Finul près d’Adchit Al Qusayr », dans le sud du Liban où des affrontements ont lieu entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, et « un autre a été grièvement blessé », a écrit la force de l’ONU dans un communiqué tôt lundi. « Ce n’est là qu’un des nombreux incidents récents qui ont mis en péril la sécurité des casques bleus », a réagi sur X le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, qui a « condamné fermement l’incident » survenu dans le « cadre des hostilités entre Israël et le Hezbollah ».
Jakarta a de son côté confirmé que le casque bleu tué était indonésien et fait mention de trois autres blessés servant au sein de la Finul près d’Adchit Al Qusayr. Ville près de la frontière sud du Liban avec Israël, où les forces israéliennes affrontent les combattants du Hezbollah depuis près d’un mois. Et une nouvelle frappe dans la banlieue sud du Beyrouth a été recensée ce lundi.
• Nouvelles attaques dans le Golfe
L’Iran poursuit ses frappes dans le Golfe. Au Koweït, un bâtiment d’une usine de dessalement, qui génère aussi de l’électricité, a été touché par une attaque iranienne, « provoquant la mort d’un travailleur indien et des dégâts matériels importants », selon le gouvernement de l’émirat.
Le ministère saoudien de la Défense a annoncé lundi l’interception de cinq missiles balistiques qui se dirigeaient vers l’est de l’Arabie saoudite, sans préciser leur origine.
• Trump dit « entrevoir un accord »
« Un changement de régime » a eu lieu à Téhéran, selon les dires de Donald Trump, qui a mis en avant les liquidations successives des principaux dirigeants de la République islamique. « Nous avons affaire à des personnes différentes », a-t-il assuré à des journalistes, les qualifiant de « bien plus raisonnables » que leurs prédécesseurs. Le président américain a dit « entrevoir un accord » avec ces nouveaux dirigeants iraniens, qu’il ne nomme pas, « peut-être bientôt ».
Il a affirmé que l’Iran, « par respect », était sur le point d’autoriser « pour les prochains jours » le passage de 20 navires pétroliers par le détroit d’Ormuz, carrefour stratégique du commerce de l’énergie, dont le blocage a fait exploser les prix des hydrocarbures. Ce lundi, le baril de Brent est estimé à 115 dollars.
• Les Etats-Unis planifient « secrètement une offensive terrestre » selon l’Iran
S’il prétend d’un côté « entrevoir » un accord, Donald Trump entretient de l’autre une ambiguïté sur l’éventualité d’un déploiement de troupes américaines au sol en Iran. Un navire américain d’assaut amphibie, à la tête d’un groupe naval comprenant « quelque 3 500 » marins et soldats du corps des marines est arrivé dans la région vendredi.
« L’ennemi envoie publiquement des messages de négociation et de dialogue, tout en planifiant secrètement une offensive terrestre », a dénoncé le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf. Avant d’avertir : « Nos hommes attendent l’arrivée des soldats américains sur le terrain pour les attaquer et punir une bonne fois pour toutes leurs alliés régionaux. »
Donald Trump n’a pas caché ses vues sur l’île de Kharg qui abrite le plus grand terminal pétrolier de l’Iran, assurant environ 90 % de ses exportations de brut, selon la banque américaine JP Morgan. « Peut-être que nous prendrons l’île de Kharg, peut-être que non. Nous avons beaucoup d’options […]. Je ne pense pas qu’ils aient la moindre défense. Nous pourrions la prendre très facilement », a assuré le président américain dans un entretien au « Financial Times » diffusé dimanche soir, allant jusqu’à envisager de « prendre le pétrole » iranien.

