Alors que la préfecture d’Occitanie ouvre les demandes de financement pour la protection des troupeaux touchés par les attaques d’ours, Philippe Lacube, président de la Chambre d’agriculture de l’Ariège, en attend plus de l’État.
“Le problème n’est pas tellement l’argent, nous demandons plus qu’on arrête de subir des décisions hypercentralisées et cette manière de traiter les problèmes depuis Paris”, réagit Philippe Lacube, président de la Chambre d’agriculture de l’Ariège, au sujet de l’ouverture des aides proposées par les services de l’État pour la protection des troupeaux au risque de prédation des ours.
Pour la Chambre d’agriculture, il faut d’abord viser une redistribution du pouvoir vers les acteurs locaux. “Nous demandons qu’il y ait une capacité à décider à l’échelle locale, car ces décisions prises sans concertation depuis Paris, ce n’est plus tenable”, estime Philippe Lacube.
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Vers une régulation de l’ours ?
Sur le sujet de la protection face à la prédation, il dresse un constat difficile dans le Couserans, “où la densité de présence de l’ours est plus élevée qu’ailleurs”. Philippe Lacube demande un pas en avant vers les mesures d’effarouchement, ou même de régulation des populations d’ours.
“Qu’il y ait une plus grande transparence sur les ours qui attaquent le plus, que l’Office français de la biodiversité connaît car il y a lors des attaques des analyses qui sont faites, et que ces ours soient sortis du territoire”, voudrait le président de la Chambre.
L’ours est un animal extrêmement protégé par la loi française, ce qui justifie que l’État concentre ses aides sur les mesures de protection, allant en 2019 jusqu’à l’autorisation de tirs d’effarouchement, avant que le Conseil d’État ne les annule en 2021. Depuis 2023, l’effarouchement est uniquement possible sur demande, et de manière très restreinte.
Philippe Lacube souligne que l’Occitanie est un territoire dans lequel l’État souhaite mener des expérimentations sur toutes les problématiques rencontrées dans la sphère agricole. La participation des acteurs locaux dans les prises de décisions sur la gestion des populations d’ours fait partie des avancées attendues par la Chambre d’Agriculture.

