Déçu par la défaite des siens à Béziers (32-13), le capitaine basque du SU Agen voulait vite se projeter sur la suite, et la réception capitale de Vannes vendredi prochain.
Peyo, comment expliquez-vous ces vingt dernières minutes ?
Je pense que c’est la succession de mauvaises actions. La faute sur l’essai refusé, puis la pénalité qu’on essaie de jouer… On met un ballon par terre, puis deux ballons par terre dans notre camp. Je crois que c’est mentalement que cela a basculé, que cela a craqué, parce que la prestation jusque-là était bonne. Avant l’action, il y a 13-9 ; après cette action, il y a 13-12. Mais je crois qu’on a baissé le regard, qu’on a eu un peu la tête dans les chaussettes, au lieu de se remettre vers l’avant avec une action positive. Même à 15-13, Béziers était encore à portée de tir.
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Vous étiez pourtant bien dans cette rencontre…
Je pense qu’il y a eu beaucoup d’échecs. Même en première mi-temps, dans notre jeu, on a parfois tenu le ballon, mais on s’est un peu frustrés au fur et à mesure du match sans marquer, parce qu’on a été un peu trop gourmands. C’est possible, et cela s’est retourné contre nous. Mais je pense que c’était surtout une faillite mentale sur la fin, comme si on avait un peu abdiqué.
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Vous parlez souvent de constance, de régularité. Est-ce que c’est une petite piqûre de rappel après les derniers matchs ?
Oui, c’en est une. Ce n’est pas un match à la hauteur de la performance du bloc précédent. Cela montre aussi le niveau d’engagement, de précision et d’intensité qu’il faut garder pour espérer atteindre nos objectifs. On voit que, peu importe l’équipe en face et ce qu’elle a à jouer pour la fin de saison, elle sera obstinée de la même manière. Mauricio l’a dit, mais je ne sais même pas si on a la place d’être déçus. On en veut un peu que le match ait tourné comme cela.
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Vous parliez ouvertement de qualification pour la première fois cette saison. Est-ce que cela a engendré de la pression ?
Non, on n’a pas raté le match. Les vingt dernières minutes, oui. Mais pendant le match, on ne pense plus au top 6. On pense à la performance du moment. On n’en a pas tellement parlé dans la préparation du match. Je crois plutôt qu’on s’est mis un peu le bouillon seul, avec des échecs récurrents dans notre attaque. Il y a eu quelques actions qui n’ont pas fonctionné. Cela nous a déstabilisés. Et ensuite, je pense qu’on a eu un souci de discipline.
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« Peu importent les matchs, il faut gagner »
Comment l’expliquez-vous ?
On était pourtant dans le match, mais on prend deux cartons jaunes, et beaucoup de pénalités en seconde mi-temps… On voulait essayer de hausser encore le rythme en deuxième période, et sur la première action, on prend une pénalité. Je crois que, sans être dominés dans la discipline par l’équipe adverse, on s’est mis en difficulté.
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Cette défaite rend obligatoire la victoire contre Vannes. Comment rebondir ?
Il n’y a pas trop de questions à se poser. On était venus ici avec des ambitions, comme contre toutes les équipes. On ne prend pas non plus un coup sur la tête, on n’est pas abattus. Dans la position où on est, il nous faut le maximum de victoires. Peu importent les matchs, il faut gagner. C’était un objectif ici, c’est raté. On est déçus. On va préparer Vannes avec l’ensemble de notre équipe. On a peu de blessés, on travaille toujours aussi bien la semaine. On a poussé physiquement pendant la trêve. On se met en condition pour être les meilleurs.
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Ce sera un énorme match…
Évidemment. On joue contre les leaders. C’est un grand défi. Ce sont les favoris. Mais on est engagés dans ce championnat pour les affronter et essayer de décrocher le maximum de victoires. Aujourd’hui, on a affiché nos ambitions. Il n’y a plus trop de questions à se poser.

