Le centre-ville de Fresnes a subi de violentes dégradations vendredi 27 mars. La mairie a notamment été saccagée, à la veille de l’installation du nouveau maire LR de la ville. Pour Christophe Carlier, le lien avec son élection ne fait aucun doute. De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer ces nouvelles violences.
C’est une scène de désolation qui a été découverte à Fresnes. Hall d’accueil de la mairie saccagé, vitrines explosées : le centre-ville de cette commune du Val-de-Marne, au sud de Paris, a été le théâtre de violentes dégradations dans la soirée vendredi 27 mars, suivies samedi matin par l’installation houleuse du nouveau maire.
Rue Ténine, juste à côté de la mairie de cette commune de 30 000 habitants, les dégâts sont saisissants. “Les vitrines ont été brisées”, se désole Stevie Agodor, le gérant de l’auto-école Quick Permis 94, qui a également vu disparaître une moto d’une valeur de plus de 2000 euros mise en jeu pour une promotion. Chiffrant son préjudice à près de 20 000 euros, il craint d’être “obligé de fermer pendant les travaux” si son assurance ne prend pas le sinistre en charge. La Caisse d’Epargne voisine a également été ciblée.
A l’intérieur de la mairie, visée vers 21 h 30, “une banque d’accueil a été vandalisée, les écrans […] ont été cassés”, a détaillé à l’AFP Christophe Carlier (LR), qui a obtenu 45,00 % des voix au second tour des municipales, devant la maire PS sortante Marie Chavanon (43,53 %). Des tables pliantes ont été renversées et du verre brisé. Le nouvel édile, qui déplore un préjudice “colossal” pour le fonctionnement des services, fustige une attaque contre “la maison commune”, selon lui “clairement liée à l’élection”.
Sur des images de vidéosurveillance consultées par l’AFP, on voit une dizaine de personnes masquées s’approcher du bâtiment et en briser la porte d’entrée à l’aide de ce qui ressemble à un mortier d’artifice, avant de s’y engouffrer pour tout casser à coups de bâtons.
Investiture houleuse
Malgré ce saccage et la nécessité de se replier dans une autre salle, le conseil municipal a pu se tenir samedi matin pour valider l’investiture du nouveau maire. L’opposition socialiste a condamné des violences “inacceptables”, tout en mettant en garde la nouvelle majorité. “Il ne faut pas céder à la théorie du complot […] et que ça serve encore d’excuse à la droite pour positionner l’armement” d’une future police municipale, a prévenu l’élue d’opposition Rachida Sadane.
Cette dernière a dénoncé auprès de l’AFP une séance d’installation “houleuse” au cours de laquelle la gauche a été “empêchée de s’exprimer”, accusant notamment le ministre du Logement Vincent Jeanbrun, présent dans le public, de lui avoir “coupé la parole”.
Vincent Jeanbrun, ex-maire de L’Haÿ-les-Roses, commune limitrophe, a pour sa part confié son émotion face aux images de l’hôtel de ville vandalisé, qui ont ravivé les souvenirs de “l’attaque de (son) domicile” lors des émeutes de l’été 2023. “On voit qu’il y a dans notre pays des mouvements sous-jacents qui refusent l’autorité et viennent s’exprimer même dans le débat politique pour presque intimider des équipes […] qui défendaient le retour de l’ordre”, a estimé le ministre, appelant à une réponse “extrêmement ferme”.
Un climat de tensions
Sur X, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a assuré que “tout (était) mis en œuvre” pour “identifier” et “traduire en justice” les auteurs de cette “atteinte à notre République”. La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a condamné sur le même réseau social “la violence déchaînée de ces délinquants qui n’acceptent pas la démocratie et les résultats du scrutin”. “J’ai proposé au nouveau maire l’aide de la région pour mieux sécuriser son espace public”, ajoute-t-elle.
Cette nuit, une intrusion a eu lieu à l’intérieur de la mairie de Fresnes et des dégradations ont été commises par plusieurs individus.
Tout est mis en œuvre pour les identifier, les interpeller et les traduire en justice : porter atteinte à une mairie, c’est porter atteinte à…— Laurent Nuñez (@NunezLaurent) March 28, 2026
Tirs de mortiers, porte fracturée, locaux saccagés, voilà comment est accueilli le futur maire Christophe Carlier dans sa ville de #Fresnes. Je condamne la violence déchaînée de ces délinquants qui n’acceptent pas la démocratie et les résultats du scrutin ! J’ai proposé au… https://t.co/SZqVX1DS36
— Valérie Pécresse (@vpecresse) March 28, 2026
Julien Aubert, vice-président du parti Les Républicains, a apporté sur X “plein de soutien” au nouveau maire LR de Fresnes. “Comment ne pas voir dans cette attaque un aspect politique ? Étrange ce pillage”. Cette attaque et ce pillage “ressemblent bien entendu à une vengeance politique d’individus qui refusent le résultat des urnes”, a aussi estimé le président du RN Jordan Bardella sur le réseau social.
L’attaque aux mortiers d’artifice et le pillage de la mairie de Fresnes cette nuit, la veille du conseil municipal d’installation d’une majorité alternative à la gauche, ressemblent bien entendu à une vengeance politique d’individus qui refusent le résultat des urnes.
Les…
— Jordan Bardella (@J_Bardella) March 28, 2026
L’épisode de Fresnes s’inscrit dans un climat parfois rude depuis le second tour, émaillé d’incidents, d’élus bousculés ou insultés. Des scènes de tension ont été filmées dans plusieurs mairies de banlieue remportées par des candidats LFI ou divers gauche, tandis qu’à Mantes-La-Jolie (Yvelines), le maire battu a expliqué avoir dû être escorté par les forces de l’ordre à l’issue du vote.

