March 28, 2026

"Le surcoût est de 1 500 euros par mois et par camion" : les transporteurs manifestent mercredi à Toulouse contre la hausse du prix du carburant

l’essentiel
Avec la guerre en Iran et la hausse du prix du carburant, la crise du transport routier s’aggrave. Les entreprises du secteur ont décidé de se mobiliser mercredi pour appuyer leur demande d’aide au gouvernement. Une centaine de camions sont attendus à Toulouse ce jour-là, avec de grosses perturbations en vue.

Après une année 2024 qui a vu plusieurs entreprises du secteur baisser leur rideau, la guerre en Iran et ses conséquences sur le prix du carburant mettent à nouveau à mal les transporteurs. La crise énergétique actuelle pèse lourdement sur la trésorerie des sociétés qui ont besoin de carburant pour assurer les livraisons, que ce soit localement, sur le territoire national ou à l’international.

“Le surcoût en moyenne par mois et par véhicule, c’est de l’ordre de 1 500 € à l’heure actuelle. Avec un carburant qui continue à augmenter, les entreprises sont clairement prises à la gorge en termes de trésorerie”, assure Philippe Chastrusse, le secrétaire général de l’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) en Occitanie.

“Plus de 50 % en à peine deux semaines”

Pour alerter sur la situation critique du secteur, cette organisation patronale a décidé de manifester ce mercredi à Toulouse. Car aujourd’hui, le carburant représente désormais plus de 30 % du coût de revient pour les transporteurs routiers. Cette charge a “explosé de plus de 50 % en à peine deux semaines”, mettant en péril la pérennité de nombreuses structures. Une des autres difficultés auxquelles les sociétés du secteur sont confrontées, ce sont les restrictions de livraison en cuve. “Les entreprises ont souvent leurs cuves privatives à l’intérieur de leur site et rechargent régulièrement leurs camions avec du gazole professionnel. Aujourd’hui, le coût du gazole en cuve est plus cher que le coût en station.”

Pour faire face, les professionnels réclament un soutien gouvernemental immédiat similaire aux dispositifs exceptionnels mis en place lors de la crise de 2022, lors de la guerre en Ukraine. “Ce qui est demandé, c’est une remise sur le carburant pour le secteur du transport routier spécifiquement”, plaide Philippe Chastrusse. Son organisation souhaite également l’instauration d’une aide forfaitaire par véhicule calculée en fonction du tonnage pour absorber le choc financier. Ces mesures sont jugées vitales pour un secteur stratégique qui assure le transport de 95 % des marchandises en France.

Une centaine de camions attendus à Toulouse mercredi

Il y a bien eu des annonces cette semaine concernant de simples échéanciers pour les dettes sociales et fiscales, mais elles sont jugées insuffisantes face à l’urgence de la situation. “On a déjà un certain nombre d’entreprises qui ne peuvent pas faire face aujourd’hui, qui arrêtent des conducteurs, qui font des demandes de chômage partiel, et certaines qui sont en train de faire des démarches de dépôt de bilan ou de plans de sauvegarde.”

Si des manifestations ont déjà eu lieu ce week-end dans certains départements français, les membres de l’Organisation des transporteurs routiers européens se donnent rendez-vous à Toulouse mercredi pour une manifestation. Ils ont rendez-vous à 8 h 30 sur la zone de Fondeyre, avant de partir en convoi sur le périphérique et les boulevards, direction le centre-ville et la préfecture où ils espèrent être reçus. Une centaine de véhicules venus de toute la région sont attendus pour interpeller les services de l’État. Si les discussions avec le gouvernement n’aboutissent pas rapidement, les transporteurs envisagent de transformer ce mouvement en une action de longue durée.

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