L’Arcitc Metagaz, navire à la dérive en Méditerrannée, le 15 mars 2026. MIGUELA XUEREB / AFP
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Le gouvernement libyen d’unité nationale (GUN), basé à Tripoli et reconnu par l’ONU a annoncé ce mardi 24 mars le début des opérations de remorquage du méthanier russe à la dérive au large de la Libye depuis début mars.
« Le Centre de coordination des opérations de recherche et de sauvetage des garde-côtes supervise l’opération », impliquant « des équipes spécialisées » qui ont réussi à « sécuriser et amarrer » le navire, « en attendant de le remorquer vers un emplacement approprié pour l’empêcher de dériver davantage vers la côte », a indiqué le GUN sur Facebook. Le gouvernement a assuré « mobiliser tous les moyens disponibles » afin de « préserver la sécurité » des eaux territoriales libyennes.
Pas de dispersion des 700 tonnes d’hydrocarbures
Moscou accuse l’Ukraine d’avoir attaqué début mars, avec des drones navals lancés des côtes libyennes, l’Arctic Metagaz, méthanier long de 277 mètres parti de Mourmansk, dans le nord-ouest de la Russie, et transportant du gaz naturel liquéfié (GNL) à destination de Port-Saïd, en Egypte. Le navire faisait l’objet de sanctions des Etats-Unis et de l’Union européenne car il appartenait à la « flotte fantôme » russe, composée de pétroliers vieillissants transportant son pétrole et son gaz à travers le monde en contournant les restrictions occidentales.
Les 30 membres de l’équipage du méthanier ont été secourus et le navire était abandonné depuis, à la dérive en Malte et la Libye. Aucun signe de dispersion des quelques 700 tonnes d’hydrocarbures présents dans ses réservoirs n’avait été relevé vendredi selon la protection italienne. Face au « risque imminent et grave de catastrophe écologique majeure », l’Italie, la France, Malte, l’Espagne, Grèce et Chypre ont adressé une lettre commune à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, après la dérive du pétrolier entre Malte et l’île sicilienne de Lampedusa.
Le méthanier en route vers un port libyen
Côté libyen, le ministère de la Défense « suit de près le positionnement du pétrolier russe qui s’est rapproché des côtes de Zouara (à 140 kilomètres à l’ouest de Tripoli), en vue de protéger le littoral libyen et le milieu marin », a précisé le gouvernement.
Un remorqueur des champs pétroliers offshore participe à l’opération, apportant un soutien technique et logistique, selon le gouvernement, qui a souligné que la mission était menée en « coordination entre le ministère de la Défense, les gardes-côtes et la Compagnie nationale de pétrole (NOC) ». Celle-ci avait annoncé samedi avoir engagé, en partenariat avec le géant italien des hydrocarbures ENI, « une société spécialisée dans des incidents impliquant des navires pétroliers, des plateformes offshore et des navires susceptibles de provoquer des marées noires » pour remorquer le méthanier russe vers un port libyen.

