L’ancien troisième ligne a été marqué, sportivement comme humainement, par ses années au club, ses dernières au niveau professionnel.
Après une finale épique en mai 2015 contre Mont-de-Marsan, le Sporting, de retour en Top 14, avait bien besoin de se renforcer avant de retrouver l’élite du rugby hexagonal.
Le troisième ligne Marc Baget, valeur sûre du circuit, se souvient des circonstances de son arrivée en Lot-et-Garonne. “Je rejoins Agen après deux années en Pro D2 à Béziers. J’avais effectué toute ma carrière en Top 16 ou en Top 14 et je savais qu’à 32 ans j’arrivais sur la fin. Rejouer en Top 14 était intéressant. C’était aussi un rapprochement qui me convenait : ma femme était déjà enseignante à Port-Sainte-Marie, il y avait au SUA Lionel Mazars qui est le parrain de ma fille et je venais parfois faire la bringue à Agen (rires) !”
“Un joueur joue toujours d’abord pour son entraîneur”
“Quand « Momo » Blin m’a appelé pour me dire qu’il avait besoin d’un vieux briscard pour encadrer les jeunes, il n’avait pas raccroché que j’avais déjà dit oui !” Le manager fait d’ailleurs partie des hommes qui ont marqué le joueur. “Il était très accompagnant. Dans la relation humaine, il est dans le top 3 des entraîneurs que j’ai connus. Il avait façonné le groupe dans son entité entière : du président à l’intendant en passant par l’éducateur des U14. Quand tu arrives à aligner une colonne vertébrale comme ça dans un club, c’est énorme. Il avait aligné les visions sportives, administratives et logistiques. Il y avait de la solidarité, de l’entraide et le groupe était toujours à l’écoute. De toute façon, un joueur joue toujours d’abord pour son entraîneur : pas pour sa copine qui est en tribune, pas pour la famille, pas pour les politiques… Pour son entraîneur.”
Malgré des compétences indéniables et un état d’esprit souligné plus haut, le club connaît un retour en élite difficile. “L’effectif avait laissé beaucoup de jus dans la montée. Mais cela reste un bon souvenir parce que tu joues de grosses écuries et si, comptablement, ça ne passait pas, dans le contenu c’était toujours positif. Cette saison, malgré la descente, a posé la base de la suivante. J’aime à dire que tu commences une saison comme tu as terminé la précédente.”
Un corps qui dit stop en 2017
“L’arrivée de Mauricio Reggiardo avait fait du bien, elle avait renforcé le staff. La relation avec le public ne s’est jamais rompue parce qu’on ne trichait pas. Ça a donné une belle saison à la fin de laquelle on remonte. Malheureusement j’ai une blessure au dos qui se réveille, ironie du sort contre Béziers mon ancien club, et je termine là-dessus en 2017. Il faut alors travailler l’acceptation… Mais Agen étant un club familial et j’ai eu un accompagnement XXL pour préparer ma reconversion.”
Le corps meurtri et contraint de raccrocher, Marc Baget avait alors rendu publique son inquiétude quant à l’évolution de ce rugby qui broyait ses joueurs au rythme de cadences toujours plus élevées. Aujourd’hui, sa vision se veut plus optimiste : “L’intensité n’a pas cessé d’augmenter mais l’accompagnement va vraiment dans le bon sens. Ce qu’on demande aux joueurs, ce sont des performances de haut niveau tous les jours.”
“Physiquement, en termes de concentration, de décision, c’est très difficile. Mais le pendant à tout ça, c’est qu’il y a un super accompagnement. Sans ça, le joueur serait simplement devenu de la chair à canon et ce n’est pas le cas. C’était nécessaire pour que notre sport soit toujours considéré comme un sport noble.” Noble comme ces valeurs que le joueur a pu trouver au sein du SUA.
“Bravo à Jeff Fonteneau”
L’ancien troisième ligne a gardé un œil sur l’actualité du Sporting et n’hésite pas à louer les qualités de son président : “J’ai énormément de respect pour Jeff Fonteneau. Il a une capacité de résilience incroyable. Il a beaucoup été critiqué mais il a tenu bon. Les clubs qui fonctionnent sont ceux qui sont stables. La stabilité rassure. Un joueur pense à deux choses : ne pas avoir mal aux ischios le lundi et toucher son salaire sans problème à la fin du mois. Pour les ischios, il fait confiance à son entraîneur. Pour le salaire, à son président. Dans l’instabilité qu’a pu connaître le SUA ces derniers temps, il y avait intérêt à ce que la clé de voûte tienne. Et elle a tenu. Le public n’imagine pas la charge mentale que représente un poste de président de club. Bravo à Jeff.”

