La Halte de Monsempron-Libos ferme ses portes après dix-huit mois d’activité. Porté par Anne Flahaut, ce lieu de convivialité aura fédéré artisans, habitants et visiteurs autour d’un esprit de partage durable.
Ce dimanche 22 mars restera une date chargée d’émotion pour Anne Flahaut. Pour son dernier jour à la Halle, nous l’avons accompagnée du matin jusqu’aux derniers instants, rythmés par les échanges, les souvenirs et les témoignages de clients venus saluer celle qui a su donner une véritable âme à ce lieu.

Lancée le 16 juillet 2024 dans la Halle de Monsempron-Libos, La Halte s’est rapidement imposée comme un espace vivant, chaleureux et convivial. Bien plus qu’un bar ou une boutique, c’était un point de rencontre où l’on prenait le temps de discuter, de découvrir des produits locaux et de partager des moments simples. Chaque visite devenait une expérience, portée par une atmosphère bienveillante qui attirait un public fidèle et varié.
Une halle qui a su marquer les esprits
Originaire de Belgique, Anne Flahaut a imaginé ce projet début 2024 avec l’envie de créer un lieu ouvert à tous, mêlant épicerie, cave, artisanat et animations culturelles. Mais l’aventure a été fragilisée par les difficultés personnelles et de santé de son associé, la contraignant à porter seule l’ensemble du projet. Une charge importante, dans un contexte économique devenu plus incertain, qui a également freiné le développement des boutiques d’artisans locaux.
Malgré ces obstacles, La Halte aura marqué les esprits. Concerts, ateliers, expositions et événements ont ponctué ces 18 mois d’activité, contribuant à dynamiser le cœur du village. Une quinzaine d’entrepreneurs s’y sont succédé, générant des emplois et tissant des liens avec de nombreux partenaires locaux. Les jours de marché, la Halte devenait un lieu incontournable où l’on prolongeait volontiers sa visite autour d’un café en terrasse.
“Une expérience riche dont je suis fière”
Après plus d’un an et demi d’exploitation, les équilibres financiers restaient cependant trop fragiles. Anne Flahaut a fait le choix, lucide et courageux, de préserver sa santé et son énergie. Du 19 au 22 mars, les derniers jours d’ouverture ont permis de célébrer cette aventure dans l’esprit qui l’a toujours animée : partage, échanges et convivialité. Les nombreux témoignages recueillis ont souligné combien ce lieu avait compté pour ses visiteurs.
Si la page se tourne aujourd’hui, Anne Flahaut ne parle pas d’échec, bien au contraire. Elle évoque une expérience riche, dont elle est fière, et qui ouvre de nouvelles perspectives. Forte de son parcours, notamment dans l’accompagnement de projets et le soutien à l’entrepreneuriat, elle souhaite désormais se recentrer sur des activités de conseil et d’expertise, en particulier en faveur des femmes entrepreneuses.
La Halle s’apprête à être rendue à la municipalité en avril, avec l’espoir qu’un repreneur poursuive cette dynamique. Une chose est certaine : grâce à l’engagement d’Anne Flahaut, ce lieu a retrouvé une âme et une notoriété. Et si l’aventure de La Halte s’achève, son esprit, lui, continuera de vivre dans les souvenirs et, sûrement, dans un nouveau projet à venir.
Anne finit par cette citation : « Ne pleure pas parce que c’est fini, souris parce que c’est arrivé ».

