La licence IV a bouleversé le destin d’un restaurant toulousain. Après la pandémie de Covid-19 et un prêt de l’État lourd à rembourser, son patron a investi 180 000 € pour relancer son activité. Un pari risqué, mais gagnant.
Eric, patron du Bistrot des Carmes, l’affirme sans détour : “C’est la licence IV qui a sauvé mon établissement”. Installé depuis dix-neuf ans dans ce quartier emblématique de Toulouse, le restaurateur a vu son activité prospérer jusqu’au choc de la pandémie.
“À la sortie de l’épidémie, ce fut une véritable galère”, se souvient celui qui a commencé le métier à 16 ans. “J’ai traversé une accumulation de problèmes. Nous pensions repartir comme avant, mais les habitudes ont changé avec le télétravail, sans oublier le défi du personnel. À cela s’ajoute le remboursement du prêt garanti par l’État (PGE) qui, s’il a évité des faillites, pèse lourd aujourd’hui.” Eric entame désormais sa dernière ligne droite de remboursement, avec une mensualité de 1 800 €. “C’est un poids considérable.”

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“Tous n’ont pas eu ma chance dans la profession”
Face à l’érosion de ses marges, Eric a dû prendre des décisions drastiques : “Je n’y arrivais plus. Ma formule d’avant-Covid n’était plus tenable. Je suis passé au tout à la carte avec des prix plus élevés, mais la clientèle n’a pas suivi et la fréquentation a chuté. J’étais à deux doigts de mettre la clé sous la porte.”
Le salut est venu d’une opportunité rare : l’acquisition d’une “licence IV d’expropriation” – provenant d’un bar fermé du faubourg Bonnefoy – pour un montant de 180 000 €. Un investissement lourd, financé sur plusieurs années, qui a radicalement transformé le modèle économique du Bistrot.
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Le samedi salvateur
Grâce à ce précieux sésame, l’établissement dispose désormais d’une terrasse où les clients peuvent simplement prendre un verre. “J’ai installé la TV pour les matchs de rugby et l’ambiance musicale, instaurée dans le respect de la réglementation, a redynamisé l’établissement. Le samedi soir, les réservations affluent. Sans ce virage festif, j’allais droit à la casse.”
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Pour survivre, Eric a aussi réduit sa brigade : ils ne sont plus que trois, avec une plongeuse et un chef. Il ferme également le dimanche et le lundi, sauf aux beaux jours où il assure le service des cafés avec son épouse. Malgré sa résilience, le restaurateur redoute les canicules estivales et la concurrence des guinguettes saisonnières. “Je suis heureux d’avoir sauvé mon affaire après tant de sacrifices. Malheureusement, tous n’ont pas eu cette chance dans la profession.”

