La pénurie de saisonniers fragilise encore le tourisme lotois. Entre réforme de l’assurance chômage et nouvelles attentes des candidats, les employeurs rivalisent d’ingéniosité pour attirer la main-d’œuvre avant l’été.
Après une année 2024 déjà marquée par de nombreuses difficultés pour recruter, les activités de tourisme du Lot ont encore une fois fait face à une crise des saisonniers pour la saison à venir. Certains sont donc dans l’obligation de s’adapter aux nouvelles aspirations des candidats.

“Il est toujours très compliqué de trouver des saisonniers. Ce marché est différent de celui de l’emploi permanent.” C’est par ces mots que Mickaël Neveu pose le constat alarmant de la situation dans le département. Depuis sept ans, il anime l’activité du site Internet Lot, terres de saisons, une initiative de six communautés de communes pour favoriser l’attractivité de la région auprès des candidats potentiels. Après la crise du Covid et les mutations qu’elle a engagées dans le secteur du tourisme, le responsable de la plateforme a vu le nombre de candidats à l’embauche s’effondrer.
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Et pour cause, la réforme de l’assurance chômage est passée par là, de même que les demandes des employés, qui ont radicalement changé : “Depuis la réforme, beaucoup de saisonniers sont jetés au RSA car le calcul du paiement a changé. Les mois non travaillés sont désormais comptabilisés et la plupart des saisonniers ne travaillent que la moitié de l’année, poursuit le quadragénaire. Les candidats sont aussi plus concernés par la bonne tenue du droit du travail et demandent des avantages, tels que le logement, qui n’étaient pas forcément plébiscités auparavant.”
Cette transformation, Nathalie peut en témoigner. Elle est la gérante du camping Le Ventoulou, établissement quatre étoiles situé à Thégra, près de Rocamadour. “On a eu beaucoup de chance, se réjouit-elle, le téléphone dans une main et la lavette pour nettoyer un mobil-home dans l’autre. Nous avons pu recruter l’an dernier des jeunes filles du cru, qui ont besoin de payer leurs études, pour les tâches de ménage et elles acceptent de renouveler l’aventure cette année.” Une aubaine, donc, avec à la clé une astuce que doivent lui envier nombre de ses confrères : “Le bouche-à-oreille, tout simplement, confie-t-elle. Mais tout cela s’avère assez inattendu car il est toujours très difficile de recruter”, poursuit celle qui emploie douze employés en haute saison.
Près de 200 offres encore à pourvoir
Pour faire face à un manque de bras soudain, cette patronne a été prévoyante ; des aménagements ont été faits sur son camping : “Nous avions quatre vieux mobil-homes qui ont été rénovés exclusivement en cas de besoin pour nos saisonniers.” Un investissement qui risque de compter pour ce camping, à l’approche de l’été que les gérants espèrent meilleur que le cru 2024, décevant.
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Deux cents, c’est ce que compte actuellement comme annonces le site Lot, terres de saisons. “Au fil de l’année, il y a toujours une centaine d’offres à pourvoir mais nous sommes dans la période où tout cela explose”, conclut Mickaël Neveu. En 2024, ce sont près de 1 300 candidats qui se sont inscrits et ont postulé sur l’année complète. Un chiffre qui témoigne des difficultés persistantes de recrutement. Tous espèrent désormais qu’elles ne viendront pas perturber leur activité économique et les touristes venus découvrir notre territoire.

