En dix ans, le Service de santé des armées a formé plus de 3 500 civils à Toulouse aux gestes qui sauvent dans les situations de type guerre ou attentat. Cette année encore, les stagiaires ont été réunis sur la base de Francazal du 1er Régiment du Train Parachutiste.
Attentats, catastrophes, guerre : comment faire face, lorsqu’on est soignant, à ces scénarios d’urgence ? Depuis dix ans, le module de médecine militaire de Toulouse a formé plus de 3 500 stagiaires avec le concours du Service de santé des armées (SSA), du SAMU 31 et des universités de Toulouse. Médecins, infirmiers, sapeurs-pompiers, réservistes ou étudiants se sont nourris de l’expérience des militaires pour appréhender les situations les plus complexes. La dixième édition du module vient de se dérouler sur le site du 1er Régiment du Train Parachutiste de Toulouse, sur la base aérienne de Francazal.
Sous le soleil et les rafales du vent d’autan, la simulation d’un théâtre d’opérations a permis de conclure les enseignements. Dans le scénario proposé, une section de dix militaires, casqués et armés, avançait autour d’un véhicule blindé avant d’être attaquée par surprise. Cinq blessés doivent être pris en charge pour des motifs différents : plaies multiples par balles, brûlures au niveau de la face et du thorax, éventration, blessure au bras, stress aigu.

À lire aussi :
VIDÉO. À Francazal, l’Armée forme les professionnels de santé au sauvetage au combat
Regroupés en haut de la butte, les stagiaires du module observent. Un haut-parleur diffuse les messages essentiels. “Neutraliser l’ennemi n’est pas de votre ressort mais l’analyse de la situation et un triage efficace pourront sauver le plus grand nombre de blessés possible”. Clélie Couzinet et Diane Vancaysseele, élèves en quatrième année de médecine, approuvent : “C’est important de voir cette médecine de terrain et d’apprendre à savoir réagir dans l’urgence pour sauver beaucoup de vies”. Curieux de découvrir la médecine militaire, Jules Joureau, Victor Attenza, Samy El Baghli et Malo Davout, également en quatrième année de médecine, ont retenu cette “manière différente de raisonner pour être efficace face à un grand nombre de blessés”.
À lire aussi :
VIDEO. À Toulouse, un centre unique au monde pour simuler toutes les catastrophes et s’entraîner aux situations d’urgence
“Faire un geste médical, c’est facile, s’organiser face à la masse de blessés, c’est plus difficile”
“L’objectif est de maintenir le lien entre l’armée et la Nation, de partager nos compétences en matière de sauvetage au combat, notamment pour savoir s’adapter au terrain et se mettre en sécurité. Et dans le contexte international actuel, avec une menace qui grandit partout, on sent l’intérêt chez les civils”, résume le médecin-chef Sophie, responsable de l’organisation du module.

“Tout l’enjeu de ces deux jours d’échanges était de transmettre des outils pour s’organiser en cas de crise, pour mieux gérer les blessés en quantité importante. Faire un geste médical, c’est facile, s’organiser correctement face à la masse de blessés et communiquer avec son équipe, c’est plus difficile. Un médecin manager d’équipe doit d’abord organiser sinon il va tuer des gens. Depuis 50 ans, nous n’avons jamais été aussi proches d’une catastrophe mondiale, il faut donc être prêts”, souligne le médecin-chef des services Luc Aigle, commandant du 11e centre médical des armées (CMA) de Toulouse.
“Nous sommes les enfants d’AZF et des attentats de 2012, on se comprend”
Plongés dans les mêmes scénarios d’urgence, civils et militaires apprennent à soigner côte à côte à Toulouse. Pour ce dixième anniversaire du module de médecine militaire, le 11e Centre médical des armées (CMA 11) vient d’intégrer le Centre de réponse à la catastrophe (dont le bâtiment de simulation unique SENS permet de s’entraîner dans toutes les conditions) aux côtés de la préfecture, de l’agence régionale de santé (ARS), du CHU de Toulouse, du SAMU, du conseil départemental (SDIS), et de l’université de Toulouse sous la forme d’une convention commune signée le 18 mars 2026.
“Nous sommes les enfants d’AZF (le 21 septembre 2001, l’explosion de l’usine a fait 31 morts et 2500 blessés), nous avons vécu les attentats de 2012 et nous avons travaillé ensemble dans les vaccinodromes pendant le Covid. On se connaît, on parle le même langage, on se comprend et on se fait confiance. C’est crucial pour pouvoir affronter des crises de longue intensité”, déclare le medecin en chef Jean-Philippe Durrieu, officier adjoint de réserve du CMA 11.

