À 48 heures du choc à Bordeaux, ce dimanche 22 mars à l’occasion de la 19e journée de Top 14 (21h05), l’ailier international des “rouge et noir” a confié n’avoir aucun complexe face à la ligne de trois-quarts girondine.
Quel regard portez-vous sur l’UBB et ses trois-quarts ?
On connaît leurs qualités depuis quelques années. Ils ont eu la chance de constituer une ligne de trois-quarts qui évolue au plus haut niveau maintenant. On l’a vu pendant le Tournoi avec des joueurs d’exception. Après, le rugby se joue à 15 et on a la chance d’avoir des avants, même s’ils ont un gros paquet d’avants aussi. Et ça reste un match de rugby à 15 contre 15, où l’on espère pouvoir réaliser la meilleure performance possible collectivement. Et peut-être aussi individuellement pour rivaliser contre ces joueurs. Sinon, c’est sûr que ça peut être compliqué.
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Quand on joue à l’aile, est-ce qu’on passe un test face à ces joueurs ?
On nous parle de la ligne de trois-quarts de Bordeaux, on nous parle de la ligne de trois-quarts de Pau, mais ce que je sais, c’est qu’à l’intérieur de l’équipe, je pense qu’on a des grands joueurs aussi. Il y a la compétition entre nous à chaque entraînement et on arrive à se challenger entre nous. Alors forcément, là, on va se confronter avec peut-être un peu plus d’intensité physique. Mais je pense que c’est déjà bien aussi de regarder ce qu’on a dans le club, parce qu’il a réussi à bâtir en recrutant des joueurs qu’on voit évoluer le week-end. Il y en a qui sont arrivés récemment, d’autres un peu plus tôt dans les années passées. Donc c’est déjà très bien de réussir à se confronter à ces joueurs-là. Et après, forcément, on regarde ce qui se fait de mieux. Donc il y a les trois quarts de Bordeaux, comme vous dites. On va passer au révélateur un peu. Et après, il y a aussi les trois-quarts de Pau. On entend parler de beaucoup de monde mais j’aimerais bien qu’on se concentre aussi sur nous, qu’on regarde ce qu’on est capables de faire.
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C’est un match qui se joue depuis trois ans maintenant à la sortie de Tournoi. Est-ce particulier que les deux meilleures équipes françaises de ces dernières saisons ne puissent pas aligner tous leurs internationaux ?
Le calendrier, ce n’est pas nous qui le faisons. On essaie de s’adapter le mieux possible. Ce match, pour nous, c’est une fin de période de doublons qui se terminera officiellement pour nous face à Montpellier. Comme vous le savez, il y a des vacances à donner aux joueurs qui ont été utilisés durant le Tournoi, surtout qu’ils l’ont bien mérité au vu de leur trophée. Pour nous, c’est une fin de période de doublons, qui pour le moment s’est bien passée. Mais s’il y a une grosse déconvenue à Bordeaux, peut-être que le résultat final de nos doublons ne sera pas aussi propre que ce qu’il a été jusqu’à maintenant.
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Est-ce que l’absence de Grand Chelem fait que les internationaux ont encore faim après leur victoire finale dans le Tournoi ? Ugo Mola avait avancé celui réalisé en 2022 comme une des explications à l’absence de titre en club cette saison-là.
Je pense qu’Ugo a pu dire ça dans le passé pour piquer un peu et remobiliser ses joueurs. Après, je pense que vous connaissez le caractère de tous les internationaux, notamment de certains, et ça m’étonnerait qu’ils aient envie de laisser passer la chance de pouvoir réaliser une belle saison. Avec potentiellement, on l’espère, jouer des phases finales. Parce que pour gagner un titre, ça passera forcément par les phases finales. L’objectif, ils l’ont tous en tête, c’est d’aller chercher un titre. On est très contents pour eux, on les a soutenus pendant le Tournoi et je suis persuadé qu’ils vont revenir ici avec l’expérience en plus qu’ils auront accumulée pendant le Tournoi, et l’envie de faire de grandes choses avec le club parce que ça reste notre priorité.
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À titre personnel, savez-vous combien vous avez inscrit d’essais cette saison (11, son record est à 16, NDLR) ?
(Sourire) J’évite de compter parce qu’après, on va me le reprocher quand je marquerai un peu moins.
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Comment avez-vous vécu la période saccadée du Tournoi en termes de calendrier ?
Ce n’est pas une période que j’ai affectionnée. On joue, après on ne joue pas… On est obligés de rester en éveil, de s’entraîner un peu, parce que tu ne peux pas te permettre de lâcher le groupe toutes les deux semaines et de lui donner une semaine de vacances. Ce n’est pas possible. C’était une période qui était compliquée à gérer je trouve, même si on est plusieurs à prendre un peu d’âge, à prendre un peu de maturité, à pouvoir nous gérer. Mais moi, en tout cas, je préfère pouvoir enchaîner les matchs, être un peu dans le dur et trouver des plages de repos nécessaires en discutant avec le staff. Donc dans cette période un peu particulière, on a essayé d’optimiser le mieux possible bien sûr. Mais je pense que le club et les joueurs, on est très contents de pouvoir se dire que la fin de saison est lancée, et qu’on va pouvoir enchaîner des matchs. Avec cette période où on enchaîne, on coupe, on enchaîne, on coupe, on a l’impression qu’on retrouve là, au fur et à mesure de cette semaine, de bonnes sensations. Mais en tout cas, j’ai une confiance complète au staff de la performance physique qui nous a fait travailler de la meilleure façon possible. Des fois, il ne faut pas trop se poser de questions. Il faut accepter d’être peut-être un peu fatigué par moments. Et on sait que l’objectif, il est bien sûr à court terme mais surtout à long terme afin d’arriver dans les meilleures dispositions pour les matchs qui comptent.
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Quelle était l’ambiance à l’entraînement cette semaine après cette période ?
Tout le monde a envie d’en être pour la fin de saison donc les regards et l’intensité des entraînements ont été peut-être un peu surélevés cette semaine par rapport à une semaine où on ne va pas s’entraîner, où le groupe est réduit, où tu as 15 internationaux (absents), où ça flotte un peu. Bien sûr, les semaines de match, et on l’a montré sur les doublons, on était concentrés, il y avait un état d’esprit remarquable. Ça a permis de faire des victoires au Stade Français contre Montauban, contre Bayonne. On est là pour assumer notre statut mais c’est sûr que la semaine d’après, quand tu ne t’entraînes pas, bon… Heureusement que le club arrive à trouver des activités, on s’organise des petits barbecues pour resserrer le groupe.
L’avantage conséquent dont vous disposez au classement compte-t-il dans la préparation ?
Bien sûr qu’on est au jus du classement, parce qu’on sait très bien que si on veut exister dans les deux conditions, le classement et les points sont importants pour surtout se donner du temps et de la marge de manœuvre pour la fin de saison. Maintenant, nous, on a un contexte. Eux, ils ont leur contexte. Et nous, on aime se concentrer quand même sur nous. Bien sûr qu’on a analysé l’équipe de Bordeaux, mais plus de manière stratégique. Leur contexte, leur nombre de points et tout, ça, ce n’est pas de notre ressort. Donc, nous, on y va pour faire la meilleure performance possible et surtout montrer un beau visage du Stade Toulousain.
Avec l’expérience que vous avez, est-ce compliqué de mettre la machine en marche en début de partie après une coupure de ce genre ?
On a accentué le côté physique à l’entraînement. Ce qui va être important et va nous resserrer très vite dans le match, j’espère, c’est cette entame de match. On sait qu’ils sont performants là-dessus, donc on est prévenus. Et après, si on arrive à les contrer pendant ces 20 premières minutes, on verra si notre jeu arrive à se mettre en place comme il faut. Mais je pense que les automatismes maintenant, avec les joueurs qu’il y aura sur le terrain, reviendront vite.
Romain Ntamack, dont vous êtes proche, va faire son retour. Le sentez-vous mort de faim ?
Déjà, je le sens personnellement affûté. Je partage forcément beaucoup de temps avec lui en dehors des terrains, mais aussi surtout sur le terrain, dans les salles de muscu. On connaît le sérieux de Romain, tout le monde est au courant et je pense qu’il a essayé d’optimiser le plus possible son travail physique pour essayer d’arriver le plus prêt possible. Je pense qu’il lui tardait de retrouver les terrains, retrouver les copains, retrouver cette sensation de jouer rugby parce que c’est vrai qu’il a été pas mal embêté avec quelques pépins physiques. Quand il était proche d’un retour, il a eu une petite rechute, mais ça fait partie de la vie d’un sportif de haut niveau. Et après, je n’ai aucune inquiétude sur le fait qu’il reviendra très vite aux manettes de l’équipe pour espérer nous emmener le plus loin possible.
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Vous n’avez pas de doutes sur sa capacité à retrouver son niveau après sa longue absence et le fait d’avoir manqué le Tournoi ?
Vous doutez, vous ? Non ? Moi non plus. Non, je n’ai aucun doute. On le sait, Romain, c’est un compétiteur. Bien sûr, comme tout compétiteur, quand on n’est pas d’une aventure comme celle qu’a faite l’équipe de France, ça peut nous frustrer. Mais c’est la vie, il s’est blessé, il en est conscient, il a travaillé. Pour connaître Romain, il y a eu de la frustration, mais il y aura aussi de la frustration si à la fin de la saison, on n’arrive pas à aller chercher quelque chose pour le club. Ou s’il a l’impression de ne pas être performant pour le club. Ça, ça le frustrera peut-être encore plus. Je sais qu’il s’est donné les moyens d’arriver physiquement prêt pour la fin de saison, j’espère que tout va revenir pour lui, qui va nous amener. Et après, mentalement, je ne pense pas qu’on ait de doute à avoir sur Romain. Bien sûr que ça arrive à tout le monde d’être dans le dur, mais bon, je pense qu’il y a quelques joueurs sur lesquels on peut éviter de doute.

