March 21, 2026

Position debout, itinérance, manque d’accès aux WC : comment l’endométriose gâche (aussi) la vie au travail

l’essentiel
Vendredi 27 mars 2026, le service de prévention et de santé en milieu de travail interentreprise (SMTI 82) propose un cycle de conférences gratuit et ouvert à tous, à Montauban, dans le cadre de la journée internationale de l’endométriose. Une maladie qui génère de grandes répercussions au travail, notamment.

C’est une pathologie invisible, souvent douloureuse, longtemps taboue. Dans le cadre de la journée internationale de l’endométriose, le 28 mars, le service de santé en milieu de travail interentreprises de Tarn-et-Garonne (SMTI 82) organise un cycle de conférences* gratuit et ouvert à tous, le vendredi 27 mars 2026. L’an dernier, pour la première édition de l’opération, près de 150 personnes avaient fait le déplacement. Le Dr Gwénaëlle Iarmarcovai explicite les enjeux d’un tel événement.

Qu’est-ce que l’endométriose ?

L’endomètre est un tissu qui évolue en fonction du cycle menstruel de la femme. Il desquame pendant les menstruations. Mais c’est un tissu diffus qui peut atteindre jusqu’au diaphragme. Il crée alors des adhérences puis des réactions inflammatoires car l’organisme détecte qu’il n’est pas à sa place, comme pour tout corps étranger. Mais la douleur est propre à chaque femme et surtout, elle n’est pas liée à l’importance de l’endométriose.

Comment cette pathologie se manifeste-t-elle ?

Elle touche une femme sur dix en âge de procréer. Soit le même taux que le cancer ou le diabète. Parfois, on a des douleurs pour uriner, lors de rapports sexuels et l’endométriose peut entraîner l’infertilité. Les nodules se transforment en kystes puis en adhérences et en fibrose, ce qui peut expliquer que le ventre durcit et qu’il fait mal. C’est souvent la douleur qui guide l’intervention. Cela ne relève jamais d’une urgence vitale mais il s’agit d’une chirurgie très invasive.

Le ruban jaune est le symbole de la lutte contre l’endométriose.
Le ruban jaune est le symbole de la lutte contre l’endométriose.
DDM – GERALDINE JAMMET

Comment savoir si on développe une endométriose ?

Pendant longtemps, l’endométriose a été banalisée et aujourd’hui encore, on estime qu’il y a 7 ans d’errance médicale avant de se voir poser le bon diagnostic. D’où l’importance d’une bonne filière de soins avec IRM et lecture d’un professionnel aguerri. Notre objectif est de faire en sorte que les femmes soient bien orientées et bien accompagnées.

Ce qui explique aussi pourquoi les professionnels auxquels vous avez fait appel sont tous de la région…

Oui. Les gynécologues Frédérique Renouvel et Carlo Arrellano, viennent du CH de Montauban et d’ailleurs, c’est très bien qu’il y ait un homme… On pourra aussi compter sur l’intervention de Charlène Dezou, qui est sexologue et psychologue. Sans bien sûr oublier la présence d’EndoFrance, l’association nationale des patientes dont la marraine est Laëtitia Milot, l’actrice de la série Plus belle la vie. Je précise au passage qu’en fin de matinée, une tombola sera proposée avec des livres à gagner, dont ceux de Laëtitia Milot qui a été touchée par la maladie.

Au-delà de l’événement du 27 mars, quel rôle joue la médecine du travail dans la lutte contre l’endométriose ?

Il est important de faire reconnaître sa pathologie en tant que travailleur handicapé. Cela permet, par exemple, de solliciter du télétravail lorsque les règles sont abondantes et douloureuses. Moi, je suis une dame qui travaille comme conductrice de poids lourds et pour elle, l’endométriose a beaucoup d’impact sur son travail. L’itinérance, le manque d’accès aux toilettes… Je pense aussi au port de charges ou tous ces métiers en posture debout. En tant que médecins du travail, nous pouvons accompagner les professionnelles pour une reconversion. Notre rôle est de les orienter et en visite, on a plus de temps qu’un généraliste. On voit les apprenties dès l’âge de 16 ans donc on peut aussi jouer un rôle pour une détection précoce puisque des tests existent. Même certains salariés hommes nous posent des questions pour leurs ados.

Prononcez-vous beaucoup d’inaptitudes en lien avec cette maladie ?

Pour ma part, j’assure le suivi de 13 000 salariés et en moyenne, 200 d’entre eux font l’objet d’une inaptitude chaque année, dont deux à cause de l’endométriose.

Est-ce qu’on en parle plus qu’avant ?

Oui, clairement. Pendant longtemps, l’endométriose a été un peu taboue mais les jeunes générations sont plus libérées.

*Rendez-vous de 8 h 30 à 13 h 30 à l’auditorium du SMTI 82, au 80 avenue Gambetta, à Montauban. Entrée libre et gratuite. Pour connaître le réseau de professionnels de sa région : www.endofrance.org et www.endoccitanie.fr

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