À quelques jours du second tour qui pourrait faire basculer Toulouse sous la bannière LFI, les acteurs de l’immobilier dénoncent un programme démagogique et inefficace.
À Toulouse qui enregistre la plus forte croissance démographique de France et qui peine à loger ses habitants, le candidat insoumis François Piquemal veut instaurer l’encadrement de loyers : une mesure qui empêcherait les loyers de suivre l’inflation et donc d’augmenter. Alors que la Ville rose a subi de plein fouet les effets de la crise immobilière, les experts du secteur craignent pourtant que cette mesure ne porte un coup de grâce à tout le secteur.
“Une mauvaise idée”
” Nous avons déjà mis en garde les candidats, si nous sommes contre l’encadrement des loyers, ce n’est pas par corporatisme mais simplement parce que c’est contre-productif pour augmenter l’offre de logements à Toulouse, rappelle Sébastien Bénet représentant de la Fnaim en Occitanie. D’ailleurs, comme à Lyon, la Fnaim déposera un recours contre cette mesure à Toulouse ; et face à la démagogie nous opposerons le pragmatisme”, avance-t-il.
Ce projet phare du programme de François Piquemal est aussi qualifié de fausse bonne idée par Lydie Rodriguez, la nouvelle représentante départementale du syndicat immobilier et dirigeante d’Elyades. Celle qui gère un portefeuille de gestion et syndic de 23 000 logements dont 40 % à Toulouse, a déjà constaté les effets de l’encadrement des loyers à Grenoble et Montpellier. Dans la cité languedocienne, cette mesure a été mise en place en 2022 et n’a pas résorbé la tension locative. L’offre d’appartements à louer s’est tarie et le marché s’est figé.
À l’arrivée, ce sont les ménages qui trinquent
“La conséquence d’une telle décision est connue d’avance et elle est catastrophique., assure-t-elle car en voulant donner du pouvoir d’achat aux ménages, c’est l’effet inverse qui se produit. Les bailleurs voient en effet leur plan de rentabilité dégradé et n’hésitent pas à revendre leurs biens. Ceux qui les conservent font des arbitrages en renonçant ou reportant leurs travaux de rénovation. À l’arrivée, ce sont bien les ménages qui cherchent à se loger qui sont pénalisés et de mon point de vue, l’urgence serait plutôt de se concentrer sur la construction de logements à Toulouse” explique Lydie Rodriguez.
Le danger de mettre un secteur à l’arrêt
Mais sur ce volet, les intentions du candidat François Piquemal, de remettre la production de logements neufs à la main des bailleurs sociaux, inquiètent fortement les promoteurs privés de la place toulousaine. La profession qui se sent déjà injustement stigmatisée, y voit une catastrophe annoncée. “Les bailleurs n’auront ni les fonds propres, ni les moyens opérationnels pour ça, et ce n’est pas la Ville de Toulouse qui les finance”, font remarquer les promoteurs qui pointent ” les promesses démagogiques de ceux qui n’ont jamais été aux affaires, avec à la fin un seul risque : mettre à l’arrêt tout un secteur qui va déjà bien mal. “

