Une plateforme pédopornographique du dark web a été démantelée en 2024. Un homme d’une trentaine d’années, arrêté à Toulouse, est soupçonné d’en avoir été le gestionnaire durant deux ans.
La plateforme s’appelait “Alice in Wonderland”, en référence au livre de Lewis Carroll et à sa jeune héroïne. Mais on était très loin de l’univers poétique de l’auteur. Là, il s’agissait d’un site pédopornographique du dark web. Vendredi, un homme né en 1994 a été mis en examen et placé en détention provisoire pour l’avoir alimenté durant deux ans.
Ce trentenaire a été interpellé à Toulouse, il est soupçonné d’avoir été le gestionnaire du site qui a fait l’objet d’investigations durant deux ans, de 2022 jusqu’à sa fermeture en septembre 2024. L’enquête a été initialement ouverte en juin 2024 par la section de lutte contre la cybercriminalité. Les investigations ont ensuite été confiées à l’Office des mineurs (Ofmin). Selon le parquet de Paris, l’individu aurait créé des sections spécifiques et géré les utilisateurs du portail illicite.
Poursuivi pour détention et diffusion d’images de mineurs à caractère pédopornographique
Le parquet a requis sa mise en examen pour fourniture d’une plateforme en ligne permettant des transactions illicites en bande organisée. Il est également poursuivi pour détention et diffusion d’images de mineurs à caractère pédopornographique. D’après les autorités, le suspect est né en 1994 et opérait sous couvert d’anonymat.
La défense de l’accusé conteste la nécessité de l’incarcération immédiate dans l’attente du procès. Son avocat, Me Ambroise Palle, a déclaré à l’AFP que “ce type de dossier fait parfois basculer la détention provisoire, mécanisme d’exception visant à prévenir des risques strictement délimités, vers une condamnation morale avant jugement”. Avant d’ajouter que “la condamnation morale devrait rester prudente, car la consommation de pédopornographie correspond souvent à la dérive d’une addiction subie dans un contexte de solitude, plus qu’au choix délibéré d’un monstre. Dans ce contexte, un suivi psychologique semblerait plus adapté qu’une cellule”.
En novembre dernier, la justice allemande a déjà condamné cinq exploitants de cette même plateforme à des peines allant jusqu’à dix ans et demi de prison. Ce réseau international comptait, selon les rapports judiciaires, des centaines de milliers d’utilisateurs à travers le monde.

