March 14, 2026

DZ Mafia : 26 personnes mises en examen, deux rappeurs interpellés, 4 millions d’euros saisis… Que sait-on de l’opération "Octopus" contre le narcotrafic marseillais ?

l’essentiel
L’opération contre la DZ Mafia menée en début de semaine s’est soldée par 26 mises en examen dont deux rappeurs et un avocat. On fait le point.

C’est une opération “inédite”. Le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, a tenu une conférence de presse ce samedi 14 mars pour détailler le résultat du coup de filet mené entre lundi 9 mars et mardi 10 mars contre la DZ Mafia.

L’enquête commencée en 2024 a abouti à l’interpellation de 42 individus, qui s’est soldée par la mise en examen de 26 personnes, dont celle de deux rappeurs et d’un avocat, a-t-il détaillé. Parmi les chefs de mise en examen des personnes incriminées, le procureur a évoqué ceux de “groupement criminel […] blanchiment aggravé et participation à une organisation criminelle”.

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Deux rappeurs marseillais interpellés

Le monde du rap n’est pas épargné par la DZ Mafia. Le procureur de la République a expliqué que le réseau de narcotrafiquants avait tout intérêt à investir le monde de la musique afin de “diversifier leurs sources de revenus” mais aussi de “blanchir le fruit de leurs activités illicites”.

Selon le procureur, deux rappeurs marseillais, KITKVT et Dika, font partie des personnes mises en examen après le coup de filet de cette semaine. Le premier a été placé en détention provisoire, l’autre sous contrôle judiciaire. Depuis 2010, Dika a collaboré avec des artistes comme Naps et Alonzo et cumule quelques millions de vues sur YouTube.

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Un avocat soupçonné de corruption écroué

Un avocat figure parmi les 26 personnes mises en examen. Selon une source judiciaire à France Télévisions, il s’agit de Kamel Aissaoui. Il a été écroué à la prison de Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault). La justice le soupçonne d’avoir permis à un cadre de la DZ Mafia emprisonné de communiquer avec l’extérieur, alors qu’il était incarcéré dans une prison de haute sécurité créée par le gouvernement pour empêcher les narcotrafiquants de piloter leurs activités depuis leur cellule.

Selon le procureur, ce détenu a pu communiquer à l’extérieur via la ligne téléphonique ouverte par Kamel Aissaoui, ainsi que par l’ordinateur de ce dernier et des courriers de l’avocat, soumis au secret professionnel.

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4 millions d’euros saisis

Plusieurs biens ont été saisis à la DZ Mafia pour une valeur de 4 millions d’euros. Il s’agit notamment de téléphones, de tablettes utilisées pour les activités criminelles, “mais aussi des saisies numéraires, de la cryptomonnaie, la saisie de 12 biens immobiliers, pour une valeur de base de plus de 2,4 millions d’euros, des véhicules, des motos, des quads et divers objets de luxe et high-tech”, a expliqué Nicolas Bessone.

“Dans cette procédure, nous nous sommes attachés au blanchiment de proximité. Cette vague d’interpellations ne met pas un terme à la procédure, ce n’est que le début. Nous allons remonter les circuits de blanchiment plus sophistiqués”, a-t-il prévenu.

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Un réseau qui se féminise

Neuf femmes figurent parmi les personnes mises en examen, ce qui témoigne “d’une féminisation du narcobanditisme”, selon le procureur. La moyenne d’âge des personnes mises en cause est de 28 ans, un âge plus avancé que les “jeunes adolescents” qui servent de “chair à canon” au groupe.

Parmi les personnes interpellées, six “sont totalement inconnues de la police et de la justice et n’ont pas de casier judiciaire”, a aussi précisé le procureur. Un signe, selon lui, “qu’il faut dans leur environnement [celui des narcotrafiquants] des personnes qui ne touchent pas à la drogue ni au cash”. Nicolas Bessone a également estimé qu’ils “arrivaient au cœur de la structure”.

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