L’annonce du retour d’artistes russes après quatre ans d’absence pour la Biennale de Venise 2026 crée la polémique. De nombreux pays européens dénoncent la décision du président du président de cette expostion internationale d’art contemporain. L’UE menace de retirer ses aides.
Bannie depuis 2022, c’est un retour qui divise. La possible présence de la Russie à la prochaine édition de la Biennale de Venise crée des tensions entre Bruxelles et la fondation qui organise ce rendez-vous international de l’art contemporain. Près de 40 artistes russes doivent ainsi participer à l’exposition The tree is rooted in the sky (“L’arbre est enraciné dans le ciel”, en français) au sein du pavillon russe, situé dans les jardins de la Biennale.
Rapidement après l’annonce, des voix se sont élevées pour se désolidariser de cette décision. Le ministère italien de la Culture a déclaré que “la participation de la Fédération de Russie à la 61ᵉ Exposition internationale d’art de Venise a été décidée en toute indépendance par la Fondation de la Biennale, malgré l’opposition du gouvernement italien.”
La culture “ne doit jamais être utilisée comme plateforme de propagande”
La vice-présidente de la Commission européenne, Henna Virkkunen, a affirmé que l’exécutif européen pourrait aller jusqu’à retirer certaines subventions accordées à l’événement si la participation russe était confirmée. “Nous envisagerons des mesures supplémentaires, y compris la suspension ou la résiliation d’une subvention européenne”, a-t-elle assuré dans un communiqué, condamnant “fermement” cette autorisation à participer.
Selon Bruxelles, une telle décision serait difficilement compatible avec la position adoptée par l’Union européenne depuis l’invasion de l’Ukraine par Moscou en 2022. “La culture promeut et protège les valeurs démocratiques, encourage le dialogue ouvert, la diversité et la liberté d’expression, et ne doit jamais être utilisée comme plateforme de propagande”, a insisté Henna Virkkunen.
Le président justifie son choix
“La Biennale de Venise est une institution ouverte […]. Chaque pays reconnu par la République italienne peut demander sa participation de manière indépendante”, se défend de son côté l’institution sur son site. Elle affirme par ailleurs s’opposer à “toute forme d’exclusion ou de censure de la culture et de l’art”.
“La Biennale est un espace de coexistence pour la planète entière, avec ses géographies anciennes et nouvelles”, a assuré dans une interview au journal La Repubblica son président, Pietrangelo Buttafuoco. Ce dernier, considéré comme proche de la Première ministre italienne d’extrême droite Giorgia Meloni, a pris ses fonctions en mars 2024.
Aucune décision définitive
L’Ukraine a également appelé les organisateurs à revenir sur leur décision. Kiev estime que la présence d’un pavillon russe à la Biennale enverrait un message contradictoire alors que la guerre se poursuit sur son territoire.
Organisée tous les deux ans, la Biennale de Venise réunit des artistes et des pavillons nationaux venus de dizaines de pays. L’événement est financé par plusieurs sources, dont des fonds publics italiens et européens. La prochaine édition doit se tenir du 9 mai au 22 novembre 2026. À ce stade, la direction de la Biennale n’a pas annoncé de décision définitive concernant la participation de la Russie.

