March 12, 2026

Guerre de la chocolatine à Toulouse : le duel judiciaire entre la "Coupe" et le "Championnat" s’intensifie

l’essentiel
Accusations de vol, dépôt de plainte, démentis formels de l’autre et annulation d’événement : le conflit entre la “Coupe” et le “Championnat” du monde de la chocolatine s’envenime, à Toulouse

L’Association “Coupe du Monde de la Chocolatine et du Pain au Chocolat”, créatrice du concours éponyme depuis 2019, a engagé une offensive judiciaire d’envergure. En ligne de mire : d’anciens membres, dont son ex-secrétaire général, accusés d’avoir tenté de s’emparer de l’événement en créant une structure au nom quasi identique : le “Championnat du Monde de la Chocolatine”, à l’automne dernier.

L’histoire de ce concours prend racine en 2019 sous l’impulsion de la “Ligue Fraternelle des Artisans”, présidée par Géraldine Laborde. En quelques éditions, l’événement est devenu un rendez-vous international incontournable, fédérant des artisans de plus de vingt pays autour de l’emblème du patrimoine gascon. Mais en août 2025, des dissensions internes éclatent lors d’une réunion présidée par la fondatrice, Géraldine Laborde. Selon l’avocat de l’association, Me David Nabet-Martin, une stratégie de départ se met alors en place : “Certains étaient en train de monter une structure parallèle.”

” Repreneurs légitimes”

La manœuvre dénoncée est aussi directe que brutale. En remplaçant le mot “Coupe” par “Championnat”, les dissidents auraient siphonné les actifs de l’association initiale : fichiers contacts, modèles de contrats, logos, et même l’accès à la messagerie officielle. Plus grave encore, ils se seraient présentés auprès des partenaires, “comme le MEETT, en tant que”repreneurs” légitimes, arguant que Mme Laborde n’était plus en capacité de gérer l’événement.

Face à ce qu’elle qualifie d'”escroquerie”, l’association historique ne compte pas capituler. Une plainte a été déposée auprès du procureur de la République de Toulouse pour abus de confiance, vol, escroquerie, faux et usurpation d’identité. Un signalement au préfet de la Haute-Garonne et une mise en demeure ont également été adressés.

Si la compétition litigieuse prévue au MEETT est aujourd’hui annulée, le combat continue. Géraldine Laborde et son conseil préparent un “complément de plainte” alors que “de nouveaux témoignages de pressions exercées sur des candidats” font surface. L’objectif est clair : protéger six ans d’investissement et d’éthique artisanale.

“Instrumentalisation médiatique”

En réponse à ces accusations, le Championnat du Monde de la Chocolatine vient de publier un communiqué, dénonçant une “instrumentalisation médiatique” ainsi que “le fait de donner une
Importance démesurée à un différend”. Yann Bonneau, cofondateur historique aux côtés de Géraldine Laborde, réfute catégoriquement les griefs de vol, d’escroquerie ou d’abus de confiance. La défense s’appuie sur une chronologie précise : si la première édition a eu lieu en 2019, l’association de Mme Laborde n’a été officiellement déclarée qu’en novembre 2023, soit quatre ans après le lancement du concept par le binôme initial.

Les dissidents soulignent que le dépôt de la marque “Championnat du Monde” par la partie adverse n’est intervenu qu’en novembre 2025, soit un mois après la création de leur propre structure éponyme, dénonçant ainsi une tentative de récupération a posteriori. Ils affirment avoir agi en toute transparence dès l’été 2025 suite à des désaccords profonds sur la gestion interne. “Nous n’avons jamais œuvré dans la clandestinité”, martèlent-ils, précisant qu’ils n’ont à ce jour reçu aucune assignation ni convocation de police.

Le communiqué insiste également sur le fait que l’annulation de l’édition 2026 au MEETT relève d’une décision “de bonne foi” pour éviter de léser les partenaires, tout en regrettant que les revendications de Mme Laborde n’aient pas été formulées plus tôt. Enfin, le collectif rappelle l’absence totale d’enjeux financiers pour ses membres, tous bénévoles, et appelle à laisser la justice “exercer son office loin du tumulte médiatique, afin de replacer l’artisanat au cœur du débat”.

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