l’essentiel
Florent Capdebarthes prend la relève de son père et poursuit le style de la marque Maxcapdebarthes. Créée en 1985, la marque aveyronnaise poursuit une tradition familiale tout en collant aux évolutions de la mode. Avec des créations qui misent sur l’élégance et la durabilité.
Classée Entreprise du Patrimoine Vivant depuis 2009, la marque Max Capdebarthes s’est imposée par ses créations comme une valeur sûre et fêtera l’année prochaine ses 40 ans. Fidèle à une tradition familiale, Max son fondateur a marché sur les traces de ses parents, Denise et Georges, qui étaient eux-mêmes artisans maroquinier à Sauveterre-de-Rouergue, en Aveyron. Et après un petit tour de France pour se former, il est revenu au pays. En 1987, il a l’idée de se lancer dans la fabrication d’étuis pour couteaux, une autre tradition aveyronnaise. Il le fait sous son nom, lançant par la même occasion sa marque, mais il le fait aussi en sous-traitant. Par sa formation, il maîtrise les gestes, il maîtrise le travail du cuir, et, hasard du calendrier, un peu plus au nord mais toujours en Aveyron, cette même année voit la naissance de la Forge de laguiole, coutelier qui va relancer et réinventer le traditionnel compagnon. Il y a un engouement pour cette nouvelle génération du célèbre couteau, engouement qui touche aussi les étuis. Ils sont personnalisables à la demande, bien évidemment faits à la main et dans des cuirs à la qualité irréprochables. Max Capdebarthes plante ainsi ce qui sera la fondation de sa démarche, un style classique, une pointe de modernité, des possibilités de variations pour personnaliser l’étui et une durabilité qui force le respect…
Florent Capdebarthes s’est formé à tous les métiers de la filière cuir
Des années plus tard, son fils Florent a rejoint l’entreprise et s’apprête à lui succéder. La marque est connue et reconnue pour ses créations et ses collections. En 1998 Max avait lancé une seconde marque, « Cuir d’Aubrac » qui propose, « et c’est unique » souligne Florent Capdebarthes, « la traçabilité d’une peau, de l’élevage jusqu’à l’abattoir ».
Depuis, les projets s’enchaînent, la gamme s’étoffe aux articles de bureau en passant par la petite maroquinerie pour hommes. Mais c’est la gamme dédiée aux femmes qui retient l’attention, par ses lignes, ses détails, le soin apporté aux finitions et la diversité des peaux proposées.
Dans les ateliers de Sauveterre-de-Rouergue
Fabriqué à la main
Dans l’atelier baigné de lumière, et qui se visite à la demande, toute l’équipe est au travail. Le planning du jour est établi selon le carnet de commandes, et chacune est à son poste avec des tâches bien réparties, bien précises. Tout commence par le choix de la peau. Florent Capdebarthes en prépare justement une qui va servir à un modèle qui sera vendu sous la marque « Cuir d’Aubrac » ! Elle a été tannée dans le Cantal, le tanneur a choisi les vaches pour la qualité de leurs peaux. « Ici, on voit des piqûres d’insectes ; là, elle s’est accrochée à un fil de fer barbelé, cette une vache était en estive » détaille-t-il. Une fois travaillée la peau d’un brun déjà un peu patiné est remarquable au toucher. « Et elle va durer dans le temps » souligne encore Florent qui commente les différences entre les deux productions, « Cuir d’Aubrac » et « Maxcapdebarthes » : « pour la première, les cuirs sont plus bruts, mais ensuite, on les montera avec de très belles finitions ». Cet aspect brut rappelle les racines, le pays, la tradition du sac de travail. Florent Capdebarthes est passionné, il a rejoint l’entreprise depuis près de deux ans mais avait très jeune su qu’il travaillerait dans cet univers, à mi-chemin entre mode et artisanat. Pendant six ans, il s’est spécialisé dans la filière pour en maîtriser tous les rouages. Et en travaillant un an chez Hermès, il s’est en plus bien imprégné des codes du luxe et des exigences du créneau haut de gamme. C’est à lui qu’on doit l’apparition de la marque sur les réseaux sociaux notamment, et il a déjà quelques idées pour demain, pour d’autres actions, d’autres horizons.
Le sac iconique de la marque et une languette personnalisée en cuir d’autruche
Les valeurs
La ligne de conduite de l’entreprise, pour les sacs, « c’est un style intemporel, des lignes simples, quelques détails originaux, des formats qu’on ne voit pas partout et, je le répète, cette durabilité qui est un peu notre ADN » insiste-t-il. En maroquinerie, on trouve 180 références, sans compter les nombreuses combinaisons possibles avec les couleurs et les détails personnalisables comme le sac Huguette avec une languette en cuir d’autruche (photo page précédente). « Pour les étuis à couteau, on arrive à 100 modèles différents » poursuit le créateur, « et là, on ne compte pas le travail sur mesure qu’on réalise à la demande et qui va intégrer des cuirs rares, des détails très travaillés. »
Max Capdebarthes en 2014 dans son atelier. DDM – DDM OCEANE LAPARADE
Et en matière de cuir, l’éventail est impressionnant. On trouve bien sûr le cuir d’Aubrac mais également du cuir d’autruche, des cuirs de reptiles (lézards, crocodiles, pythons) et des cuirs de poissons (du saumon ou du galuchat) à la texture assez originale.
Tout est Personnalisable
Le « sur-mesure » a fait la réputation de la marque avec bien évidemment la précision de la fabrication et ces détails qu’on ne retrouve pas ailleurs : « un jour on a eu une demande pour faire un casque de rapaces en or avec des incrustations de galuchat » se souvient Florent. Le bouche à oreille a fonctionné à plein, et les témoins sont unanimes sur cette durabilité qui fait la différence avec des productions industrielles ou semi-industrielles. Ici tout est fait main. Sans précipitation, c’est un peu l’éloge de l’artisanat, comme un écho à la tradition millénaire du village.
Retour à l’atelier : après le choix de la peau et de sa couleur, qui va varier en fonction du modèle à faire, c’est la coupe ! « Mais d’abord, on va lire la peau avant de la couper, à la main ou à l’emporte-pièce » souligne le spécialiste. Ensuite vient la préparation, pour en général enlever de l’épaisseur et avoir un morceau homogène à travailler. « Chez nous, on fait beaucoup de sacs à l’envers » indique encore Florent qui détaille le processus de fabrication. Une multiplication d’étapes et d’opérations (plus d’une centaine pour un sac de taille normale). Viendra ensuite le temps du montage et du piquage, de l‘assemblage des différents morceaux de cuir.
Les outils pour travailler le cuir à la main
Urbain et chic
Le best-seller de la marque, le sac Huguette est monté sur un moule qui a été spécialement étudié, c’est un la quintessence du savoir-faire de la maison. « On compte de 3 à 6 heures pour faire un sac, mais certains peuvent demander plus de temps, jours selon le degré de finition » souligne Florent Capdebarthes en expliquant le fonctionnement et les spécificités des diverses machines à coudre en service dans l’atelier.
Dans un coin, la réserve des cuirs attire l’œil par la profusion des couleurs, qui tire des bruns aux noirs, des tons crème au rose en passant par les bleus et les mauves. Au poste montage des fermoirs, on voit que les finitions signent toute la démarche de Sabrina, Maude, Lorielle et Florent qui travaillaient ce jour-là. Les tranches sont teintées, les créations sont imperméabilisées et tous les sacs sont doublés d’une toile de coton bleu « pour rappeler la veste des artisans » pointe Florent. Et pour marquer cette appartenance à cette catégorie de créateurs qui aiment le travail bien fait, la belle ouvrage.
Plusieurs cuirs d’exception sont proposés
Ces produits urbains font appel aux racines, à la mémoire collective des temps anciens où on fabriquait pour durer.
« On aime faire des produits bien faits » conclut-il, fidèle aux valeurs, aux gestes qui se transmettent de père en fils et en même temps tourné vers l’avenir.