La flambée des prix du carburant inquiète les automobilistes Cadurciens. En une semaine, le gazole a grimpé de 15 à 20 centimes. Les tensions au Moyen-Orient exacerbent les craintes d’une inflation généralisée.
“Quelle honte. Je n’avais même pas vu”, souffle Mohammed. Ce samedi 7 mars, dans une station-service cadurcienne, celui qui tient son entreprise de bricolage s’est arrêté anodinement pour rajouter quelques litres de carburant dans son véhicule. Lorsqu’il réalise que le prix avoisine les deux euros, c’est la douche froide. “Je l’avais entendu à la radio, mais je n’ai même pas vraiment réalisé. Ils vont en gagner de l’argent. Le jour où j’en aurai marre, j’irai vivre ailleurs, où le carburant est moins cher”, s’indigne celui qui utilise sa voiture quotidiennement. Cette fois-ci, il ne mettra qu’une dizaine de litres de gazole.
Depuis le début des tensions au Moyen-Orient et le déclenchement de la guerre en Iran, le marché du pétrole est sous surveillance. Ce vendredi 6 mars, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a évoqué une hausse des prix de “5 à 15 centimes d’euros sur le SP95” et de “15 à 20 centimes sur le gazole”, en une semaine. Il a également affirmé qu’il n’existait aucun “risque d’approvisionnement à court terme”. Pourtant, dans les stations-service cadurciennes, les craintes sont bien présentes.
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“On vit dans un monde de fous”
“Ils sont venus en nombre cette semaine alors que le prix avait déjà augmenté”, note l’employée de la station-service, installée derrière son comptoir. Et, à l’heure du week-end, même constat. Stan s’avance sur son scooter. Il est venu refaire le plein. Le quadragénaire dresse un constat amer de la situation, bien au-delà de son pouvoir d’achat. “De 7,50 euros, je suis passé à 10. Mais on s’en doutait. Dès qu’il y a un conflit, les prix augmentent. Ça va foutre la merde partout, au-delà du carburant”, s’agace-t-il. Et de conclure, en redémarrant son scooter : “On est vraiment mal barrés. On est spectateurs de cette déchéance.”
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Derrière lui, arrive Lucas. Coffre vissé sur le toit, le trentenaire hésite en voyant le prix du carburant. “J’avais vu ça à la télévision mais je ne m’étais pas rendu compte. On vit dans un monde de fous. Après, on serait stupide de se plaindre quand on sait comment on vit”, soulève-t-il. Pour le Cadurcien, les risques pour les Français sont moins importants. “Je préfère payer plus cher mon carburant mais pouvoir passer Noël avec ma mère et ma sœur. Les problèmes sont ailleurs. On est dans notre tour dorée, on ne risque rien”, appuie-t-il.
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“On sera amenés à le revivre plein de fois”
Des constats que partagent beaucoup de Lotois venus remettre du carburant “mais pas le plein”. Mais pour Jean-Pierre et sa femme, la crainte, c’est surtout de voir une inflation généralisée. “Je suis agriculteur. Pour mon tracteur, j’en ai eu pour 600 euros. Il y a les engrais, les marchandises…”, soulève-t-il amer. Pour sa voiture personnelle, il est passé au gaz il y a plusieurs mois déjà. “Je pensais que ça allait être au-dessus de 1 euro. Mais finalement, je vois que la hausse va concerner les habitants qui se chauffent au gaz”, note celui qui vit à Saint-Géry.
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À la pompe derrière, Sandrine, âgée de 50 ans, s’arrête. L’ancienne aide à domicile s’inquiète pour ceux qui utilisent la voiture quotidiennement, pour travailler. “On n’a pas de pétrole en France. À chaque fois qu’il y a une guerre, c’est pareil. On est habitués. On sera amenés à le revivre plein de fois. C’est pénible”, souffle-t-elle. Et de conclure, amère : “Je suis très inquiète pour la suite. Ça va finir très mal.”

