April 10, 2026

Indemnités des élus : une opposition dénonce "un surcoût de 600 000 €" et prépare un bras de fer budgétaire

l’essentiel
Ce conseil municipal, consacré principalement à des questions d’ordre technique, mais aussi et surtout à la rémunération des élus, a donné le ton des débats à venir tout au long de la mandature : des oppositions qui ne laisseront rien passer.

Des bancs bien garnis, quelques curieux venus assister à ce conseil municipal et quelques dossiers au programme. Les oppositions au grand complet, Villeneuve c’est vous et Union pour Villeneuve. La mandature est belle et lancée.

Si le premier ne pose aucun problème, juste une réadhésion à une plate-forme de mise aux enchères de mobiliers municipaux, “dont les gains sont inscrits aux recettes du budget”, on entre dans le vif du sujet dès la deuxième discussion. La rémunération du maire.
Première surprise, que n’a pas manqué de souligner Thomas Bouyssonnie. “Nous avons reçu, la veille de ce conseil, deux nouvelles délibérations venant annuler et remplacer celles transmises dans le délai légal de cinq jours. Amateurisme ? Hésitation ? Remords ? Ou volonté de noyer le poisson dans des eaux troubles ? Je ne sais pas”.

Le premier concerne les indemnités de fonction allouées aux élus et le second la majoration de ces mêmes indemnités.
Et si Guillaume Lepers annonce qu’il est en dessous de 37 % des indemnités auxquelles la loi lui donne droit, et que l’augmentation des indemnités des adjoints et des conseillers est justifiée “de par le travail et leur investissement dans les dossiers”, cela ne suffit pas à convaincre, ni Geoffroy Gary ni Thomas Bouyssonnie.

Pour le premier, “l’exemple de Youcef Cherchari, le nouveau maire de Casseneuil, est à suivre. Il a baissé ses indemnités afin d’augmenter celles des adjoints et des conseillers. S’il en était de même ici, cela permettrait une économie de 400 000 € sur l’ensemble de la mandature. Je l’ai toujours dit et je le répète, la ville n’a pas les moyens de financer tout ça. Nous en débattrons lors du vote du budget”.
Guillaume Lepers, “très tranquille”, assume ses choix en répétant : “Beaucoup prennent du temps de leur vie et de leur travail pour effectuer ce qu’ils ont à faire pour la ville”.

“Un surcoût de 600 000 € par rapport au mandat 2020-2026”

Mais c’est Thomas Bouyssonnie, qui rentre dans les détails de ces dossiers, qui est le plus virulent et qui semble ainsi poser ses bases pour la mandature qui s’annonce : ne rien laisser passer.
“Avant de parler du fond, je veux dire quelques mots de la forme. Les délibérations soumises ce soir — avec leurs indices de référence, leurs taux de base, leurs majorations DSU et leurs majorations chef-lieu d’arrondissement — ne sont pas d’une lecture immédiate pour un conseiller qui ne serait pas rompu au droit de la fonction publique territoriale. Cette présentation des délibérations n’est pas illégitime en soi. Mais elle a un effet : elle masque les totaux. Elle rend très difficiles les comparaisons avec les chiffres du mandat précédent. Elle ne facilite pas l’information des membres du conseil, et singulièrement de l’opposition”.

De continuer et d’enfoncer le clou. “Ce qui est certain, c’est que ce sont les conditions dans lesquelles nous examinons ce soir des textes qui engagent près de deux millions d’euros d’argent public sur six ans. Nous avons fait le travail d’analyse que ces délibérations ne facilitaient pas. Et les chiffres parlent”.

D’attaquer également. “Votre premier réflexe en reprenant les rênes de Villeneuve, c’est de vous servir avant de servir les Villeneuvois. Je ne crois pas que s’augmenter de 25 % et porter à + 47 % la hausse de l’enveloppe globale figurait dans vos engagements de campagne. Ce n’était pas dans le contrat. Il y a tellement de choses à faire pour Villeneuve. Cet argent pourrait être tellement plus utile ailleurs.”.
Et de conclure. “Je le dis clairement, et sans animosité : Villeneuve-sur-Lot mérite des élus qui font de leurs administrés leur priorité absolue. Ce soir, les élus de la majorité ont fait d’eux-mêmes leur priorité absolue”.

Et si Guillaume Lepers continue d’assumer ses choix, il a tenu également à apporter quelques précisions sur ses rémunérations, “suite à des sous-entendus et des attaques sur les réseaux sociaux. Le 20 de ce mois, mes indemnités de député s’arrêtent et celles de maire ne me seront versées qu’au mois suivant. Il n’y a aucun cumul de ces indemnités”.
Sans surprise, les oppositions votent contre ces dossiers. Le conseil suit son cours. On passe à des votes techniques sur les membres des organismes extérieurs, un tout par l’isoloir pour la composition du CCAS, “C’est la loi qui l’impose”, les autres à main levée.

Le rendez-vous est pris pour les débats sur le budget, des débats qui s’annoncent déjà tendus.

source

TAGS: