Au Royaume-Uni, plusieurs employés de la police du Grand Manchester sont soupçonnés d’avoir simulé leur activité en télétravail. Un audit interne a révélé que certains utilisaient des objets posés sur leur clavier pour tromper les systèmes de surveillance.
Le télétravail a-t-il causé du tort à la police du Grand Manchester, au Royaume-Uni ? C’est en tout cas le constat qui a été dressé par des agents anticorruption venus inspecter les services de police locaux. Plusieurs dizaines d’officiers et d’employés civils étaient suspectés de frauder alors qu’ils se trouvaient chez eux, en télétravail, pour mener leur travail d’enquête. Un audit interne est venu valider les soupçons de la direction : nombre d’agents faisaient semblant de travailler à distance, racontent nos confrères de GB News.
Comment ? En lestant les touches de leur clavier pour faire semblant d’être actifs derrière leur écran. La police de Manchester avait en effet mis en place un dispositif qui permet à sa direction de surveiller à distance l’activité de ses agents et employés, et vérifier ainsi que tous sont toujours productifs. Pour contourner le dispositif, plusieurs travailleurs se contentaient de poser agrafeuses, canettes et autres cadres photo sur les touches de leur clavier, faisant ainsi croire à leur direction qu’ils tapaient à l’ordinateur. Nombre d’entre eux en profitaient alors pour vaquer à leurs occupations personnelles.
Des schémas anormaux de frappes
Officiers de police et employés civils ne se doutaient pas que les agents anticorruption détenaient un outil capable de détecter des schémas anormaux de frappes sur les claviers d’ordinateurs. “Certains membres du personnel appuyaient sur la barre d’espace pour faire semblant de travailler, mais passaient en réalité la journée à la salle de sport”, révèle une source interne auprès de nos confrères. Parmi les fraudeurs, “il y a bien quelques policiers impliqués”, complète cette source, mais il s’agirait surtout de “personnels administratifs”.
Le commissaire adjoint a tenu à exprimer sa gratitude à l’égard de l’unité anticorruption pour son travail, qui a permis d'”éradiquer les performances médiocres”. Au total, 28 personnes travaillant pour la police du Grand Manchester ont été épinglées, les agents anticorruption considérant que ces derniers avaient manqué à leurs obligations professionnelles. Quatre d’entre elles ont été licenciées, deux autres ont démissionné, mais de nouveaux départs forcés devraient prochainement être annoncés.
Au cours des trois dernières années, au moins une cinquantaine d’officiers et d’employés civils travaillant pour les services de police ont été licenciés en Angleterre et au Pays de Galles, en raison d’un non-respect des règles de télétravail.

