March 9, 2026

"Présenter ses produits à l’Elysée, un rêve devenu réalité" : développer un objet niche, le défi de cette entrepreneuse Lot-et-Garonnaise

l’essentiel
La Lot-et-Garonnaise Carole Capes-Montigny a créé son entreprise Eggstra il y a treize ans maintenant. Elle nous raconte le processus de création et comment elle a mis en lumière un produit aussi niche.

“Un matin, je me suis levée et l’idée m’est venue”, résume Carole Capes-Montigny. À première vue, le début de cette success-story peut paraître cliché, mais elle est tout à fait vraie. En tout cas, c’est de cette manière qu’a commencée le processus de création de l’entreprise Eggstra, et de son concept, pour le moins original. À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, la cheffe d’entreprise a eu l’opportunité de voir son portrait être inscrit avec celui de douze autres femmes dans le sixième tome de “Femmes lot-et-garonnaises”, créé par le Département, cette année dédiée aux cheffes d’entreprise.

Seule sur le marché

Formatrice dans une banque à Villeneuve-sur-Lot, c’est en 2013, à l’âge de 33 ans, que l’idée lui vient. “Je n’ai trouvé personne qui faisait ça. J’avais envie de mettre des objets dans des œufs.” Une année passe avant qu’elle ne crée son entreprise, Eggstra. “Cette année m’a servi à réaliser le projet techniquement, en trouvant un système efficace.”

Car oui, le concept d’Eggstra, c’est d’utiliser de vrais œufs et d’y placer des cadeaux à l’intérieur. “Au moment où je crée l’entreprise, nos filles avaient deux et quatre ans. Et en plus de ça, mon mari a lui aussi décidé de lancer son entreprise six mois après moi. S’en est suivie une période où chacun a joué le jeu pour la société de l’autre, c’était un combat mutuel qu’on menait l’un pour l’autre et l’un avec l’autre, en ayant chacun notre indépendance.” Elle réalise en suivant deux années de double activité professionnelle, avant de se lancer en société en 2017.

Dans le processus de création, plusieurs obstacles lui font face. Le premier, le développement technique. Quel outillage adapté pour reformer un œuf et simuler qu’il n’a jamais cassé ? Aucun. Elle décide alors d’automatiser son process et investit alors 80 000 euros dans un bras robotique, car douze étapes sont nécessaires pour obtenir l’objet final. “Ça valait le coup”, assure-t-elle. Pour un produit aussi “niche”, il n’a pas non plus été simple de créer un réseau. “Il était hors de question de jeter le contenu de l’œuf. Je me suis mis en rapport avec l’Œuf Gascon à Damazan, mais aussi Les tontons papas à Agen, qui proposent gâteaux et glaces.”

Mise en lumière

Son activité étant catégorisée dans les cadeaux originaux, elle a du mal à bien être référencée sur Internet. “On ne va pas s’en cacher, même si les années passent, la communication et la notoriété sont les maîtres-mots de tout développement.” Un autre moyen de gagner en visibilité réside dans la participation à des journées qui mettent en lumière l’entreprise, comme celle organisée par le département du Lot-et-Garonne.

Aussi, la participation à différents concours constitue une vitrine importante. Depuis qu’elle a créé son entreprise, elle participe et gagne le concours économique des Septuors 47, remporte le prix public du trophée Gustave. “Concernant les Septuors, j’ai su a posteriori que ma candidature avait été présentée et que j’avais été sélectionnée, sourit l’entrepreneuse [NDLR : c’est le jury des Septuors qui sélectionne les candidats. Seule l’édition de cette année est ouverte aux candidatures]. Ce genre de prix apporte de la visibilité, mais aussi et surtout de la crédibilité. Cette récompense, c’est une reconnaissance du travail, de l’idée, de tout ce qui a été fait.”

Représentée jusqu’à l’Elysée

Plus récemment, Carole Capes-Montigny a même eu l’occasion de représenter le Lot-et-Garonne à la grande exposition du “fabriqué en France” à l’Elysée. “Se dire qu’on part d’une idée un matin en se levant et arriver à présenter ses produits à L’Elysée, c’est un rêve devenu réalité quelque part”, conclut l’entrepreneuse.

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