Mojtaba Khamenei, en octobre 2024. – / AFP
Mojtaba Khamenei a été élu guide suprême iranien et succède à son père Ali Khamenei, tué au premier jour de l’attaque lancée par les Etats-Unis et Israël le 28 février, a annoncé l’Assemblée des experts ce dimanche 8 mars.
« L’ayatollah Mojtaba Hosseini Khamenei […] est nommé et présenté comme troisième guide du système sacré de la République islamique d’Iran, sur la base d’un vote décisif des membres respectés de l’Assemblée des experts », indique l’instance religieuse dans un communiqué relayé par les médias iraniens. L’Assemblée « invite la noble nation entière d’Iran, particulièrement les élites et les intellectuels des séminaires et des universités, à faire allégeance au guide et maintenir l’unité autour » de lui, a ajouté l’institution.
Mojtaba Khamenei est l’une des personnalités les plus influentes de la République islamique. Le nom de ce religieux de 56 ans circulait de longue date pour prendre le relais d’Ali Khamenei, même si ce dernier avait démenti en 2024 un tel scénario, alors que la Révolution islamique a mis fin à des siècles de monarchie héréditaire en 1979. Né le 8 septembre 1969 dans la ville sainte de Machhad (est), Mojtaba Khamenei est l’un des six enfants de l’ex-guide suprême – tué le 28 février à 86 ans après plus de trois décennies à la tête de l’Etat – et était le seul à avoir une position publique à défaut de fonction officielle. Son épouse, Zahra Haddad-Adel, a également été tuée dans les frappes américano-israéliennes.
Déjà une cible
En raison de sa discrétion, sa véritable influence a donné lieu à d’intenses spéculations durant des années au sein de la population iranienne comme dans les sphères diplomatiques. Portant une barbe poivre et sel et le turban noir des « seyyed », les descendants du prophète Mahomet, il a été présenté par certains comme le véritable patron, agissant dans les coulisses du bureau de son père, au coeur du pouvoir en Iran.
Il est considéré comme proche des conservateurs, en raison notamment de ses liens avec les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique. Cette relation date de son engagement dans une unité combattante à la fin de la longue guerre entre l’Irak et l’Iran (1980-1988).
Le président américain, Donald Trump, qui avait revendiqué jeudi d’être « impliqué » dans le choix du nouveau guide suprême, avait fait savoir qu’il n’accepterait pas que son fils prenne la relève. Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a averti mercredi que tout successeur à Ali Khamenei deviendrait « une cible ».

