La guerre au Moyen-Orient bloque une famille, originaire de Toulouse, au Sri Lanka. Leur vol annulé, ils font face à des coûts croissants et une incertitude pesante. Combien de temps cette situation durera-t-elle ?
“C’est une angoisse, on devient fous”, déplore Mélanie. Cette Toulousaine est partie en vacances le 21 février dernier au Sri Lanka, avec son mari et leurs deux enfants, de sept et dix ans. Alors qu’ils devaient embarquer pour leur vol retour le 6 mars, il est annulé quarante-huit heures avant le départ. En cause : l’instabilité géopolitique au Moyen-Orient, qui entraîne la fermeture de certains couloirs aériens.
Depuis, la famille vit un calvaire. Notamment pour obtenir des renseignements. Ils se sont directement rendus à Colombo (capitale du pays), à l’office de leur compagnie Qatar Airways, pour tenter de faire évoluer la situation.
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Ils sont replacés sur un trajet le 13 mars, mais l’incertitude persiste sur le maintien du vol. Alors que la rentrée scolaire a lieu ce lundi, la tension monte. “C’est dur de savoir que les enfants ne pourront pas se rendre à l’école. Quant à nous, enseignants, nous serons dans l’incapacité de reprendre nos postes.”
Plus qu’un repas par jour
D’autres billets sont bien à la vente mais “les prix ont flambé, jusqu’à 10 000 euros pour quatre”, s’insurge-t-elle. “C’est clairement impossible pour nous.” À bout de nerfs, ils ont tenté le tout pour le tout en réservant un nouveau vol auprès d’Emirates. Mais, coup de massue : il a aussi été annulé. “Le pire c’est que tout ne nous sera pas remboursé.”
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La plus grosse difficulté reste en effet financière. “Ce sont des pertes énormes, tous les jours des dépenses s’accumulent, pour les hôtels, la nourriture, etc.”, témoigne Mélanie. Elle et son mari ont dû se résoudre à rationner les repas, se limitant à un seul quotidien, pour préserver leurs dernières ressources et tenir sur la durée. “Puis on achète aux enfants un petit paquet de gâteaux pour qu’ils n’aient pas trop faim”, ajoute-t-elle.
“Ça devient très dur et on ne sait pas combien de temps ça va durer…” Leur véhicule étant stationné à l’aéroport de Barcelone, leur point de départ, les frais de parking ne cessent d’augmenter.
“On appelle l’ambassade tous les jours, mais ils ne savent rien… On est désemparés, on se sent seuls, isolés et sans soutien.” Sur les réseaux sociaux, un petit groupe de Français s’est formé pour s’échanger des informations. Mélanie et sa famille réfléchissent à rejoindre l’Inde, avec l’espoir de regagner l’Hexagone plus facilement.

