Vanessa Montagne, directrice générale de l’association Recycler Mon Véhicule, alerte sur les risques des filières illégales et détaille les solutions pour recycler son véhicule en toute sécurité.
On voit souvent des affichettes “rachat tout type de véhicule”. Que se cache-t-il derrière ces annonces ?
Derrière ces affichettes, on trouve très souvent des acteurs illégaux. Ils n’ont pas les autorisations nécessaires pour détruire administrativement un véhicule. Seuls les centres agréés peuvent procéder à la désimmatriculation et à la destruction officielle de la carte grise. En confiant sa voiture à un acteur non habilité, un particulier reste juridiquement responsable du véhicule. Il peut continuer à recevoir des amendes si le véhicule circule encore ou être impliqué pénalement si celui-ci est utilisé pour des activités illégales. Sur le plan environnemental, ces acteurs ne respectent pas les obligations de dépollution. Ils retirent seulement les pièces qui les intéressent et laissent carburant, huile ou pneus sans traitement adéquat.
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Comment un automobiliste peut-il reconnaître un centre agréé d’un acteur clandestin ?
C’est très simple : il suffit de se rendre sur la plateforme officielle mise en place par les pouvoirs publics, je-recycle-mon-vehicule.fr. Ce site, que nous appelons le guichet unique, permet de demander un enlèvement gratuit à domicile pour un véhicule complet ou de trouver la liste des centres agréés. Ces centres ont signé un contrat avec Recycler Mon Véhicule ou un constructeur et sont les seuls autorisés à effectuer la destruction administrative et la dépollution.
Vous demandez des sanctions contre ces affichettes illégales. Que souhaitez-vous exactement ?
Aujourd’hui, lorsqu’une affichette est collée sur un feu ou un panneau, il n’existe aucune sanction spécifique. La seule possibilité est de verbaliser l’affichage sauvage si la personne est prise sur le fait. Pourtant, ces affichettes comportent souvent un numéro de téléphone, mais la réglementation actuelle ne permet pas d’identifier les personnes derrière ces numéros. Nous demandons donc que la police municipale et la gendarmerie puissent remonter jusqu’à ces interlocuteurs pour démanteler ces réseaux. Ce serait un vrai levier pour assainir le marché et protéger les automobilistes.

