La défense rappelle les constatations des primo-intervenants
Un médecin urgentiste avait estimé après avoir constaté le drame qu’un seul chien ne pouvait pas être à l’origine de toutes les plaies. “Faut-il douter de l’expérience”, tonne le pénaliste bordelais face à la cour.
L’oncle d’Elisa Pilarski, Vincent L., et son avocat Me Terdem, quittent la salle en pleine plaidoirie de la défense. On ne connait pas la raison de cette sortie.
Quid de l’hypothèse de l’attaque en meute ?
Me Alexandre Novion questionne à nouveau sur la piste de l’attaque de plusieurs chiens : “Quand les légistes vont se pencher sur le corps d’Elisa, ils vont être frappés par le nombre et la répartition des plaies, qui donnent l’impression d’un encerclement. Comment ne pas s’interroger sur l’hypothèse d’une attaque de plusieurs chiens ?”
A son tour, Me Alexandre Novion déclare qu’il a été menacé à de multiples reprises
“Il y a une certaine ambiance, une certaine tension dans cette affaire autour de la chasse à courre”, affirme l’avocat bordelais qui se dit lui-même chasseur. “A un moment, j’ai cru que je défendais un mafieux calabrais”, ironise-t-il à propos de menaces dont il aurait été l’objet.
“Christophe Ellul est un homme détruit”
“Christophe n’a plus de vie depuis ce qu’il s’est passé. Il vit dans un placard. Christophe Ellul est un homme détruit… Je suis, avec sa sœur, sa dernière relation”, lâche l’avocat à propos de son client. “Le procès a été très dur pour lui”.
“Christophe est un taiseux et il ne sait pas bien démontrer ses sentiments”, assure son avocat en soumettant qu’ils formaient un couple aimant avec Elisa Pilarski. “Il est bourru et ne sait pas bien parler d’amour, mais il sait éprouver des sentiments”.
Le prévenu est assis sur le banc placé devant son avocat. Celui-ci plaide debout, penché vers l’avant et les mains posées sur son pupitre.
L’hommage Me Novion à la mère d’Elisa Pilarski, Nathalie
“Je ne peux pas ne pas saluer la dignité de cette dame que j’observe depuis le début du procès”, déclare l’avocat de la défense en parlant de Nathalie Pilarski qui “fait preuve d’une dignité incroyable”. “Sans haine”.
“L’image d’un chien de Baskerville, d’une bête du Gévaudan, d’un chien de l’enfer…”
Me Novion s’en prend aux médias et leur influence dans l’affaire. “Un virage a eu lieu dans le dossier lors d’une médiatisation pornographique et l’image qui va être donnée à tout le monde d’un chien obsédé par la morsure”, dénonce l’avocat. “Parfois, on a donné à Curtis l’image d’un chien de Baskerville, d’une bête du Gévaudan, d’un chien de l’enfer…”
Après la suspension, la parole est à la défense
Me Alexandre Novion remercie la cour pour commencer sa plaidoirie : “Vous avez permis dans un dossier difficile que le verbe puis circuler”, tonne-t-il de sa voix forte. “Vous avez permis que l’on puisse s’exprimer sans brandir le moyen de l’autorité et cela n’était pas gagné dans un procès qui est hors normes”.
“Le lien que j’ai avec Christophe n’est pas ordinaire et je vais essayer de vous faire partager ma connaissance de l’homme”, déroule le pénaliste bordelais. “C’est un homme véridique et non pas menteur”.
L’euthanasie demandée pour Curtis
Pour Curtis, la procureure requiert sa confiscation et son euthanasie. “Il vit sans affection et il est dangereux, il l’est sans doute encore plus aujourd’hui. Je ne vois pas comment je peux ne pas requérir l’euthanasie de ce chien”.
Christophe Ellul fond en larmes à l’énoncé des réquisitions.
Pas de peine de prison ferme demandée
La procureure Ortuno requiert une peine de quatre ans de prison avec sursis, plus une interdiction de détenir une arme pendant cinq ans. Elle demande d’écarter toutes les circonstances aggravantes.
La négligence, la troisième faute du prévenu
Christophe Ellul a laissé un chien comme Curtis à sa compagne enceinte de 6 mois. Une femme qui mesurait un peu plus d’1m50 pour un peu plus de 50kg. “Je ne vois pas bien quelle chance, elle pouvait avoir”, déclare la procureure Ortuno. “Il aurait fallu qu’elle fasse 4 fois le poids de Curtis pour le maîtriser, c’est à dire plus de 80kg”.
Le dressage au mordant, la deuxième faute de Christophe Ellul
En dressant Curtis à mordre, Christophe Ellul a créé un terrain pour que le chien attaque, selon la magistrate. “Que ce soit pour une simple morsure ou au pire pour ce qui est arrivé”. “Vous avez fait acquérir des réflexes de prédation à Curtis qui ont tué Elisa”, lance la procureure à Christophe Ellul.
Le comportementaliste a dit : “Curtis a été excité par les aboiements parce qu’il s’agit de l’ambiance d’un concours de mordant”. Une ambiance dans une forêt où Christophe Ellul fait faire du mordant à Curtis.
Laureydane Ortuno rappelle qu’en France, le dressage au mordant est interdit. Cela constitue la deuxième faute.
L’importation illégale de Curtis sur le territoire français, la première faute du prévenu
Parmi les fautes reprochées à Christophe Ellul : l’entrée illégale de Curtis, American Pitbull Terrier, sur le territoire français depuis les Pays-Bas avec falsification des documents d’identité.
Accompagné du couple Ellul/Pilarski, Curtis a participé à des concours illégaux d’American Pitbull Terrier, qualifié de “pure race”. “Il n’aurait pas pu participer s’il n’avait pas été un American Pitbull Terrier”. Ce qui tend à démontrer que son maître devait connaître la race de son chien. Autre élément troublant : son frère “Drago” n’a pas la même race que lui sur ses papiers d’identité.
Le prévenu a dit à sa fille Charlotte : “Les gens ont des Pitbull fiché comme des Staff, sinon personne aurait de Pitbull en France”.
Le fameux SMS, “Je le fais piquer”, une preuve selon la procureure
“Les gendarmes n’ont jamais fouillé votre téléphone”, lance la procureure pour contrer la thèse de l’intervention des enquêteurs. Le message a été retrouvé lors de l’exploitation du téléphone d’Elisa Pilarski. “Il a dit ensuite que le texto avait été envoyé 3 jours plus tôt, sans pouvoir dire qui il voulait faire piquer”. “Vous avez supprimé parce que vous saviez que c’était Curtis”.
“Au téléphone, vous avez assisté à l’attaque de votre femme et de votre enfant par Curtis”, lance Laureydane Ortuno. “Vous n’êtes pas directement responsable du dommage mais vous avez contribué à le créer”, rappelle-t-elle.
Les éléments troublants dans le comportement de Christophe Ellul le 16 novembre 2019
“Curtis a initié l’attaque”, selon la procureure Laureydane Ortuno. “Elisa vous appelle, vous et personne d’autre parce que vous êtes le maître du chien qu’elle n’arrive plus à maîtriser”.
Après l’appel, Christophe Ellul a prévenu son chef que sa compagne, qui hurlait au téléphone, avait eu un problème avec des chiens. À la voisine qu’il prévient en arrivant sur les lieux, le prévenu ne parle jamais de meute ou du fait que sa compagne ait été mordue. “A aucun moment, il ne dit cela à cette personne”.
Puis lors de l’appel aux secours, le prévenu a dit : “Elle sortait mon chien et je ne sais pas ce qu’il s’est passé. Elle est mangée. Mon chien est couvert de sang”. Là non plus, il ne mentionne aucune meute ou morsure. “Cela montre que lorsque vous quittez votre travail, vous savez que votre chien est responsable et que quand vous arrivez sur place vous voulez écarter Curtis de tout soupçon”.
“Il est possible que votre chien, la première fois où il a mordu, c’était pour tuer Elisa”
La procureure revient ensuite sur le rapport d’autopsie et les analyses vétérinaires. “Plusieurs plaies peuvent être liées à la même fermeture de mâchoire”, énonce-t-elle pour répondre aux interrogations sur le fait que Curtis ne morde qu’une fois et ne lâche plus. Ce qui montrerait qu’il n’aurait pas pu causer 56 plaies, selon la défense.
“On a vu que Curtis pouvait mordre plusieurs fois : la bénévole a été mordue deux fois à la cuisse, et monsieur Ellul a été mordu au bras et à la cuisse”, rappelle la magistrate qui continue en s’appuyant sur toutes les expertises vétérinaires. En effet, les mesures de crocs de tous les chiens liés à l’affaire ont conclu à la responsabilité de Curtis. Tout écartant celle de la meute de chiens de chasse, dont les crocs seraient trop grands pour correspondre.
Quant au comportement de Curtis : “Il est possible que votre chien, la première fois où il a mordu, c’était pour tuer Elisa”. Christophe Ellul accuse le coup. La procureure déroule son fil depuis près d’une heure. “Selon l’expert, Curtis a un comportement prédateur, il mord par plaisir. Plus on tire, plus le chien est excité et s’acharne”.
“Les chiens de chasse étaient dans le camion quand Elisa a été attaquée”
La procureure Ortuno s’attaque à l’horodatage et au déroulé des événements pour écarter la responsabilité potentielle de la chasse à courre. La descente des chiens du camion se fait entre 13h20 et 13h25, selon l’expertise de la montre d’un participant à la chasse.
“Puis, les participants vont du point de rendez-vous à celui du départ de la chasse. À ce moment-là, les chiens restent groupés. Puis, à 13h40, la chasse est ouverte. Le maître d’équipage part avec la meute, à l’opposé de là où se trouve Elisa Pilarski”, déroule la magistrate dans un propos clair et assuré. “La conclusion de l’expert, c’est que les chiens étaient dans le camion quand Elisa a été attaquée. Ente le camion et le corps, il y a 700 mètres et ce trajet ne peut pas être fait de manière directe, même par des chiens”.
“Je rappelle que Curtis a été retrouvé couvert de sang sur la scène du drame”
“Pas de non-assistance à personne en danger ou modification de scène du décès”
Dans son introduction, la procureure adresse une réponse aux doutes émis sur l’instruction du côté de la défense, après avoir félicité Me Novion pour son travail aux côtés de Christophe Ellul.
“La justice n’est pas pro ou anti. La justice se contrefiche de savoir si la chasse à courre est un lobby puissant. La justice, elle prend un dossier, elle cherche, elle réunit les éléments”, assure-t-elle avec autorité avant de lancer : “Je tiens à réaffirmer qu’il n’y a aucune trace de non-assistance à personne en danger ou de modification de scène du décès”.
Toujours sur son banc, Christophe Ellul pleure en écoutant la procureure de la République.
“Je ne vais pas faire durer le suspens, je vais demander à ce que vous soyez déclaré coupable”
“Vous avez l’air verrouillé, dans le déni”, la procureure Ortuno lance les réquisitions
La procureure débute son propos en s’adressant à Nathalie Pilarski pour lui témoigner de son admiration face à sa dignité. “J’aimerais que cette histoire commune, que l’on a étudiée, soit la nôtre”. Puis elle se tourne vers monsieur Ellul.
“Personne n’accuse monsieur Ellul d’avoir volontairement tué Elisa Pilarski”, déclare la procureure. “Vous êtes prévenu d’avoir créé le terrain pour que cela arrive”, lui lance-t-elle. L’homme, tout de noir vêtu pour le 3e jour consécutif, est enfoncé dans son banc. Il écoute, les yeux levés vers la magistrate.
“Vous vouliez des preuves, mais je ne sais pas où vous en êtes, vous avez l’air verrouillé, dans le déni…” La procureure Ortuno montre de la bienveillance envers le prévenu qu’elle considère comme une victime, aux premiers temps de l’affaire. “Je tenais à vous dire, que ce que j’ai ressenti, c’est que la mère d’Elisa aurait pardonné vos mensonges si elle avait pu connaître les derniers mots de sa fille”.
Me Miel, remplaçant de Me Salmeron, s’exprime pour l’association “Les amies de Sam”
L’association de défense des animaux, “Les amis de Sam”, est défendu par Me Arnaud Miel. Me Salmeron a dû partir, c’est donc le bâtonnier du barreau de Soissons, qui plaide à sa place sur sa demande.
Le public est venu en nombre pour assister aux réquisitions et à la plaidoirie de la défense
C’est la dernière ligne droite du procès de Christophe Ellul. Au programme de cet après-midi, une dernière plaidoirie de partie civile, le réquisitoire et la parole à la défense.
Le public, plutôt timide depuis deux jours, s’est déplacé en nombre en ce jeudi ensoleillé à Soissons. Les deux salles (principale et retransmission) sont pleines.
L’audience est suspendue. Une avocate de la partie civile manque à l’appel… Reprise à 14h.
L’avocate de l’association “Une niche pour tous” s’exprime pour la protection animale
C’est au tour de Me Isabelle Terrin, l’avocate de l’association “Une niche pour tous”, de s’exprimer. Elle se veut la voix de la protection animale.
L’avocate s’appuie sur les expertises déroulées ces derniers jours pour démontrer que “le conditionnement de Curtis relève d’un acte de maltraitance animale”.
L’avocate demande 1 euro de dommages et intérêts. “Je suis ici pour la défense de la cause animale et pas pour l’argent”.
80 000 euros demandés pour la mère d’Elisa Pilarski, 60 000 euros pour son oncle
“Je sollicite 80 000 euros au profit de Nathalie Pilarski et 60 000 euros pour Vincent L. (l’oncle d’Elisa)”, annonce Me Xavier Terquem pour conclure sa plaidoirie.
“Vous êtes dans le déni monsieur Ellul”
“Vous avez importé un chien interdit sur le territoire, il y a eu un dressage illégal”, énumère Me Terquem qui rappelle qu’Elisa Pilarski était enceinte de 6 mois. Il accuse le prévenu de négligence : “Vous avez commis des fautes caractérisées, monsieur”. Selon le conseil, Elisa Pilarski n’aurait pas été informée de la potentielle dangerosité de Curtis.
“Vous êtes dans le déni monsieur Ellul”, lance l’avocat, “et si vous l’êtes”, ajoute-t-il face à une réaction du prévenu. Me Terquem induit aussi que le prévenu aurait “manipulé” la famille Pilarski au début de l’affaire pour qu’ils accusent aussi la chasse à courre.
“Pourquoi attendre 1h20 pour appeler les secours ?”
Au tour de Me Xavier Terquem, avocat de la famille Pilarski de prendre la parole. “Monsieur Ellul vous avez commis de graves erreurs, dès le 16 novembre”, commence-t-il “d’abord, vous avez dit d’emblée, ‘c’est pas mon chien, c’est la chasse à courre'”. Ensuite, le conseil tarbais explique être dubitatif sur le fait qu’une muselière intacte ait été retrouvée près du corps d’Elisa Pilarski. Autre détail troublant selon lui : “Monsieur Ellul a essayé d’appeler sa compagne alors qu’il savait qu’elle était morte”.
Me Terquem revient sur le SMS: “Je le fais piquer” que le prévenu avait omis de lire aux gendarmes. “C’est la preuve que vous avez caché la vérité depuis le début”. Le message a été retrouvé dans le téléphone d’Elisa Pilarski, et il a répété cette phrase à la gendarmerie, après avoir été mordu par Curtis.
L’avocat, qui est resté silencieux pendant les débats, déroule d’un ton calme et très posé : “Pourquoi attendre 1h20 pour appeler les secours ?” Il s’adresse directement à Christophe Ellul, qui reste imperturbable, assis sur son banc, les yeux fixés devant lui.
“Qu’est-ce que Christophe Ellul a fait de Curtis ?”
L’avocat, lunettes en mains, continue son propos en prenant la défense des chiens de chasse : “La chasse à courre n’était pas à cet endroit-là, à ce moment-là”. Autre élément décisif selon lui : les mesures des crocs et des mâchoires de tous les chiens, qui ont exclu une potentielle responsabilité de la meute.
“Curtis n’est pas un chien comme les autres”, lance Me Demarcq pour justifier qu’il puisse “faire ce qui a été fait ce jour-là”. “Mais la question c’est : qu’est-ce que Christophe Ellul a fait de Curtis ?”, demande-t-il avant de rappeler l’acquisition sans certificats et les concours illégaux. “Il a été entraîné à sauter et se tenir à la force de sa gueule le plus longtemps possible”.
“Imaginez le calvaire qu’à vécu cette jeune femme ?” questionne l’avocat à la cour avant de rappeler les différentes attaques de Curtis qui ont fait suite au drame. “Il a attaqué son maître et sa sœur”. Pour conclure sa démonstration, Me Demarcq lance : “Le seul responsable, c’est Curtis”.
“Le drame a été instrumentalisé par des gens qui se fichait complètement de qui était Elisa Pilarski”
Pour le conseil de la société de chasse à courre, “le drame a été instrumentalisé par un certain nombre de personnes qui, je le dis, se fichait complètement de qui était Elisa Pilarski”. Il assure que lui, mais aussi une consœur, a reçu de nombreuses menaces de mort. “Des personnes se sont servies de la dépouille de la victime comme d’un marche-pied abject”.
Le conseil déplore une “médiatisation à outrance”. “Imaginez, sur une chaîne de télé, un homme s’est présenté comme l’avocat de Curtis…” Rires dans la salle.
“Il n’y a pas plus gentil d’un chien de chasse à courre, en 1 000 ans de pratique jamais une attaque sur l’homme n’a été constatée”, lance Me Demarcq en ajoutant même : “Je peux comprendre que Christophe Ellul ait fait l’association, sur le moment, mais toutes les vérifications ont été faites par la suite”.
Début des plaidoiries, Me Demarcq commence pour la partie civile
Me Guillaume Demarcq, avocat de la société de vénerie, est le premier à plaider.
Nathalie Pilarski, la mère d’Elisa, est à la barre et “n’a plus de doutes”
“Je n’ai plus de doutes grâce au travail de la justice : c’est Curtis qui a attaqué Elisa, et monsieur Ellul a cru que tout le monde complotait contre lui”, déclare Nathalie Pilarski, la mère de la victime à la barre.
“Si elle l’a appelé lui, c’est peut être car elle savait pas gérer Curtis à ce moment-là (…) elle savait bien que si elle appelait le 15, elle aurait été secouru. Si elle a appelé Christophe, c’était peut-être pour qu’il entende la voix de Christophe…” clame avec émotion la mère de la victime. Cette petite femme aux cheveux gris imagine les derniers instants de sa fille : “Est-ce qu’il a bien compris ? Les cris, la douleur… s’il y avait des aboiements de chiens”. Elle a dû mal à continuer et termine, “c’est tout”.
L’oncle d’Elisa Pilarski intervient brièvement pour répéter que Christophe Ellul est resté “dans le déni”. Le prévenu, lui, refuse de prendre la parole une dernière fois
L’audience est suspendue. La famille Pilarski va s’exprimer…
“Avez-vous vu Curtis avec le scalp d’Elisa dans les crocs ?”
La procureure Ortuno continue la salve de questions qu’elle qualifie de “centrales”. “Avez-vous vu Curtis avec le scalp d’Elisa dans les crocs ?” “Non”, rétorque Christophe Ellul. La procureure enchaîne : “Qu’avez-vous entendu lors de cet appel téléphonique ?” “J’ai déjà répondu à cette question”.
Au tour du prévenu de poser une questions à la procureure : “Est-ce Curtis a pu mâchouiller les cheveux d’Elisa ?” La magistrate lui rappelle que personne ne l’accuse d’avoir tué Elisa. Elle, comme les parties civiles, ne comprennent pas l’entêtement du prévenu à défendre Curtis et à refuser d’admettre que son chien a pu tuer sa compagne.
Christophe Ellul a-t-il sous-entendu que les gendarmes avaient donné le scalp d’Elisa à Curtis ?
“Dans une audition, vous demandez ‘Avez-vous le scalp ?’ pourquoi cette question ?”, demande la procureure Ortuno “Répondez pour Nathalie, monsieur”, lance-t-elle. “Vous avez imaginé que les gendarmes aient pu donner le scalp à Curtis ?” “Oui, je me suis demandé pourquoi ils ont gardé le scalp, je crois qu’il y a eu un souci…” Christophe Ellul est mis à mal.
“Je n’ai pas fait d’aveux” : Me Demarcq pousse Ellul dans ses retranchements
La partie civile a la parole, via Me Demarcq, avocat de la société de vénerie. Il demande si le prévenu a bien avoué hier. “Je n’ai pas fait d’aveux”, lance Christophe Ellul. L’avocat veut le pousser à répéter ses propos de la veille et à les confirmer. “Vous vouliez des preuves, que pensez-vous de tout cela ?”
“Curtis a-t-il quelque chose à voir dans les faits ?”, relance l’avocat. “Je ne vais pas répondre, et ça fait 7 ans que j’attends la vérité pour Elisa et pour Enzo”.
“Il y a de l’ADN sur toute la longueur des cheveux d’Elisa, que dîtes-vous de cela ?”, continue l’avocat. Le prévenu se tend et décide de ne pas répondre. “C’est votre analyse”, lâche-t-il. “Mais de quoi êtes-vous prisonnier, où voyez-vous des doutes, on a dit que c’était involontaire”, s’emporte l’avocat, “Qu’est-ce que vous ne comprenez pas ?”
Que pense Christophe Ellul des relevés ADN ? “Je ne suis pas expert”
L’ADN de Curtis apparaît sur un grand nombre de scellés et sur le corps d’Elisa Pilarski, qu’en pense Christophe Ellul ? “Non, je n’ai pas d’observations, je ne suis pas expert”, répond-il. “Il y a eu des doutes sur le scalp d’Elisa”. S’en suit une discussion sur les prélèvements qui ont concerné les cheveux et les scalps d’Elisa Pilarski. “L’ADN de Curtis a été retrouvé sur les cheveux, un gros scalp et un petit scalp”, précise la présidente Radiguet.
Me Alexandre Novion, conseil bordelais du prévenu, déplore l’absence des experts lors de ce procès.
Aucun ADN de chien n’a été relevé sur les plaies d’Elisa Pilarski
Si aucun ADN canin n’a été identifié sur les plaies d’Elisa Pilarski, ce serait à cause de l’abondance de sang de la victime et de boue. L’ADN de la victime a pris le pas sur le reste des potentielles empreintes.
L’ADN de Curtis trouvé sur Elisa Pilarski et ses vêtements
L’empreinte génétique d’Elisa Pilarski a été retrouvée sur une partie du harnais de Curtis. Son ADN a aussi été retrouvé sur les plaies relevées sur Curtis après le drame en forêt de Retz. Le récit de la présidente est extrêmement technique et scientifique. Elle en a conscience et n’hésite pas à dire qu’elle peut répéter en cas d’incompréhension.
L’ADN de Curtis a été relevé sur les vêtements et notamment le manteau de la Béarnaise. Il a également été trouvé sur le scalp d’Elisa Pilarski et sous l’un de ses ongles. “Sur les cheveux et sur les deux scalps prélevés, on retrouve l’ADN de Curtis”.
“Une grande quantité de sang humain et de matière organique a été retrouvé sur les lieux”, lit la présidente face à une salle attentive. Christophe Ellul est assis sur son banc, il reste très calme.
Le collaborateur de Me Novion se lève et distribue des pièces ajoutées par la défense
Place aux expertises ADN
Le dernier jour du procès de Christophe Ellul a commencé. La présidente Armelle Radiguet lance les débats avec le point central de l’analyse ADN de tous les chiens concernés dans l’affaire Pilarski.
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Après avoir détaillé la méthodologie utilisée par les experts pour identifier et prélever l’ADN de tous les chiens de chasse et ceux du couple Ellul/Pilarski. “Des prélèvements toujours réalisés sous la supervision d’experts vétérinaires”. Les 4 autres chiens du couple ont été prélevés le 17 novembre 2019. Curtis avait déjà été vu par les vétérinaires la veille, le jour des faits.
Le jour du drame, Elisa Pilarski avait eu une dispute avec un individu qui promenait son chien. Ce dernier a été retrouvé et son chien a lui aussi été prélevé. Christophe Ellul est invité à se rasseoir. “Ces lectures vont être longues”, prévient la présidente.

