Le changement n’est pas passé inaperçu. Les clients du Super U de Labastide-Saint-Pierre ont découvert la ferme aquaponique, intégrée à leur magasin, mercredi 4 mars 2026. La combinaison entre l’élevage de poissons et la culture maraîchère se retrouvera bientôt sur les étals du supermarché. Une première en France d’après le gérant, Patrice Marchi.
Entre le rayon fruits et légumes et la ferme, il n’y a qu’un pas. Au sens littéral du terme. Le Super U de Labastide-Saint-Pierre a inauguré, mercredi 4 mars 2026, sa ferme aquaponique rattachée au magasin. Le principe est simple : ” C’est une culture maraîchère sur bassin d’eau alimentée par un élevage de poissons. Les déjections des poissons sont filtrées par les racines des plantes. Ce qui sert d’engrais. Cette eau purifiée, réoxygénée retourne dans le bassin des poissons et finit la boucle “, renseigne le gérant, Patrice Marchi. D’après lui, cette ferme aquaponique est la première du genre en France. Un circuit court avec des produits frais qu’il a conçu ” pour assurer l’alimentation de demain”.

L’élevage de poissons en question ce sont des truites. Choisies parce que ce sont des “poissons d’eau douce” compatibles donc avec la culture maraîchère. Bientôt, les truites prendront place dans l’un des quatre bassins de la pisciculture. La limite est claire, s’agissant d’une exploitation urbaine, le magasin ne produira pas plus de ” deux tonnes par an”.
Pas de concurrence avec les agriculteurs
Sous la serre de 400 m2, des centaines de plants se développent depuis plusieurs semaines. Des herbes aromatiques, des sucrines, du chou kale, des pois… liste Patrice Marchi en pointant un à un les bancs de plants. ” L’idée c’est de coller à la saison. On veut apporter à nos clients quelque chose de raisonné et de responsable.”
Les possibilités de légumes sont nombreuses mais le gérant sait déjà ce qui ne poussera pas dans la ferme aquaponique. Des fraises ? Hors de question pour le quadragénaire qui travaille déjà avec ” trois producteurs de fraises. Je ne suis pas là pour remplacer les agriculteurs. L’idée est plus d’apporter un complément pour les clients. De proposer de nouvelles choses.”

Pour les tomates, il a choisi des noires de Crimée. Les premières graines viennent d’être plantées. D’ici la fin du printemps voire le début de l’été, les premières tomates se retrouveront sur les étals du supermarché. Il en va de même pour les truites qui seront vendues en portion, en filet ou fumée.
Une ferme à portée de vue des clients
La seule limite, ” c’est de ne pas jeter “, certifie le gérant qui vise “le zéro gaspillage”. Une trop grande quantité de légumes ou des légumes dits moches ? Patrice Marchi a déjà tout prévu. Ils seront transformés ” en plats cuisinés ou en fraîche découpe”.

Malgré les économies faites par l’absence d’intermédiaires et de transport, les prix affichés s’aligneront sur des ” prix de supermarchés donc des prix compétitifs. Il y a quand même des investissements derrière. L’idée, c’est que dans quatre ans, on arrive à trouver l’équilibre économique sur le projet.”
Entre les rayons fruits et légumes et la boucherie, les clients qui font leurs emplettes découvrent la vitre qui les sépare de la ferme aquaponique. Certains curieux marquent l’arrêt, étonnés. ” J’avais vu les publicités mais je ne savais pas à quoi ça correspondait”, indique Sylvie. L’innovation plaît ” C’est dans l’air du temps”.

