March 5, 2026

"Il faut dire la vérité aux gens" : la polémique de la voie verte à Villeneuve-sur-Lot s’invite au dernier conseil d’agglomération

l’essentiel
Lors du dernier conseil d’agglomération du Grand Villeneuvois, ce mardi 3 mars, le litige autour du tracé de la voie verte à Villeneuve-sur-Lot, opposant un arboriculteur et la CAGV, a refait surface.

Réunis en séance pour le dernier conseil d’agglomération de la mandature, ce mardi 3 mars, les élus ont approuvé “la modification du droit commun n° 4 du plan local d’urbanisme intercommunal”. Un texte largement consacré au développement du photovoltaïque sur le territoire, mais qui comprenait aussi un passage sur le tracé de la voie verte actuellement au cœur d’un litige entre un agriculteur Villeneuvois et la CAGV.

À lire aussi :
Voie verte au bord du Lot à Villeneuve : la préfecture autorise les expropriations pour la réalisation du projet

Pour rappel, Emmanuel Aze, exploitant des Vergers de Saint-Sulpice et dont les terres sont concernées par le tracé retenu par l’agglomération du Grand Villeneuvois, est vent debout. Au cœur du désaccord : le choix d’un tracé en bord de Lot plutôt que sur l’emprise de l’ancienne voie ferrée Villeneuve – Penne-d’Agenais. L’agriculteur a déployé une nouvelle banderole visible depuis la RN 21 : “Voie verte dans notre cour de ferme : sabotage économique”. Spécialisé dans l’asimine, fruit encore rare en Europe, l’arboriculteur dénonce la décision de la collectivité d’engager des travaux de terrassement sur des parcelles acquises à l’amiable, sans attendre que le tribunal administratif de Bordeaux se prononce sur les recours visant la suite du projet. Le propriétaire accuse l’agglomération de vouloir accélérer le calendrier malgré un contentieux toujours pendant.

À lire aussi :
“Une déclaration d’inutilité publique” : la Confédération paysanne au soutien des opposants à la voie verte de Villeneuve-sur-Lot

Selon lui, le passage de la voie verte “dans la cour de ferme”, à l’emplacement d’un bâtiment d’exploitation, menacerait directement leur outil de travail. Son entreprise se présente comme leader du marché français et troisième producteur européen de plants greffés, avec un chiffre d’affaires en forte croissance.

“Le tracé ne passe pas au milieu de sa cour d’exploitation. Il longe le Lot”

C’est Thomas Bouyssonnie, conseiller municipal d’opposition à Villeneuve-sur-Lot et candidat aux prochaines élections municipales, qui a mis ce sujet sur la table au moment de son vote. “Cette modification porte, comme vous l’avez indiqué, sur le photovoltaïque. Notre difficulté concerne l’emplacement réservé n° 14, sur la voie verte, qui pose problème avec l’exploitant agricole. Celui-ci estime que le tracé compromet son exploitation. Nous ne sommes donc pas favorables à ce tracé et ne pouvons pas voter cette modification”, a affirmé l’élu.

À lire aussi :
Voie verte entre Villeneuve-sur-Lot et Penne-d’Agenais : combien coûterait la transformation de l’ancienne ligne ferroviaire ?

Une intervention qui a fortement agacé Gilles Charollais, maire de La Croix-Blanche et vice-président en charge de l’aménagement de l’espace communautaire et de l’habitat. “À un moment, quand même, il faut dire la vérité aux gens, a répondu Gilles Charollais. Le tracé ne passe pas au milieu de sa cour d’exploitation. Il longe le Lot, sur une zone non exploitée, sans plantation. Il existe une servitude de marchepied d’environ trois mètres, et nous lui demandons un mètre supplémentaire. C’est la vérité, et il est important de le préciser, car beaucoup se font de fausses idées. La grange concernée est située en bordure de la parcelle, et il n’aura pas l’autorisation de la rénover.

À lire aussi :
Voie verte à Villeneuve-sur-Lot : les Vergers de Saint-Sulpice dénoncent un “passage en force” et en appellent au préfet

Ce dernier ajoute : “De plus, nous lui avons proposé de reconstruire à l’arrière pour préserver son exploitation. J’invite les élus qui se prononcent en disant tout et n’importe quoi à se rendre sur place pour constater la réalité. Initialement, le tracé passait dans sa cour, mais nous avons revu notre décision. Contrairement à ce qu’il affirme, il y a bien eu conciliation : nous sommes venus avec la conciliatrice, le préfet, et d’autres représentants. Nous avons proposé de clôturer pour protéger ses cultures et d’installer des tuyaux sous la voie verte. Il est faux de dire qu’il n’a pas été entendu : nous l’avons rencontré à plusieurs reprises, notamment avec Guillaume Lepers, lorsqu’il était maire.”

À lire aussi :
Villeneuve-sur-Lot : la préfecture de Lot-et-Garonne donne son feu vert à la voie verte au bord du Lot

“Son exploitation est une véritable pépite du territoire”

Une argumentation qui n’a pas convaincu l’opposition. “Je vous remercie pour ces précisions, mais cela ne change pas notre position, a rétorqué Thomas Bouyssonnie. Nous avons également rencontré Emmanuel Aze et étudié le tracé, qui, dans la modification de l’emplacement réservé, traverse plusieurs zones. Il a proposé un contournement de son exploitation. C’est un exploitant remarquable, qui fait un travail formidable. Son exploitation est une véritable pépite du territoire, en passe de devenir un leader européen dans son domaine. Il montre que l’agriculture peut fonctionner et générer du revenu. Sur le territoire Villeneuvois, les agriculteurs sont peu nombreux, et il est essentiel de travailler en coordination avec le monde agricole.”

source

TAGS: