La rencontre entre Sabine Tertre, présidente de l’entreprise de maintenance aéronautique, mondialement reconnue, Air Support, et Karine Meininger, directrice générale de France Travail Occitanie, ne pouvait que créer un cercle vertueux.
C’est au salon du Bourget qu’elles se sont rencontrées, et appréciées. De Paris à Pujaudran il n’y avait donc qu’un pas, pour que Sabine Tertre, présidente d’Air Support, invite la directrice générale de France Travail Occitanie, Karine Meininger, à venir visiter les installations de l’entreprise, dans le souci commun d’agir ensemble pour valoriser le retour à l’emploi. Car elle en a besoin de salariés, la patronne de la petite boîte devenue grande, très très grande.
Quand elle en prend les rênes, l’entreprise ne compte que dix employés, maintenant ils sont 250. Ascension fulgurante et exponentielle qui n’est pas près de s’arrêter. L’an dernier, Air Support a embauché une cinquantaine de personnes et projette d’en prendre trente autres en 2026. À cause de quoi ? D’une “croissance insolente” avoue, presque en rougissant, celle qui en est à l’origine.

Le secret du succès ? Un savoir-faire incomparable en matière de réparation et de maintenance d’éléments moteurs pour les avions. L’an dernier, le chiffre d’affaires était de 61,5 millions d’euros, cette année il passera à plus de 95 millions ! Pourquoi ? Parce qu’elle aime aller vite la patronne. C’est ainsi qu’elle a déjà créé un poste exclusivement destiné à l’intelligence artificielle, qu’elle souhaite développer rapidement ; et c’est toujours pourquoi elle a écrasé la concurrence en misant sur les délais.
200 clients dans 40 pays
Air Support répond à la demande de 200 clients, dans 40 pays, entre six et sept jours, quand les autres mettent deux à trois semaines. 80 % de son chiffre d’affaires est à l’export. Une gageure, explique-t-elle, “quand on sait que la production est une activité régulière, alors que la maintenance est un challenge permanent”. Mais elle a su le relever “grâce à toute son équipe”. Une équipe qu’elle espère bien étoffer encore, grâce aux services de France Travail. Et ce n’est pas Karine Meininger qui s’en plaindra : “Nous voulons aller au-devant des entreprises pour faire se rencontrer les opportunités et les talents”. Bingo !
À lire aussi :
En plein essor, la société de maintenance aéronautique Air Support s’agrandit dans le Gers
Et celui qui a du boulot, c’est bien Alexandre Laffont, le responsable d’équipe, France Travail, à L’Isle-Jourdain, qui doit “sourcer les candidats”. Parmi eux, Christophe Boullonnois, peut témoigner de la réussite de l’opération : “J’ai dû en passer par une reconversion professionnelle, après un accident de la vie. Au départ j’étais mécanicien auto. On a des bases mais ça n’a rien à voir. Je ne connaissais pas l’aéronautique. On m’a formé. Et aujourd’hui je suis technicien de maintenance. Ça fait quatre ans que je suis là. Je n’aurais jamais pensé ça !”

Mais celle qui l’explique, c’est la directrice des ressources humaines d’Air Support, Alexandra Rat : “On a besoin de 30 % de savoir-faire et de 70 % de savoir-être, et c’est le plus compliqué. On cherche des gens qui sont collés à nos valeurs. On recrute et après on forme, directement, sur le terrain. Ensuite il y a une montée en gamme, selon la technicité des produits.” Sébastien Tajan en est passé par là : “Après 15 ans dans le bâtiment et les travaux publics j’ai été licencié pour inaptitude suite à un accident. Je suis là depuis 2023 et ça se passe vraiment très bien.”
À lire aussi :
De 40 salariés en 2013 à près de 250 aujourd’hui, Air Support a doublé sa surface de production
Sabine Tertre et Karine Meininger peuvent se taper dans la main. Voilà un pari réussi. Un succès, dû, surtout, à la vision d’une patronne, qui, en décembre dernier, s’est vue décerner le prix de l’Entrepreneur de l’année, à l’occasion d’une soirée organisée par le groupe La Dépêche du Midi et Dépêche Events. On comprend bien pourquoi.

