March 2, 2026

Municipales 2026 : les candidats face à des Français accros à leur voiture

l’essentiel
La place de la voiture en France révèle des fractures territoriales marquées. Malgré une légère hausse de l’usage quotidien, les alternatives de mobilité reculent. Le coût et le manque d’infrastructures freinent l’électrification. Le débat sur la mobilité urbaine s’invite ainsi dans la campagne électorale des municipales.

Les Français restent attachés à leur voiture et la place de celle-ci apparaît comme un révélateur des fractures territoriales selon plusieurs études. Publié l’an passé, le Baromètre des mobilités Ipsos 2025, montre que 86 % des Français utilisent leur voiture personnelle pour leurs trajets quotidiens (+ 1 point en un an), un niveau comparable mais légèrement supérieur à la moyenne européenne (84 %). Près de neuf foyers sur dix (89 %) disposent d’au moins un véhicule, et 40 % parcourent plus de 10 000 kilomètres par an. La marche progresse (91 %, + 2 points), mais les transports en commun restent nettement moins utilisés en France (41 %) qu’en Europe (58 %), souligne Ipsos.

Les alternatives dites « nouvelles mobilités » marquent un recul. D’après le même baromètre, le covoiturage tombe à 13 % (-4 points), le vélo à 32 % (-3), les trottinettes à 13 % (-4) et l’autopartage à 7 % (-5). Si 57 % des Français possèdent un vélo, l’usage régulier fléchit, traduisant une pratique encore intermittente et fortement dépendante du contexte local.

Cette centralité de l’automobile se retrouve dans l’Observatoire Verian des municipales consacré en octobre dernier aux « Mobilités locales ». L’enquête indique que 58 % des Français citent la voiture comme leur premier mode de déplacement quotidien. Mais 44 % évoquent un usage contraint, proportion qui s’accentue, sans surprise, dans les territoires ruraux et les petites villes. Un quart des habitants (25 %) jugent les déplacements difficiles dans leur commune, 35 % en milieu rural. Et les effets sont tangibles : 41 % ont déjà renoncé à des loisirs, 35 % limité leurs sorties et 24 % envisagé un déménagement pour améliorer leur accessibilité…

42 % souhaitent préserver voire faciliter la place de la voiture

Sur l’électrification du parc, l’écart entre intention et réalité demeure fort. L’Observatoire précise que 62 % des Français citent le coût d’achat comme principal frein à l’acquisition d’un véhicule électrique, et 62 % également le manque d’infrastructures de recharge. Seuls 40 % estiment disposer de bornes accessibles près de chez eux.

Dans la projection de la « ville idéale », l’Observatoire montre que 42 % souhaitent préserver voire faciliter la place de la voiture, contre 32 % favorables à une ville verte axée sur les mobilités douces. La place de la voiture en ville n’a pas fini de nourrir le débat.

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