March 1, 2026

"Les dégâts risquent d’être visibles au printemps" : après le passage des tempêtes, certains producteurs craignent pour leurs futures récoltes

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À Soturac, dans le sud-ouest du Lot, les intempéries à répétition ont causé des dégâts sur une parcelle de noisettes. Laissant craindre des récoltes et un rendement en déclin pour son producteur.

“On a peur d’avoir un impact sur la fécondation des fruits et une baisse de rendement”, souffle un nuciculteur lotois. Une dizaine de jours après leur passage, les tempêtes Nils et Pedro ont laissé des traces. Routes fermées, eau non potable pendant un moment… mais aussi : des agriculteurs en détresse. Par exemple, à Frayssinet, une agricultrice installée en bio a vu ses poulaillers détruits et ses 250 poules être entièrement désorientées. De quoi fragiliser l’exploitation.

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Mais cette Lotoise n’est pas la seule. À l’échelle du département, la Chambre d’agriculture du Lot a recensé les terrains touchés par les fortes intempéries. Les secteurs majoritairement impactés sont la vallée du Lot, le Quercy blanc ainsi que la vallée de la Dordogne. Dans les productions impactées, on retrouve les grandes cultures, essentiellement les céréales d’hiver et quelques cultures de semence. “Par conséquent les pieds vont mourir. Les agriculteurs ne pourront plus entrer sur les champs”, indique Christophe Roger, conseiller technique.

L’arboriculture a également été touchée. Surtout en ce qui concerne les noisettes, noix, et châtaignes. Quelques petits dégâts sont à signaler sur des serres à St-Géry-Vers : des tunnels ont été emportés par les flots. Une visite est donc prévue lundi matin par la chambre d’agriculture pour chiffrer les réparations. Enfin, un morceau de parcelle a été emporté par la rivière du Lot à Saint-Jean-de-Laur.

Des craintes sur les récoltes à venir

Et à Soturac, dans la Bouriane, Olivier Pinêtre n’y a pas échappé. Ce dernier produit des noisettes qu’il revend à Koki, une coopérative basée à Cancon (Lot-et-Garonne), pour les envoyer à de grands industriels comme Ferrero. “La nappe phréatique a débordé sur une partie du champ. Le fossé censé entourer la parcelle n’a pas suffi à évacuer l’eau. On a dû pomper au milieu du champ pour enlever l’excès”, raconte l’agriculteur. Aujourd’hui, les parcelles retrouvent un état normal.

Les champs d’Olivier Pinêtre ont été inondés.
Les champs d’Olivier Pinêtre ont été inondés.
Photo fournie par l’agriculteur

Ce que craint le plus le nuciculteur : l’impact sur les récoltes à venir. “Le plus gros souci, c’est la longue période de pluie qui correspond à la floraison du noisetier. Le mauvais temps n’a pas permis au pollen de se déplacer correctement”, explique Olivier. Habituellement, l’arbre fleurit l’hiver, de fin décembre à fin février sous l’effet des insectes pollinisateurs qui assurent le déplacement du pollen. Or, ces derniers n’étaient pas au rendez-vous cette saison. Par ailleurs, deux éléments climatiques entrent également en ligne de compte. “L’éclosion se fait par le vent et par le soleil. S’il pleut, le pollen ne colle pas”, détaille le producteur qui vend aussi du maïs.

Sur 22 hectares, seulement 1 hectare et demi a été touché. Un chiffre dérisoire, mais possiblement lourd de conséquences dans les mois à venir. “Concernant la fécondation des fruits, les dégâts risquent d’être visibles au printemps. Pour les plantations noyées, ils apparaîtront dans les prochaines années”, regrette le producteur de noisettes. Rien n’est moins sûr mais une baisse de rendement est à prévoir. À l’instant T, il est beaucoup trop tôt pour chiffrer les pertes à venir. Cela dépendra du comportement des arbres et de leurs réactions à ces nombreux phénomènes. Olivier Pinêtre conclut : “On ne le saura pas avant début juin lorsque les fruits vont se remplir”. D’autant plus que depuis deux ans, les nuciculteurs enchaînent de mauvaises saisons.

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