February 26, 2026

Diffamation publique contre Josiane Frétier : une enquête sur les pratiques d’Europlasma et la liberté syndicale en jeu

l’essentiel
La procédure judiciaire contre Josiane Frétier, ex-déléguée syndicale CGT, soulève des interrogations sur la liberté syndicale. Europlasma réclame 35 000 € pour diffamation. La CGT dénonce une “procédure bâillon”. La démocratie sociale est-elle menacée ?

Josiane Frétier, ex-déléguée syndicale CGT des Forges de Tarbes, a été assignée, le 6 février dernier, par le groupe Europlasma et les Forges de Tarbes devant le tribunal correctionnel de Bordeaux pour diffamation publique. Europlasma réclame rien moins que 35 000 € en réparation à l’ancienne déléguée syndicale. Sont visés des propos tenus dans plusieurs médias – notre confrère Ouest France est également poursuivi – lors notamment de la reprise de la Fonderie de Bretagne par Europlasma. Josiane Frétier y évoque la situation des Forges de Tarbes et notamment la question des investissements, de la diversification de l’entreprise, sa trésorerie, etc. José Navarro, responsable CGT finances publiques, souligne que Josiane Frétier, en tant que déléguée syndicale “n’a fait qu’exprimer ses inquiétudes” sur les sujets évoqués. Il ajoute que “la diversification n’a pas eu lieu et que les investissements ne sont pas à la hauteur des nécessités et de ce qui avait été promis”. Le syndicaliste souligne que le groupe annonce, en 2025, la production de 160 000 corps d’obus aux Forges de Tarbes. Or, citant notre confrère “L’Usine Nouvelle”, la production ne serait que de 60 000. José Navarro ajoute que les Forges de Tarbes afficheraient, en 2024, une perte de 300 000 € et une diminution de 3,2 M€ de ses capitaux propres.

“Procédure bâillon”

Le syndicaliste relève ensuite que Josiane Frétier a reçu son assignation devant le tribunal de Bordeaux, sept jours avant le délai limite pour agir alors qu’une commission d’enquête parlementaire est en place depuis le 29 janvier sur la prédation des fonds spéculatifs sur les capacités productives industrielles en France. Une commission d’enquête qui a prévu d’étudier, entre autres, la stratégie du groupe Europlasma ABO au cours de laquelle des représentants syndicaux seront auditionnés. Bref, pour la CGT, l’assignation de Josiane Frétier relève de “la procédure bâillon”. “Le but est de faire taire Josiane Frétier qui a posé des questions que les salariés se posent et que l’État devrait se poser”. José Navarro trouve l’attitude des pouvoirs publics un rien légère.

Félix Ayllon ajoute que le cas de Josiane Frétier n’est pas isolé. Il cite le chiffre de 1 000 représentants syndicaux actuellement poursuivis en France dont Sophie Binet, secrétaire nationale de la CGT, mise en examen. “Cette stratégie de l’intimidation porte atteinte aux libertés syndicales” souligne Félix Ayllon.

Gilles Haurie, de la CGT des municipaux de Tarbes, abonde dans le même sens. “La démocratie sociale, pilier fondamental de la démocratie, est attaquée”. Il élargit le spectre en évoquant l’attaque de permanences, de la CGT, de partis politiques, de députés.

Les syndicalistes CGT apportent leur soutien total à Josiane Frétier qui comparaîtra donc le 23 mars prochain devant le tribunal correctionnel de Bordeaux.

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