February 25, 2026

Stado : " Il ne s’est même pas excusé ", entre manque de transparence et isolement, un président aux abonnés absents

l’essentiel
Depuis son intronisation en avril 2025, le président-directeur général Philippe Rancoule n’a pu éviter la chute du Stado. Retour sur une gestion désapprouvée qui a fait basculer le club vers le monde fédéral.

“C’est qui le patron ?”, “Ce n’est pas moi…” Jusqu’au bout du bout, Philippe Rancoule n’aura jamais voulu être seul à la tête du Stado. En témoigne cet échange, entre un membre du staff et l’ancien lourdais, lors de la réunion des joueurs mardi 17 février. Une réunion pendant laquelle les joueurs se sont inquiétés de leur sort et de la fin de saison du club tarbais. Invité à s’exprimer devant les joueurs et le staff sur la situation du club, Philippe Rancoule a martelé qu’il n’était pas décideur dans le club avant de dire au staff d’appeler l’ancien président Lionel Terré pour avoir des réponses et, après le revers de main du Gersois, Rancoule a activé la carte des élus qui siègent au conseil d’administration du Stado.

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Un manque de transparence de la part du président-directeur général regretté par les joueurs eux-mêmes. “On est pris pour des c***. Il y a un manque de transparence et de communication dans le club. On n’est pas tenu au courant et à chaque fois qu’on voulait avoir des réponses, on ne savait pas à qui demander. C’est vraiment dommage surtout quand on voit l’issue de tout ça”, confie un joueur.

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“On sait combien il nous manque, on va y arriver”

Intronisé par Lionel Terré lors de l’assemblée générale du club en avril 2025, Philippe Rancoule avait beaucoup d’ambitions pour le Stado. “Pour avoir un club ancré dans le territoire, il faut fédérer”, déclarait le principal intéressé. Sauf que fédérer, il n’a jamais réussi à le faire. Trop esseulé et souvent au four et au moulin, le Lourdais n’a réussi ni à fédérer les joueurs autour de son projet, ni même à ramener des partenaires pour permettre au Stado de finir la saison. Et cela quand bien même il confiait, dans nos locaux, en novembre dernier que le Stado “n’est pas en danger de mort”. De sa bouche, le président confirmait qu’ “il restait de l’argent à trouver pour boucler le budget. Mais on sait ce qu’il manque et on va y arriver.”

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Force est de constater, après le dépôt de bilan du club tarbais, que le Stado n’a pas réussi à combler le trou béant au niveau de ses finances. Et si tout le monde se renvoie la balle depuis l’annonce de la mort de l’équipe professionnelle, la réalité reste que le club phare du rugby bigourdan va tomber au niveau fédéral. Entraînant avec lui tout le rugby des Hautes-Pyrénées dans sa spirale.

Reste maintenant à savoir pourquoi Philippe Rancoule n’a jamais lancé d’appel au secours. Qu’il soit public ou même privé. D’autant plus lorsque la crise couvait depuis le début de la saison. “Je n’ai pas envie de me pointer devant les joueurs et leur annoncer qu’ils sont au chômage”, nous confessait un membre du staff après la lourde défaite à Narbonne le 18 octobre dernier. Mais l’annonce, les coachs ont dû la faire, jeudi dernier, à tout un groupe qui n’a jamais rien lâché sur le terrain malgré les problèmes qui grandissaient en coulisses.

Un président en mode Starsky et Hutch

Une réunion lors de laquelle Philippe Rancoule est apparu plus qu’agacé. Arrivé, à toute allure, au volant de sa Mercedes devant la Bodega, le président s’est présenté devant ses joueurs avant de tourner les talons dès les échanges terminés et de remonter dans sa voiture aussi rapidement qu’il en était descendu. Un passage éclair où l’homme fort du Stado n’en a pas profité pour s’excuser auprès de ses joueurs. “On lui a demandé de s’excuser parce qu’il nous a caché qu’on était aussi mal en point que ça, mais il ne s’est même pas excusé”, regrette un joueur.

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S’il ne fait aucun doute que Philippe Rancoule n’a pas été aidé dans une mission qui paraissait impossible avant même le début, le costume était bien trop grand pour lui. À trop vouloir tout contrôler, à l’image de la communication autour du club et du verrouillage des joueurs, le président a sûrement dépensé son énergie là où il ne fallait pas. À tel point qu’aujourd’hui le club est passé en mode silence radio. En ne répondant à aucune demande d’explication ni en ne publiant aucun communiqué sur la situation. En témoignent les réseaux sociaux du club qui n’ont toujours pas annoncé, à l’heure où nous écrivons ces lignes, le forfait contre Massy ni celui général de la saison.

Contacté, le président n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations.

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