L’exploitation maraîchère L’Orta a vu une partie de ses serres détruites et de ses cultures perdues suite au passage des tempêtes Nils et Pedro, à Cahuzac-sur-Adour. Les assurances ne couvrant pas les dégâts, la gérante s’interroge sur le financement des nécessaires réparations, déjà chiffrées à plus de 10 000 euros.
Le soleil brille ce mardi matin à Cahuzac-sur-Adour. Un temps idéal pour la cueillette des poireaux. Outils en main, Olivier, salarié à mi-temps, et Pascale, bénévole, s’y emploient avec le sourire. À quelques mètres d’eux pourtant, le tableau est moins idyllique.
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Les stigmates des tempêtes Nils et Pedro sont encore bien visibles : la “multichapelle”, une vaste serre d’une surface de 1 500 m2, est éventrée de toutes parts. “Sous les serres, les cultures n’ont pas forcément été abîmées mais vu qu’elles ne sont plus protégées, c’est comme si on était en plein champ. Ça va nous décaler au bas mot d’un mois sur toutes les cultures”, soupire Laëtitia Darré, gérante depuis un an de L’Orta, une exploitation maraîchère en bio qui assure la production de nombreux légumes (patates, fenouil, chou-fleur…).

Lors du passage de la tempête Nils, dans la nuit du mercredi 11 au jeudi 12 février, des rafales de vent allant jusqu’à 147 km/h ont été mesurées sur place. “Le lendemain, quand je suis arrivée, tout était déchiré”, relate Laëtitia Darré. Structures métalliques tordues, bâches envolées ou arrachées : les dégâts sont considérables.
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La tempête Pedro, survenue une semaine plus tard, a enfoncé le clou, les exploitants n’ayant pas débâché entre les deux tempêtes. “On voulait faire constater les dégâts au fournisseur”, indique Laëtitia Darré. Résultat : l’outil de production est aujourd’hui largement détruit et la plupart des cultures sont perdues.

Les conséquences financières sont évidemment très lourdes pour l’exploitation, qui s’étend sur une surface de 3 300 m2 de serres et deux hectares de plein champ. “On vient de recevoir un devis chiffré pour le remplacement a minima, c’est-à-dire remettre en état la multichapelle et remettre de la simple bâche sur quatre serres. Il y en a pour 10 000 euros hors taxe”, expose Laëtitia Darré.
“On va aller voir les banques”
Les malheurs de L’Orta ne s’arrêtent pas là : les serres détruites ne feront l’objet “d’aucune prise en charge par les assurances”. Laëtitia Darré développe : “Passé trois ans d’installation, les assureurs considèrent que la vétusté est trop importante par rapport à ce qu’ils devraient rembourser. Les assurer coûte alors une fortune, donc on ne les assure pas. Et nos serres les plus récentes ont été montées en 2017. Il y a 10 000 euros qu’il va falloir financer, je ne sais pas trop comment”.
Cette situation précaire plonge aujourd’hui l’exploitation dans une incertitude financière d’autant plus grande qu’elle doit fournir ses principaux clients, à commencer par le collège de Riscle, mais aussi un Ehpad et un magasin Biocoop à Tarbes (Hautes-Pyrénées). “Le collège de Riscle, si on ne l’a pas comme client de septembre à juin, on ne fait pas de chiffre”, souligne Laëtitia Darré.

Pas question toutefois de baisser les bras. L’équipe de L’Orta entend bien se retrousser les manches pour poursuivre son aventure lancée il y a un an, suite à la reprise de l’activité des Jardins solidaires de l’Adour. “On va aller voir les banques en espérant que ça suive, il n’y a pas trop le choix”, alerte Laëtitia Darré.
En attendant, les exploitants prient pour le ciel se montre clément, comme en cette belle matinée de février. “On ne va pas dormir tranquille toute la saison, c’est une certitude. Il faut qu’il n’arrive rien maintenant, surtout, qu’on puisse se relancer. S’il arrive à nouveau quelque chose, je pense qu’on abdiquera, parce que ce n’est pas possible”, conclut Laëtitia Darré.

