February 25, 2026

Brebis, porcs… l’Aveyron sait se faire remarquer au Salon

l’essentiel
Privé de ses bovins stars cette année, l’Aveyron ne manque pas de se faire remarquer au Salon, entre ses brebis lacaune, ses innovations pour le public ou encore une filière porcine qui s’affirme…

En salle de presse du Salon de l’agriculture, certains journalistes commencent à se faire des cheveux blancs. En l’absence des bovins, les sujets ne se bousculent pas. Pas de concours en grande pompe, peu d’éleveurs pour raconter leur quotidien, presque pas de séquences filmées de politiques en mode caresse, ni de vache égérie et son propriétaire star d’une semaine. “Franchement, je ne sais plus trop de quoi parler”, nous soufflait même une consœur dépêchée du Grand Est….

En Aveyron, disons-le, on s’en sort plutôt bien. L’élevage y est diversifié. Alors quand les bovins manquent à l’appel, les ovins et les porcins prennent le relais. Et le font très bien. Depuis samedi, dans le hall 1, la Chambre d’agriculture joue la carte de l’innovation pour attirer les visiteurs et surtout les enfants. Porte de Versailles, le public familial est le plus convoité. Un enfant qui s’émerveille, ce sont des parents qui s’arrêtent… et qui consomment. La meilleure recette.

Les brebis en vedette, le porc se fait une place

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les petites bêtes à quatre pattes parviennent presque à faire oublier les aubrac, habituellement reines du stand. Les brebis lacaune ont trouvé leur place dans de petits enclos, et la traite, assurée deux fois par jour par les éleveurs, attire les curieux. La Confédération générale de roquefort ne s’y est d’ailleurs pas trompée, elle propose aux visiteurs une jolie peluche à l’effigie de ses brebis stars (au prix de 12€ pour les curieux). Au passage, elle rappelle une réalité parfois oubliée : en Aveyron, il y a bien plus d’ovins que de bovins… et bien entendu d’habitants. Mais ce mardi 24 février, une autre filière a tenté de se faire une place sous les projecteurs. Plus discrète, sans animaux, mais bien présente : la porcine. Dans nos contrées, elle fait rarement parler d’elle. Sans doute parce que les années de crise semblent derrière. Aujourd’hui, “le porc est rémunérateur”, assure Sébastien Rigal, éleveur à La Bastide-l’Évêque. Comme la soixantaine de producteurs du département, il est adhérent à la coopérative Alliance Porci d’Oc.

Et les signaux sont au vert. La coopérative vient d’agrandir son abattoir Porc Montagne, dans la zone d’Arsac, et a récemment repris la Maison Serrault à Capdenac-Gare. “Aujourd’hui, on peut se targuer de produire, transformer et commercialiser en Aveyron. La demande de local est très forte chez les consommateurs, c’est une de nos forces. Et tout commence avec des éleveurs qui nourrissent leurs porcs avec des céréales locales, sur des exploitations à taille humaine”, souligne Mickaël Le Gallic, directeur général de la coopérative nommée “APO” par les connaisseurs.

Quand le porc aveyronnais devient jambon de… Bayonne

À Paris, celle-ci a mis en avant plusieurs produits sous l’estampille “Porc de l’Aveyron”. Avec un accueil plutôt enthousiaste. Et quelques informations auprès du grand public, comme de savoir que la production aveyronnaise sert notamment le célèbre IGP… Jambon de Bayonne ! “Être éleveur porcin peut aussi offrir une vie un peu moins contraignante que dans d’autres filières : on peut avoir certains week-ends, il n’y a pas de traite”, glisse Sébastien Rigal.

Une manière de rappeler que l’élevage aveyronnais ne se résume pas à une seule image. Qu’il est multiple, vivant… et pas toujours en crise. Et qui sait : peut-être qu’un jour, le département comptera aussi ses représentants sur le ring porcin du Salon.

En attendant, Alliance Porci d’Oc n’est pas repartie les mains vides de Paris. En fin d’après-midi, la coopérative a signé un partenariat commercial avec la marque U pour une nouvelle saucisse bientôt commercialisée, en présence de… Annie Genevard, ministre de l’Agriculture. Preuve qu’au Salon, même sans les bovins, l’Aveyron sait encore faire parler de lui.

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