Sous pression après la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, La France insoumise assure qu’elle pourrait tendre la main aux autres forces de gauche pour le second tour.
Quelle sera la stratégie de LFI au second tour des municipales ? La situation reste floue et les négociations politiques se poursuivent en coulisse, mais des premiers accords se dessinent, notamment avec le reste de la gauche, PS en tête.
“Lorsque les “insoumis” arriveront en tête au premier tour, ils proposeront le rassemblement et ils créeront les conditions pour le rassemblement, notamment avec les autres listes de gauche”, a déclaré Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, sur BFMTV. Manuel Bompard, coordinateur du mouvement, a confirmé sur RTL que l’objectif est de “battre la droite et l’extrême droite”. Selon lui, la culture politique à gauche repose sur des listes qui “se rassemblent” entre les deux tours plutôt que sur de simples désistements.
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“Proposer ou de ne pas proposer le rassemblement”
Un message offensif qui vaut surtout pour les communes où LFI serait en position de force, alors que les tensions sont vives avec le Parti socialiste, encore plus depuis la mort de Quentin Deranque à Lyon. Des collaborateurs du député Raphaël Arnault sont mis en cause dans l’enquête sur l’agression mortelle du militant d’extrême droite, ce qui a ravivé les tensions avec le Parti socialiste.
Dans le cas où la liste de gauche, hors LFI, se qualifie au second tour avec un plus grand score, Manuel Bompard renvoie la responsabilité aux partenaires. Si un autre parti arrive en tête, ce sera à lui “de proposer ou de ne pas proposer le rassemblement”. Dans les faits, les situations où LFI dominerait le premier tour devraient rester limitées. Dans plusieurs villes stratégiques, des listes d’union qui se placeraient devant la liste LFI pourraient avoir besoin des voix “insoumises” pour l’emporter.
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La prudence au PS
Au PS, la prudence domine. Son secrétaire général, Pierre Jouvet, exclut tout accord national pour les municipales, tout en laissant la porte entrouverte à de “rares” rapprochements locaux si les candidats “insoumis” clarifient “leur position sur le rapport de leur mouvement à la violence politique”. D’autres voix socialistes, comme François Hollande ou Jérôme Guedj, plaident pour écarter toute alliance au second tour.
Du côté de la direction de LFI, Mathilde Panot s’est dite “fière” de compter Raphaël Arnault dans son groupe et assure qu’il pourrait être réinvesti aux prochaines législatives “s’il le souhaite”.

