February 14, 2026

"Les habitants n’ont pas été informés" : comment un pylône de téléphonie sème la discorde dans ce petit village

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L’implantation d’un pylône de téléphonie mobile à Espère (Lot) suscite une vive controverse. Prévu pour améliorer la couverture mobile, le projet est temporairement suspendu face aux contestations locales. Les discussions se poursuivent pour trouver un compromis.

À Espère, l’implantation prochaine d’un pylône de téléphonie mobile en limite de la commune voisine de Crayssac suscite depuis plusieurs mois une controverse locale. Le projet prévoit l’installation d’un pylône d’environ 42 mètres de haut, destiné à améliorer la couverture mobile d’un axe routier jugé prioritaire par l’État. Selon l’opérateur SFR, cette infrastructure répond à des obligations réglementaires liées aux licences de téléphonie. “Les opérateurs ont des obligations de couverture de la population et des axes routiers prioritaires pour des raisons de sécurité et de qualité de service”, explique ainsi Guillaume Fauré, délégué régional d’SFR.

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Le projet est “en stand-by”

Le pylône doit être construit par la société d’infrastructures Cellnex, propriétaire de l’équipement, tandis que l’opérateur en sera locataire pour l’installation de ses antennes. Face aux contestations locales, le projet a toutefois été temporairement mis “en stand-by” par la société, confirme Guillaume Fauré, le temps d’échanger à nouveau avec les municipalités concernées.

Christian Meunier, président de l’association de défense de l’environnement crayssacois, devant le futur pylône de téléphonie.
Christian Meunier, président de l’association de défense de l’environnement crayssacois, devant le futur pylône de téléphonie.
DDM – Laurine Méaulle

Sur le terrain, l’opposition est portée notamment par l’ADEC, (association de défense de l’environnement crayssacois), qui rassemble plusieurs riverains. Son président, Christian Meunier, insiste sur le fait que l’association ne conteste le projet : “Nous ne sommes pas contre le pylône, mais nous demandons pourquoi il n’a pas été implanté quelques centaines de mètres plus loin et pourquoi les habitants n’ont pas été informés plus tôt”, affirme-t-il. L’association évoque également des interrogations concernant l’accès au chantier par un chemin rural et la surface réelle de la plateforme technique, estimée par certains riverains à plus de 30 m², ainsi que l’absence de permis de construire affiché au démarrage des travaux.

“La commune a été déboutée par le tribunal administratif et a dû appliquer la décision”

Du côté de la municipalité, le maire rappelle que la commune ne porte pas le projet. Selon lui, une déclaration préalable avait été déposée au début des années 2020 par un opérateur d’infrastructures, refusée initialement par la commune avant d’être validée après une procédure judiciaire. “Le conseil municipal de l’époque était opposé à cette installation, mais la commune a été déboutée par le tribunal administratif et a dû appliquer la décision”, explique l’élu, évoquant un jugement rendu par le Tribunal administratif de Toulouse. Le pylône étant implanté sur un terrain privé, la municipalité affirme aujourd’hui ne pas disposer de marge de manœuvre directe sur la poursuite du projet.

Le futur pylône de téléphonie se situe sur la commune d’Espère dans le Lot.
Le futur pylône de téléphonie se situe sur la commune d’Espère dans le Lot.
DDM – Laurine Méaulle

Au-delà des aspects juridiques, la polémique révèle des attentes contradictoires entre l’amélioration de la couverture numérique, la proximité des habitations et l’information des riverains. Plusieurs habitants redoutent notamment un impact visuel et une possible dépréciation immobilière. Pour Dave Ferreira-Campos le doute persiste : “J’ai un projet futur avec mon terrain, je redoute de le construire avec cette antenne”.

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Des discussions doivent désormais se poursuivre entre l’opérateur, la société d’infrastructures et les collectivités afin d’examiner les possibilités d’adaptation du projet, voire d’ajustement du site d’implantation.

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